‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 44 sur 64 · A MONSIEUR AMÉDÉE DE CHEVRON SEIGNEUR DE VILLETTE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR AMÉDÉE DE CHEVRON SEIGNEUR DE VILLETTE

(INEDITE)

Témoignages de respect et de reconnaissance. — Annonce de sa visite.

Sales, 7 juillet 1598.

Monsieur,

Je me garderay bien, Dieu aydant, d'attribuer a mes merites, qui sont ou petitz ou nulz, la faveur avec laquelle il vous plait recueillir mes importunités. Je la dois du tout a vostre bonté, laquelle j'honnore d'autant plus que je me vois tous les jours obliger davantage a elle par tant d'effetz, qui me fait extremement desirer d'estre tel que je devrois estre pour estre digne sujet de ses bienfaitz ; la ou je n'ay rien de sortable a ce bon heur qu'une tres humble affection d'estre et vouloir estre, et confesser devoir estre vostre tres redevable.

Je desirois bien fort de vous baiser les mains en præsence, mais je suis lié sur le banq pour ceste semaine. Que si je puys, a la prochaine je me rendray par dela, et sans honte ni autre apprehension je prendray logis chez vous, comme vous me commandes ; car puysque je suis des-ja tant insolvable des obligations que je vous ay, il ne m'importe meshuy de rien de l'estre tous-jours

(1) Amédée III de Chevron, seigneur de Villette, Giez, Pontvoyre et autres lieux, conseiller et maitre d'hótel, chambellan et majordome de Son Altesse, fut ambassadeur en Suisse, surintendant général des mines de Savoie, chef des troupes en Tarentaise. C'est en sa faveur que la terre de Villette fut érigée en baronnie, le 1°" avril 1604. Il avait épousé Marguerite de Pingon, dame d'honneur de Marguerite de France, mère du duc Charles- Emmanuel I*'. Ce seigneur était cousin germain de Françoise de Sionnaz, mère de saint François de Sales; il fit son testament le 15 juillet 1621 et mourut peu de jours après.

plus; et quoy qu'on me juge importun, je ne lairray d'estre bien glorieux si par la je me puys faire connoistre tel que je suis, Monsieur, non seulement vostre tres et tres obligé, mais encores

Votre domestique serviteur et neveu,

Franc* DE SaLes,

A Sales, ou mes pere et mere et toutes leurs gens vous saluent tres humblement.

Le 7 jullet 98.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Milan.

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