A MONSIEUR LOUIS DE PINGON, BARON DE CUSY
Requéte présentée au duc de Savoie pour obtenir que l'usage de la cloche de l'église Saint-Hippolyte soit interdit aux hérétiques.
Annecy, 12 février 1598.
Monsieur,
On avoit defendu aux huguenotz de Thonon de sonner la cloche qui est en l'eglise des Catholiques. Ilz sont sur le point de demander a Son Altesse qu'il leur soit permis de s'en servir autant qu'a nous, et sont si outrecuydés qu'ilz pensent de l'obtenir. Certes, ilz ont gasté desja une autre plus grosse cloche, en haine de nous autres Catholiques qui la sonnions. Leur presche ne se fait pas en ceste eglise la ni en la ville, car il leur est defendu ; pourquoy leur permettra on de le sonner la ou ilz ne le disent ni peuvent dire ? Une cloche ne peut servir a Dieu et a Belial *. C'est ce que j'escris a Son Altesse, et la supplie que si ceux de Thonon s'addressent a elle pour luy presenter requeste de ceste affaire, elle les renvoye sans decret ou avec nouvelle defense de
(1) Probablement Louis de Pivgon, baron de Cusy, gentilhomme de la duchesse de Savoie, capitaine des ordonnances d'infanterie, scigneur de Prangin par son mariage avec Melchionne, fille unique de Pierre de Luyrieux, possesseur de cette seigneurie (1565). Il avait un fils et un neveu nommés l'un Louis-Antoine et l'autre Louis-Ange de Pingon, mais tous deux trop jeunes pour que le Saint prit à leur endroit la qualité de neveu, et par conséquent pour que l'un d'eux pôt ètre destinataire de cctt: lettre.
Larrass | 31
* Cf. II Cor., vi, 1$
sonner. La cloche n’est pas si legere qu'elle semble ; car ilz scavent faire valoir la moindre chose qu'on leur accorde pour contrister les bons Catholiques.
Desirant donq infiniment, pour l'honneur de Dieu, que Son Altesse daigne lire ou faire lire promptement ma lettre affin que je ne sois prevenu par les requestes de ces huguenotz, je n'ay sceu a qui mieux m'addresser qu'a vous, pour vous supplier tres humblement de bailler ma lettre et prier Son Altesse la voir, et, s'il ne la veut voir, luy discourir du sujet. La grande confiance que j'ay en vostre bonté me fait ainsy vous importuner, ayant mesme ce bien et honneur d'estre et devoir estre a jamais,
Monsieur, Vostre tres humble neveu et serviteur, Franc' Dg SALES, Indigne Prævost de Saint Pierre de Geneve.
A Necy, le 12 fevrier 98.
A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÉQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN
(MINUTE
Projet de célébrer les Quarante-Heures à Thonon, et de les faire suivre de disputes publiques sur les matières controversées. — Une conférence de ce genre vient d'avoir lieu entre le P. Chérubin et le professeur Lignarius.
[Sales,] 17 mars 1598.
Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,
Ho ricevuto lettere dal P. Cherubino et di monsieur di Avulli sopra un concetto che han fatto insieme di far
Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,
J'ai reçu des lettres du.P. Chérubin et de M. d'Avully touchant le dessein qu'ils ont congu ensemble de célébrer les priéres des
ANNÉB 1598 323
le 40 hore di oratione in Tonone, con la maggior decentia che far si possa ; et passate le 40 hore, di proporre delle dispute theologique (sic) authenticamente, et invitarvi gl’heretici d'ogni intorno, acció che non si lascii cosa veruna da tentar per scuotere quest'anime apestate dall' heresia.
Mando adunque queste lettere loro a V. S. Ill” ; et insieme, per dire quanto me ne pare, priegho V. S. Ill"* di credere che quanto alle Quarant' hore egli non puó esser senon cosa fruttuosissima. Il che già per isperienza habbiam veduto nelle 40 [ore] fatte l'anno passato in Annemasse, dove si fece un gran movimento nelle conscientie de gli haeretici che le viddero, dei quali se ne ridussero alquanti, et fu una grande consolatione alli Catholici ; et spero che in Tonone la cosa sarà molto più a proposito et utile.
Quanto poi alle dispute, spero certo che saranno di grandissima aedificatione, non ostante tutte le ragioni quali puotrebbono parer in contrario : perché o no verranno, et la vittoria ci resta ; o vero verranno, et in questo
Quarante-Heures à Thonon le plus dignement possible; puis, apres les Quarante-Heures, de proposer officiellement des disputes théologiques. Tous les hérétiques des environs seraient invités à y assister, afin de ne négliger aucune tentative pour ébranler ces âmes infectées d'hérésie.
J'envoie donc leurs lettres à Votre Seigneurie lllustrissime ; et, pour dire en méme temps ce qu'il m'en semble, je vous prie de croire que, quant à l'exercice des Quarante-Heures, il ne peut être que trés fructueux. Nous en avons déjà fait l'expérience l'année derniere à celles d'Annemasse. Un grand mouvement se produisit alors dans les consciences des hérétiques qui en furent témoins ; un certain nombre d'entre eux se convertirent, et les Catholiques en reçurent une grande consolation. J'espere qu'à Thonon, cette dévotion sera encore plus opportune et plus utile.
Quant aux disputes, j'ai la ferme confiance qu'elles apporteront une tres grande édification, malgré toutes les raisons qui sembleraient contraires ; car, ou les hérétiques ne viendront pas, et alors la victoire nous demeurera, ou bien ils viendront, et dans ce cas, nous
caso, oltra la ragione et verità, haveremo queste grandi prerogative, che staremo sopra la defensiva et si potranno fare, nelle risposte, delle piccole essortationi. Né la cosa é nuova di invitare gl'heretici alle dispute, poiché dal collegio di Turnone (!) spessissime volte sonno stati invitati li ministri di Vivares et Linguadocha ; et per haver trattato in particolar col Beza, Faia (2), Perrotto (3), Belcastello (4) et altri principalissimi ministri, non vedo
prouverons que la raison et la vérité sont de notre cóté; nous aurons de plus le grand avantage de nous tenir sur la défensive et de pouvoir, en répondant, faire de petites exhortations. Du reste, ce n'est pas chose nouvelle d'inviter les hérétiques à des disputes, puisque les ministres du Vivarais et du Languedoc y ont été invités fort souvent par le collège de Tournon (1). Ayant traité en particulier avec Bèze, La Faye (3), Perrot (3), Beaucháteau (4) et autres principaux ministres, je ne vois pas qu'il y ait grand péril. Or, si Votre Seigneurie
(1) Le fameux collège de Tournon avait été fondé et confié aux Jésuites (1560-1561) par le Cardinal du méme nom, qui désirait l'opposer comme un boulevard aux envahissements du protestantisme dans la contrée. Vingt ans plus tard cet établissement atteignait l'apogée de sa gloire. Une foule considérable d'étudiants, parmi lesquels beaucoup de calvinistes, y recevaient les leçons de maîtres distingués, dont le nombre s'éleva parfois jusqu'à quarante-cinq. Ces religieux se délassaient des fatigues de l'enseignement en évangélisant les hérétiques, et en provoquant les ministres à des conférences publiques dont plusieurs eurent un grand retentissement.
(2) Antoine de La Faye (1540-1615), natif de Cháteaudun en Berry, après avoir fait ses études à l'Université de Padoue, vint se fixer à Genève, où il obtint une place de régent (1561). Il fut ensuite pasteur, professeur de philosophie et de théologie, puis recteur de l'Académie, et acquit une si grande influence qu'aprés la mort de Théodore de Béze il dirigea le mouvement religieux. C'est pour réfuter un pamphlet publié par ce ministre sous le voile de l'anonyme que saint Frangois de Sales écrivit la Defense de l'Estendart de la sainte Croix (tome II de cette Edition).
(3) Charles Perrot (1541-1608), fils d'un conseiller au Parlement de Paris, était le quatriéme de la compagnie des pasteurs de Genéve, et fut deux fois recteur de l'Académie de cette ville. C'était un homme « courtois, doux et patient, et qui se » plaisait « à la lecture des Peres. » {Lettre d'un gentil-homme Savoysien, etc., 1598.) I1 se fit parmi ses corréligionnaires l'apótre de la tolérance, qu'il représentait comme étant « une branche nécessaire de la charité. » On lui doit l'abolition du serment de fidélité au calvinisme que l'on avait coutume d'exiger des étudiants.
(4) Probablement Etienne Beaucháteau, qui fut ministre à Lutry dans le pays de Vaud. Il eut plusieurs fois occasion de conférer avec l'Apótre du Chablais et se sentit tellement ébranlé dans ses croyances protestantes que, de
che vi sia gran pericolo. Però, se così parerà a V. S. Il1"*, saria molto a proposito ch'il R. P. Giovanni Laurinio, quale intendo esser adesso in Milano, si ritruovasse in questo concerto. Hora commandi V. S. Ill"* quel tanto che glie parerà.
Mentre scrivevo, ecco che é giunto qui il signor Procurator fiscale di Chiablais, persona catholicissima {1}, il quale mi dà nuova che Sabbato, 14 del presente, vennero quattro persone di Geneva in Tonone, fra i quali era un certo Hermannus Lignarius, tedescho, celeberrimo professore di theologia in Geneva, il quale et Sabbato et Domenica, in praesentia di moltissime persone, venne argumentare et disputare col P. Cherubino, et si scrisse di banda et d'altra le risposte et argumenti (2) ; et mi ha
est de cet avis, il serait très à propos que le R. P. Jean de Lorini, qu'on dit être actuellement à Milan, se trouvât à cette assemblée. Veuillez maintenant en ordonner comme bon vous semblera.
Pendant que j'écrivais, M. le procureur fiscal du Chablais, homme très catholique (1), est arrivé ici. ll m'apprend que samedi, 14 courant, quatre personnes vinrent de Genéve à Thonon, parmi lesquelles se trouvait un certain Herman Lignarius, allemand, très célèbre professeur de théologie à Genéve. Samedi et Dimanche il se prit à argumenter et disputer avec le P. Chérubin en présence d'un grand nombre d’assistants ; l'on écrivit de part et d'autre les réponses et les arguments (2). M. le procureur fiscal m'a communiqué le
son propre aveu, il se serait converti, si des vues d'intérêt ne l'eussent retenu dans l'hérésie. ( Process. remiss. Gebenn. (I), déposition de Jean-Gaspard de Prez, ad art. 24.)
(1) Claude Marin; voir ci-devant, note (1), p. 312.
(2) Herman Lignarius, ou Lignaridus, dont le vrai nom est Dürrholz, était originaire de Westphalie. Aprés avoir été précepteur des fils de l'électeur palatin, il fut appelé à Genève en 1595, et nommé professeur de théologie au commencement de l'année suivante; mais ayant eu des démélés avec La Faye et d'autres ministres, il se retira à Berne (1598). Lignarius mourut en 1638. (Voir Histoire de l'Université de Genève, par Ch. Bourgeaud.)
Quant à la dispute publique qui eut lieu à Thonon entre le P. Chérubin et le professeur calviniste, elle ne se termina pas à l'avantage de ce dernier. Poussé à bout par son antagoniste, il feignit de vouloir remettre la discussion à plus tard, et, par acte signé devant notaire, il s'engagea à venir la reprendre aprés Páques. Mais, malgré toutes les sommations du P. Chérubin qui l'attendait de pied ferme, Lignarius ne reparut plus.
communicato detto signor Procuratore fiscale il principio di detta disputa, nella quale il P. Cherubino ha fatto valentissimamente et con grande desterità. Havendo, come spero, ben presto rilatione et scritto più particolare di quanto si è fatto, ne darò subito raguaglio a V. S. Ill"*. Detto Hermanno é in grandissimo concetto appresso gl’ haeretici, et è stato chiamato di Allemagna per esser stimato sottilissimo ; et tuttavia é stato impeditissimo col P. Cherubino, comme dice detto Procurator fiscale.
Vado pian piano disponendomi al viaggio con gran desiderio di basciarli le sacre mani e.
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.
commencement de cette dispute dans laquelle le P. Chérubin a fait preuve d'une science et d'une dextérité trés grandes. J'aurai bientôt, je l'espére, une relation et un mémoire plus détaillés de tout ce qui s'est passé, et j'en donnerai de suite connaissance à Votre Seigneurie. Cet Herman, qui jouit d'une trés grande réputation auprès des hérétiques, a été appelé d'Allemagne parce qu'on le tient pour trés subtil ; toutefois, au témoignage dudit procureur fiscal, il s'est trouvé fort embarrassé avec le P. Chérubin.
Je me dispose tout doucement au voyage, avec un grand désir de baiser vos mains sacrées. TNT
(MINUTE INEDITE)
Rumeurs inquiétantes qui circulent en Chablais; alarmes des Catholiques.
[Sales,] fin mars 1598.
Monseigneur,
(4) Ce pendant que je ne puis aller en Chablais, les bons Catholiques qui y sont me font part a toutes heures
(a) Il semble a ces bons Catholiques de Chablais qu'ilz sont a moitié allegés de leurs ennuis quand ilz les m'ont fait entendre. Ilz m'escrivent de plusieurs
de leurs nouvelles, et sur tout de leurs ennuis, leur semblant bien qu'ilz en sont a moitié allegés quand ilz les ont declairés. Maintenant ilz m'escrivent de trois ou quattre endroitz que le bruit y est bien gros qu'a la sollicitation des Bernois, on y redoublera le nombre des ministres pour y accroistre l'exercice de la nouvelle religion. Je les ay asseurés que Vostre Altesse a trop de fermeté et reconnoist trop bien les obligations qu'elle a a la faveur que Dieu luy a fait en ces dernieres victoires (!), pour vouloir accorder aux Bernois chose qui apportast aucune incommodité au service de sa divine Majesté, et que je ne croyois pas qu'il y eust personne aupres de Vostre Altesse, si mal appris de son zele et sa pieté, qui osast entreprendre d'en faire la proposition.
Je supplie tres humblement Vostre Altesse d'avoir aggreable ceste mienne responce, et l'advoüer pour la consolation de ces pauvres gens, lesquelz ne se laissent aller a ces craintes que par une grande jalousie qu'ilz ont de l'honneur de Dieu. Ainsy prie je Dieu tout puissant qu'il la conserve tres longuement et luy face voir tous ses Estatz entierement affermis et dediés a son obeisance(b), . . . . . . . . . . . . . .
Revu sur le texte inséré dans le I°" Procès de Canonisation.
endroitz que les huguenotz se promettent qu'a la sollicitation des Bernois on leur redoublera le nombre de leurs ministres et l'exercice de leur religion. J'ay respondu que V. A. fait trop de profession de reconnoistre la bonté de Dieu et tenir de Dieu ces dernieres victoires pour ne s'en promettre pas d'autres, plustost que d'accorder a qui que ce soit chose qui avangast tant soit peu l'impieté, et que je ne sçavois personne si mal apprise du zele et devotion de V. A., qui osast luy en faire la proposition. [Reprendre au texte, lig. 15.]
(b) de Dieu. — Je supplie sa divine Bonté qu'il luy plaise estendre les victoires de V. À. sur tous ses ennemis, et luy faire voir tous ses Estatz establis en l'obeissance qu'ilz doivent a leur Dieu et a leur Prince.
(1) En dix jours seulement le duc de Savoie avait repris le fort de Charbonniéres (7 mars), remporté une brillante victoire sur Créqui à Bpierre, et reconquis toute la Maurienne (17 mars).
A MONSEIGNEUR JULES-CÉSAR RICCARDI ARCHEVÊQUE DE BARI, NONCE APOSTOLIQUE A TURIN
Affaire de la cure du Petit-Bornand. — Peste à Annecy. — Mauvais vouloir des Chevaliers. — Ebranlement produit par l'annonce des Qnarante-Heures à Thonon. — Faveurs spirituelles qui sont à désirer pour cette occasion. — Zéle du duc de Savoie mal secondé par ses officiers.
Sales, 10 avril 1598.
Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,
Essendo avisato da Roma che le speditioni della cura di Bornando in favor mio sonno nelle mani del Favretto cié già un gran pezzo, et havendo mandato li dinari necessarii per due vie senza che per questo sin adesso habbia potuto ricuperare le dette speditioni, né un solo avviso di detto Favretto, et che fra tanto il fratello del defunto curato sta nel beneficio, litigando per non lasciarlo sin tanto che vengano dette speditioni (1), etiamdio
Mon très honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,
Ayant été averti de Rome que les expéditions de la cure du Petit- Bornand en ma faveur sont déjà depuis longtemps entre les mains de M. Favret, j'ai envoyé l'argent nécessaire par deux voies, sans que malgré cela j'aie pu jusqu'ici recevoir ces expéditions, ni un seul mot dudit Favret. En attendant, le frere du curé défunt jouit du bénéfice, plaidant pour ne pas l'abandonner jusqu'a ce que les expéditions soient arrivées (1). ll administre méme les Sacrements,
(1) Jacques Bally, curé du Petit-Bornand, était décédé le 26 mai 1597, aprés avoir, disait-on, résigné ce bénéfice à son frére, Nicolas Bally, qui desservait la paroisse en qualité de vicaire; mais toutes les conditions exigées par le droit canon n'ayant pas été remplies, cette résignation était nulle, et la cure devait se donner au concours, selon les prescriptions du Concile de Trente. Ce concours eut lieu le 30 juin: en voyant paraître le Prévót tous ses compétiteurs s'éclipsérent, et il fut nommé par l'Evéque curé du Petit-Bornand, moyennant l'assentiment du Pape. Nicolas Bally, faisant valoir la résignation de son frére, s'était pourvu en Cour de Rome, et avait obtenu (4 juillet 1597)
administrando li Sacramenti contra l'espressissima prohibitione del R"? Ordinario, il che non si fa senza scandalo ; dubitando che detto Favretto trattenga dette provisioni per qualche summa dovutagli dal suo commettente o rispondente di qua, son costretto di ricorrere alla sua amorevolissima bontà, accioché io non tenga detto beneficio né in parte, né in tutto senon dal suo favore ; priegando humilissimamente Sua Signoria Ill" et R"* di commandar in Roma al suo agente che glie mandi dette speditioni, pigliandole dal Favretto. Et se bisognaranno dinari, saranno subito sborsati in Turino dal signor Luciano Gilli (1) dove piacerà a Sua Signoria Ill"* et R°* di commandare. No vorrei dar queste importunità a V. S. Ill", ma et la sua bontà et la necessità me ne dà animo.
Speravo di inviarmi ben presto costì et fare queste cose; ma la peste travenuta in Annessi doppo mia partenza, poichè Monsignor Reverendissimo nostro non
nonobstant la défense tres expresse du Révérendissime Ordinaire, ce qui ne se fait pas sans scandale. Craignant que M. Favret ne retienne ces provisions pour quelque somme que lui doit son commettant ou correspondant d'ici, je suis contraint de recourir à votre trés bienveillante bonté, afin que, soit en partie, soit en entier, je ne tienne ce bénéfice que de la faveur de Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Je vous prie tres humblement de commander à votre agent à Rome, de retirer lesdites expéditions des mains de Favret et de vous les envoyer. Et s'il faut de l'argent, il sera aussitót délivré à Turin par M. Lucien Gilli (1) là où il plaira à Votre Seigneurie l'ordonner. Je ne voudrais pas vous occasionner cet embarras, mais votre bonté et la nécessité m'en donnent le courage.
J'espérais pouvoir aller bientót moi-méme traiter ces affaires sur les lieux ; mais la peste ayant éclaté à Annecy apres mon départ,
une Bulle qui lui attribuait le méme bénéfice. Le 13 septembre suivant, le Saint obtint à son tour des Bulles d'institution, que Bally traita de subreptices. Néanmoins, le 3 juillet 1593 M. de Chissé, vicaire général, alla au nom du Prévót prendre possession de la cure; mais les portes de l'église lui furent fermées et il dut se retirer. Nous verrons plus loin la suite de ce débat.
(1) Lucien Gilli ou Gilio, marchand de soieries, était l'un des fournisseurs de la cour de Turin. (Archives de la Chambre des Comptes du Piémont, Confrorolo generale delle Finanze di Piemonte, vol. xi.)
ha voluto uscirne (1), mi fa gran dubio che non potremo partire cosi presto, non havendo le carte necessarie dalla banda di detto Monsignore Reverendissimo. Ho nuova che egli sta benissimo et allegramente, ma non senza pericolo. Iddio ne sia protettore et conservatore.
Per quanto vedo, non mancarà dalla banda de’ signori Cavaglieri che le cose del Chiablais non vadano in rovina, poiché non tengono conto di far pagar le pensioni promesse, senza lequali non si può continuare l’ essercitio comminciato nelle tre parochie, et molto manco augmentarlo. No si può dire le grande (sic) dispositioni che sonno in quel paese alla fede catholica, lequali sonno vane per mancamento di essercitio, il quale no si puó fare senza persone, né le persone ponno inviarsi senza spesa et intrata. Ho le lettere lequali Sua Altezza Serenissima invjava a Sua Santità, nelle quali priegava la Santa Sede che si degnasse restituir le parrochie di Chiablais, cavandole delle mani profane; ma per
Ms" notre Révérendissime Evéque n'a pas voulu en sortir (1) ; ainsi je crains beaucoup que nous ne puissions partir de sitót, faute d'obtenir dela part de Monseigneur les papiers nécessaires. J'ai su qu'il se porte tres bien, sans éprouver aucune appréhension, mais non sans courir quelque danger. Dieu soit son protecteur et son conservateur !
À ce que je vois, rien ne manquera du cóté de MM. les Chevaliers pour ruiner les affaires du Chablais, puisqu'ils ne se mettent aucunement en peine de faire payer les pensions promises, sans lesquelles on ne peut continuer l'exercice du culte commencé dans les trois paroisses, et bien moins encore l'augmenter. ll ne se peut dire quelles excellentes dispositions on trouve en ce pays pour la foi catholique ; mais elles demeurent infructueuses par le manque d'exercice du culte, lequel ne peut étre rétabli sans des ecclésiastiques, et les ecclésiastiques ne peuvent étre envoyés sans faire des dépenses et avoir besoin de revenus. J'ai les lettres que Son Altesse Sérénissime adressait à Sa Sainteté pour prier le Saint-Siege de daigner retirer les paroisses du Chablais des mains profanes et les remettre à la disposition de
(1) On voit dans le Registre des délibérations municipales d'Annecy que le Conseil de ville était à cette époque contraint de tenir ses assemblées « dans l'enclos et murailles du prieuré du Saint-Sepulcre... à cause de la contagion arrivée en cette dite ville des le 1*" d'avril 1598. »
l'accidente della mia malatia sonno restate qui. Se parerà a V. S. Ill"* et R"* di mandarle inanzi ch' io faccia il viaggio, per tanto piü accelerare il negotio, il quale no si tarda una sola hora senza perdita di moltissime anime, io subito glie le mandarò.
Il R. P. Cherubino è qui con noi da duoi giorni in qua, aspettando nuova del convento di Annessi ; et ció ha fatto vedere il progresso della conferentia fra luy (sic) et Hermanno Lignario, famoso lettore di theologia fra [gli] uguonotti, con molto mio gusto. Ne mandarà la relatione a V. S. Ill et R"* et il successo che ne spera.
Fra tanto egli si dispone di far la devotione delle Quarant' hore in Tonone con quella maggior sollemnità che si potrà fare. Et essendosene data la nuova nelli luoghi circonvicini, da ogni banda si dispongono le persone di concorrere a questa divotione, non solo dalla banda catholica, come di Fribourgo, de Sguisseri et del Valeise, ma anco dalla banda hæretica, come del Bernese et Genevrino ; il che ci fa una grandissima speranza di molto frutto et grande confusione per [i] ministri. Ma
l'Evéque; mais, par suite de ma maladie, elles sont restées ici. Si Votre Seigneurie juge bon de les envoyer avant que j'entreprenne le voyage [de Rome], afin d'accélérer cette affaire, qui ne peut étre retardée d'une seule heure sans compromettre le salut de beaucoup d'ámes, je me ferai un devoir de les lui expédier aussitót.
Le R. P. Chérubin est ici avec nous depuis deux jours, attendant des nouvelles du couvent d'Annecy ; ce qui, à mon grand contentement, m'a donné lieu d’être renseigné sur la marche de sa conférence avec Herman Lignarius, fameux lecteur de théologie parmi les huguenots. Il en enverra la relation à Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, et lui dira le résultat qu'il en espére.
Cependant, il se prépare à célébrer les Quarante-Heures à Thonon avec la plus grande solennité possible. La nouvelle s'en étant répandue dans les environs, on se dispose de tous cótés à venir assister à cette dévotion, non seulement des régions catholiques, comme de Fribourg, de Schwitz et du Valais ; mais aussi des territoires hérétiques, comme de ceux de Berne et de Genéve, ce qui nous donne une trés grande espérance de recueillir beaucoup de fruits, à la grande confusion des ministres, Il serait trés à propos que Sa Sainteté voulàt bien
saria molto a proposito se Sua Beatudine per quel tempo concedesse qualche gratia spirituale, oltra la Indulgentia plenaria, come dell' assolutione de’ casi riservati ; ché in vero in quelle bande ne sonno moltissimi che ne havranno portati li diece et vinti anni nella conscientia, liquali in questa occasione li deponeranno. Et perché mi pare che la facoltà di commettere huomini per l'assolutione de l'haeresia, che era stata communicata a Monsignor Reverendissimo, no passa questo mese, saria sopra tutto bisogno di haverla di nuovo.
Vado hoggi verso Tonone dove per un poco son necessario, et pigliarò il numero de' Catholici fattisi in questi tre anni passati, per mandarne raguaglio a V. S. Il1"*, acció con questo mezzo si dia animo a Sua Santità di farci quelle gratie che a queste imprese sonno necessarie.
Non habbiamo quasi altro amico nella corte senon Sua Altezza Serenissima, laquale ci giova poco per mancamento di essecutione de' suoi commandamenti. In vero egli è zelantissimo, ma non può esser ubedito. Che se fosse ubedito come vuole il dover, havressimo avanzato assai piü di quel che habbiamo, et insieme no saria
pour la circonstance accorder, outre l'indulgence plénière, quelque gráce spirituelle, comme l'absolution des cas réservés; car en vérité, de ces cótés il y a beaucoup de gens qui, en ayant sur la conscience depuis dix et vingt ans, s'en déchargeraient en cette occasion. Comme il me semble que la faculté communiquée a Ms" le Révérendissime de déléguer des ecclésiastiques pour l'absolution de l'hérésie expire à la fin de ce mois, il serait surtout urgent de la renouveler.
Je vais aujourd'hui à Thonon où, pendant quelque temps, je suis nécessaire. J'y dresserai la liste des personnes rentrées dans le sein de l'Eglise durant ces trois dernieres années, pour en informer Votre Seigneurie, afin que par ce moyen Sa Sainteté soit encouragée à nous accorder les gráces qui sont nécessaires à cette entreprise.
Nous n'avons presque pas d'autre ami à la cour que Son Altesse Sérénissime, ce qui ne nous sert pas beaucoup puisque ses ordres ne s'exécutent pas. Le duc est trés zélé, il est vrai, mais ne peut se faire obéir. Si on lui obéissait comme on le devrait, nous serions bien plus avancés que nous ne le sommes et, de plus, nous n'aurions pas
bisogno di dar noia a V. S. Ill"* circa le pensioni, perchè egli ha commandato spesse volte che si pigliassero, facendosi giustitia sopra la promessa fattaci da’ Cavaglieri. Ma gl inferiori fanno poi tante considerationi di non offendere questo et quell'altro, che fra tanto si offende gravemente il Signor.
Il R. P. Cherubino mi ha dato parola di scriver a V. S. Ill" circa moltissime cose degnissime di esser considerate, delle quali habbiam trattato insieme. V. S. Ill"* et R"* è il nostro solo protettore et solatio in queste occasioni, onde preghiamo continuamente Sua divina Maestà per la sua salute et conservatione. Et bascio humilissimamente le sue reverendissime mani.
Di V. S. Ill" et R", Humilissimo et divotissimo servidore,
FRANC? DE Sales, indegno Prævosto di Geneva.
Di Sales, alli 10 di Aprile 98.
All’ Illmo et Revermo Sig" mio osservandissimo, Monsig” l'Arcivescoüo di Bari, Nuntio Apostolico nel Stato di Savoya. — Turino.
Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican.
ne
a causer tant d'ennui à Votre Seigneurie au sujet des pensions. Il a déjà commandé plusieurs fois de les saisir, cette mesure étant justifiée par la promesse que nous avons recue des Chevaliers ; mais les subordonnés font tant de considérations pour ne pas offenser celui-ci et celui-là, qu'ils finissent par offenser grievement le Seigneur.
Le R. P. Chérubin m'a donné parole de vous écrire touchant plusieurs choses trés dignes d'attention dont nous avons traité ensemble. Votre Seigneurie est notre seul protecteur et consolateur en ces occasions ; aussi prions-nous continuellement la divine Majesté pour votre santé et conservation. C'est en baisant très humblement vos mains vénérées, que je suis,
De Votre Seigneurie Illustrissime et Révérendissime, Le tres humble et trés dévoué serviteur, François DE SALES, indigne Prévôt de Genève.
De Sales, le 10 avril 1598.
AU MÉME
Voyage du président Favre à Turin et à Ferrare. — Nouvelles poursuites au sujet de la cession des cures du Chablais. — Mesures à prendre pour assurer le triomphe du catholicisme sur l'hérésie.
Sales, 18 mai 1598.
Illustrissimo et Reverendissimo Signor mio osservandissimo,
Andando costi et quindi in Ferrara il signore Preesidente Fabro ('), persona di pietà et sufficientia singolarissima, et per dirla (3) a modo mio, phœænice della nostra Savoia, desideravo incredibilmente di far il viaggio con esso lui, (5) perché essendo egli solo fra laici consapevole di quanto si é fatto di qua et si deve fare per la santa fede, haverebbe certo dato un grande aiuto nel negocio che per questo (©) habbiam da far appresso Sua Santità.
Mon tres honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,
M. le président Favre, personnage d'une piété et d'un mérite singuliers, et, pour le dire à ma fagon, le phénix de notre Savoie, se rend à Turin, puis à Ferrare (1). Je désirais extrémement entreprendre ce voyage avec lui, parce qu'étant le seul laique bien au courant de ce qui s'est fait et de ce qui reste encore à faire pour la sainte foi dans ces pays, il nous aurait certainement été d'un grand secours dans les affaires que nous devrons traiter à ce sujet auprès de Sa Sainteté.
(a) [Ces variantes sont tirées d'une minute autographe conservée à la Visi tation d'Annecy.]
di — dottrina et pietá singolarissima, et se io lo dico
(b) con esso lui, — si per godere la sua suavissima presentia, che anco
(c) santa fede, — zelantissimo et prudentissimo, haverebbe grandemente aiutatici nella negociatione che
(1) Il était député par la duchesse de Nemours, Anne d'Este, pour faire valoir les droits de cette princesse sur la succession d'Alphonse II, duc de Ferrare.
Ma Monsignor R'"? Vescovo non havendo fatta la quarantena che si usa per il contagio (!), non ha volsuto far li scritti necessarii al viaggio, né addimandare (4) licentia a Sua Altezza per il passagio, per non dar alcun sospetto nè a Sua Beatudine(*), né a V. S. Ill".
Havendo adunque le lettere che Sua Altezza scrisse a Sua Santità et alli Signori Cardinali, nelle quali prieghava instantissimamente la Santa Sede di restituire le cure delli balliaggi ad uso delli sacerdoti che vi facciano il servitio santo, et non havendo voluto esponerle al pericolo che sin adesso é stato nelle strade (f), massime credendo di esserne latore di giorno in giorno: hora ch'io vedo dette lettere invechiarsi, et che se la provisione di Sua Santità circa detta restitutione non viene inanzi la raccolta le cose saranno ritardate sin all'altr' anno (et Dio
Mais MS" notre Révérendissime Evéque n'ayant pas terminé la quarantaine usitée en temps de peste (1), n'a pas voulu préparer les écritures nécessaires à ce voyage, ni demander la permission de Son Altesse pour le passage, afin de ne donner aucune alarme au Saint- Père ni Votre Seigneurie lllustrissime.
Jai entre les mains les lettres que Son Altesse a écrites à Sa Sainteté et à MM. les Cardinaux, pour prier instamment le Saint- Siege de rendre la jouissance des cures des bailliages aux prétres qui doivent y faire le service divin. Je n'ai pas voulu les exposer au danger qui jusqu'ici a été sur les routes, d'autant plus que je croyais de jour en jour pouvoir en étre le porteur. Mais maintenant je vois que ces lettres vieillissent ; en outre, si le décret de Sa Sainteté touchant la restitution des bénéfices ne nous parvient pas avant la récolte, cette
(d) Za quarantena, — non ha volsuto scriver le cose necessarie per far la sua ubedientia, né domandare
(e) non dar — dal canto suo alcun sospetto né a S. S'*
(f) Havendo adunque riserbato le lettre che S. A. scrisse a S. S'*, alli Ill" Cardinali et a V. S. Ili** et Rs sopra il desiderio buono che ella tiene che si restituiscano le cure delli balliaggi ad uso de gli ecclesiastici, accio si convertano l’ anime dall’ hæresia, et non havendo mai havuto 1' ardire di esponerle al pericolo delle strade fra tante difficolta che sin adesso vi sonno state
(1) L'Evéque faisait quarantaine à Vignéres, hameau de la commune d'Annecy-le-Vieux.
'ide supra, p.377.
solo sa se saremo vivi), per questo (8) ho dato dette lettere a questo mio signore Presidente, acció le dia a V. S. Il", protettrice di tutto questo negocio, la quale accompagnandole di una strettissima et caldissima ricommandatione (b), potrà farne latore l'istesso signor Presidente, ché piü fedele et zelante non si puó trovare (i).
Che si (sic) con (j) queste nuove di pace (!! si stabilisce da dovero l'essercitio catholico in quelli balliagi, si farà presto un effetto tale che ritardandosi poi non seguirà (X). Et per conto delle sei pensioni promesse l'anno 1596 dalli Cavaglieri, non si é dato ordine (!) se non per tre l'anno passato et questo per nulla. É tempo horamai che da un canto sia sollecitata Geneva al ricever per il manco l' Interim * col mezo di questa pace, et dall’ altro
affaire sera retardée jusqu'à l'année prochaine, et Dieu seul sait si nous serons en vie ! Pour toutes ces raisons, j'ai donné lesdites lettres à M. le Président afin qu'il les remette à Votre Seigneurie, protectrice de l'entreprise. Vous pourrez ensuite, les accompagnant d'une tres pressante et tres chaude recommandation, en rendre porteur le méme Président ; car l'on ne saurait trouver quelqu'un de plus fidele et de plus zélé.
Si à la faveur de la paix qui nous est annoncée (1), l'exercice du culte catholique est rétabli définitivement dans ces bailliages, on obtiendra bientót un résultat que tout retard pourrait compromettre. Quant au payement des six pensions promises en 1596 par les Chevaliers, aucun ordre n'a été donné, sinon l'année derniere pour trois; et cette année, pour aucune. Il est temps désormais de presser d'un côté Genève à recevoir au moins l'/nférim, grâce à cette
(g) sn giorno, (p. 335) — vedo che essendo tanto vicina la raccolta, se la provisione di S. S'* non ci vien presto, si perdera questo anno, non senza grandissimo danno dell' anime. Onde
(h) a V. S. I/|ma, — laquale accompagnandole di una sua stretta raccomandatione a S. Sta
(i) ché più — zelante [né capace, pio,] non si puo ritruovar.
(j) Questa é vera verita, che se con
(k) s$ — faranno ben presto effetti che ritardandosi poi alquanto non si potranno cavare.
(1) l'anno 1596, — sino adesso non si é dato ordine da Cavaglieri
(1) On sait que, par la médiation du Saint-Siége, un traité de paix venait d'étre conclu à Vervins, entre la France, l'Espagne et la Savoie.
che (2) si faciano intorno intorno opere pie in gran quantità : riformatione di badie, prædicationi, dispute, libretti et altre cose simili ; ché cosi creparà la volpe nelle sua caverna.
Et fra l'altre cose necessarie, una é che si habbia in Annessi un stampatore. GI' heretici mandano fuora ogni hora libretti pestilentissimi, et restano molte oprette catholiche (2) nelle mani de gl'authori per non poterle sicuramente inviare in Lione et non haver commodità di stampatore. (°) Se dalle badie et altri maggiori beneficii della diocesi si cavasse un certo che per anno, sino alla summa di scudi cento, non saria cosa grave ad alcuno et saria una sufficiente provisione per un stampatore. (P)
Credo che ben presto passa il tempo prefisso alle facoltà concesse a Monsignor Reverendissimo circa
paix, et de l'autre, de faire aux alentours de cette ville des ceuvres pies en grand nombre : réforme d'abbayes, prédications, disputes, publication d'opuscules et choses semblables; car ainsi le renard crévera dans sa tanière.
Entre autres, il faudrait avoir un imprimeur à Annecy. Les hérétiques publient à chaque instant des livres tres pernicieux, tandis que plusieurs ouvrages catholiques demeurent entre les mains de leurs auteurs parce qu'on ne peut les envoyer sürement à Lyon, et qu'ils n'ont pas d'imprimeur à leur disposition. Si l'on prélevait sur les abbayes et autres bénéfices les plus considérables du diocése une certaine somme chaque année jusqu'à la concurrence de cent écus, cela ne chargerait personne et suffirait à l'entretien d'un imprimeur.
Je crois que la durée des pouvoirs accordés à Ms" le Révérendissime touchant l'absolution des hérétiques est prés d'expirer. Ces pouvoirs
(m) E tempo (p. 336) — veramente horamai che da un canto si solleciti Geneva a ricever almanco l'Inferim col mezzo di questa pace fra li Regi, et che dall'altra banda
(n) che si — possa havere un stampatore qui in Annessi, il quale sia diligente et zelante, perche questi hæretici mandano fuora ogni hora libretti pestilenti, et non se gli fa risposta per mancamento di stampa. So certo che restano gia alquante oprette
(0) i» Lione — lequali se fossero divulgate, farebbono un buon frutto. Hora
(p) cento, — per darli di provisione ad un stampatore, non saria cosa grave a veruno et bastaria a fare un grande effetto.
[L'avant-dernier alinéa du texte ne se trouve pas dans la minute.]
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l'assolutione de gl' haeretici. K necessario primo modo che non ci manchino, perché ogni hora cie n'é bisogno in questi paesi. Già tre volte ho inviato queste altre lettere, le qual adesso io glie mando, et non han potuto passare. Mi perdoni per bontà sua V. 5. Ill"* et R"' se io glie sono importuno; et rimettendomi a quanto potrà cognoscere di queste et simili altre cose dal Signor latore, priegho Iddio ognipotente che (4) la conservi fœlice et contenta moltissimi anni ad utile di santa Chiesa, et glie bascio humilissimamente le mani reverendissime.
Di V. S. Ill" et R^5, Divotissimo servidore, FRANC? DE Sales, Prævosto di Geneva.
Di Sales, alli 18 di Magio, 98.
All’ lllv» et Rmo Sigre mio osservandissimo, Monsig'* l' Arcivescovo di Bari, Nuntio Apostolico appresso S. A. S.
Turino.
Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican.
sont pour nous de premiere nécessite, car à toute heure on a besoin d'en user dans ces pays. J'ai déjà par trois fois envoyé les autres lettres ci-jointes, mais elles n'ont pu passer.
Que votre bonté daigne me pardonner de lui étre si importun. Je m'en remets au porteur des présentes pour vous donner une plus grande connaissance des affaires dont elles traitent et d'autres semblables ; et priant le Dieu tout-puissant de vous conserver heureux et content de trés longues années pour l'utilité de la sainte Eglise, je baise tres humblement vos mains vénérées.
De Votre Seigneurie lllustrissime et Révérendissime, Le tres dévoué serviteur, FRANÇOIS DE SALES, Prévôt de Genève.
De Sales, le 18 mai 1598.
(q) potrà — dirne di queste et simili cose il Sig" latore, priegho il Sig" Iddio
AU MÉME
Espérance d'obtenir, moyennant la médiation du roi de France, le libre exercice du culte catholique à Genève.
Sales, 13 juin 1598.
Illustrissimo et Reverendissimo Signore mio osservandissimo,
Fra gl'infiniti beni spirituali che da questa benedetta pace (1) sperano molti servi d' Iddio, uno é ch'il Ré di Francia, invitato dalla Santa Sede Apostolica, procuri vivamente che la città di Geneva apra le sue porte a l'essercitio catholico coll’ Znterim (2), acciò che in una tanta et tanto desiderata pace, sia fatto luogho al Signore et Prencipe di pace*. Et questo sarà tagliar il *1s., ix, 6. calvinismo nella radice. So che Sua Altezza, dal canto suo, ne farà ogni instantia possibile, come in opra di importantia incredibile. Il R. P. Cherubino ha sopra di questo molti buoni et particolari avisi, et son certo che
Mon tres honoré, Illustrissime et Révérendissime Seigneur,
Entre les incalculables avantages spirituels que plusieurs serviteurs . de Dieu espérent de cette bénite paix (1), ils se promettent que le roi de France, sur l'invitation du Saint-Siége Apostolique, s'emploiera vigoureusement pour obtenir que la ville de Genéve ouvre ses portes à l'exercice du culte catholique au moyen de l'/nterim (2), afin que le Seigneur et Prince de paix ait sa place dans une pacification si importante et tant désirée. Ce serait couper le calvinisme par la racine. Je sais que, de son cóté, Son Altesse fera toute sorte d'instances, comme pour une ceuvre d'une importance incroyable. Le R. P. Chérubin a plusieurs vues spéciales et bonnes sur ce sujet; je suis
(1) Cette lettre fut écrite le jour méme où la paix de Vervins était promulguée à Annecy.
(2) Le 17 juin, MF" de Granier adressait dans le méme sens une supplique au Pape Clément VIII et une lettre au Nonce. Au sujet de l'Inférim, voir
note (1), p. 277.
ne darà raguaglio a V. S. Ill"* et R"* (1), a quale per tanto io supplico di haverli in grande consideratione.
A me, il quale in tale occurrentie non hó altro valore se non nelli sospiri et desiderii, basta di aprirne il cuore inanzi di V. S. IIl"; et mentre sto aspettando quel giorno nel quale io possa farglie in præsentia la debita riverentia, glie bascio humilissimamente le mani reverendissime, prieghando il Signore che la conservi moltissimi anni a servitio dell' honor suo divino.
Di V. S. Ill" et R^, Humilissimo et divotissimo servitore,
FRANC? De Sates, Prævosto di Geneva.
Di Sales, alli 13 di Giugnio 1598.
All'lilmo et Rmo Sigre mio osservandissimo, Monsig'* l'Arcivescovo di Bari,
Nuntio Apostolico appresso S. A. S.
Turino.
Revu sur l'Autographe conservé à Rome, Archives du Vatican.
sür qu'il les communiquera à Votre Seigneurie lllustrissime et Révérendissime (1), partant je la supplie de les prendre en grande considération.
Pour moi, qui n'ai en telles rencontres d'autre pouvoir que celui des soupirs et des désirs, il me suffit d'ouvrir mon cœur à Votre Seigneurie. En attendant le jour où je pourrai la voir et lui offrir les hommages qui lui sont dus, je baise trés humblement ses mains vénérées, priant le Seigneur de la conserver de trés longues années pour le service de sa divine gloire.
De Votre Seigneurie lllustrissime et Révérendissime, Le tres humble et tres dévoué serviteur, FRANÇOIS DE SALES, Prévôt de Genève. De Sales, le 13 juin 1598.
(1) Le P. Chérubin se proposait de faire un voyage à Rome, ainsi qu'il le dit dans une lettre adressée au Nonce de Turin le 25 juin de cette méme année.