‹ Œuvres de Saint François de SalesChapitre 46 sur 64 · A DON JUAN DE MENDOCA COMMANDANT DES TROUPES ESPAGNOLES · texte numérisé non relu

A DON JUAN DE MENDOCA COMMANDANT DES TROUPES ESPAGNOLES

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Supplications collectives des missionnaires du Chablais pour obtenir que les troupes espagnoles ne traversent pas cette province.

Thonon, 16 août 1598.

Eccellentissimo Signor osservandissimo,

Siamo in procinto di celebrar la oratione delle Quarant' hore in questa terra Domenica, 23 di questo mese, secondo il beneplacito di Sua Santità et di Sua Altezza, havendo procurata la praeparatione necessaria a cotesta impresa non senza grandissima spesa, parte fatta dalla limosina concessa dalla Santa Sede, parte di quella di Sua Altezza (4). Et si inviaranno questa settimana moltissimi popoli, si dalla banda de' Valesani che di quella

Excellentissime et trés honoré Seigneur,

Nous sommes sur le point de célébrer Dimanche, 23 de ce mois, les prières des Quarante-Heures en cette ville, avec l'agrément de Sa Sainteté et de Son Altesse. Les préparatifs nécessaires a cette solennité n'ont pas été faits sans de grandes dépenses, couvertes en partie par les aumónes du Saint-Siege, en partie par celles de Son Altesse. Des multitudes considérables, venues soit du cóté du Valais, soit du

(a) di Sua Aliezzga — (et altri.

(1) Don Juan appartenait à la famille Hurtado de Mendoça, l'une des plus illustres de l'Espagne. Placé par son souverain à la téte d'un corps d'armée milanais mis au service de la Savoie, il fit preuve de grande bravoure, et fut créé par le duc, comte de Saint-Germain. Néanmoins il est surtout connu sous le titre de marquis de Hynojosa. Don Juan, rappelé à Milan, succéda plus tard (1612) à son oncle maternel, Juan Fernandez de Velasco, le fameux connétable de Castille, dans la charge de gouverneur de cette ville. Bon et conciliant, il s'acquit l'affection du peuple et l'estime de tous. C'est lui qui

di Fribourgo, et da ogni intorno ancora, per venir a questa solemnità, laquale si è praeparata per la conversione di questa gente haeretica ; et se ne spera un frutto grandissimo a gloria d'Iddio et salute dell' anime. Hora ci vien detto che Vostra Eccellentia, con le sue forze, era per pigliar la strada del suo ritorno costi (1); il che se facesse, é cosa certissima che detta celebratione delle 40 hore non potrà farsi per nessun conto, poiché gl habitatori, carghi de soldati, non potran assistere ; anzi, per quanto si risolvono, lasciaranno le case vode et passaranno il lagho, et li forestieri non verranno. Si che questa divotione, preparata con tante spese et fatighe, con tanta speranza di buon frutto, con particolar licentia di Sua Santità et di Sua Altezza et con (b) tanta fama appresso li nemici della santa fede, si resolverà in fumo; non senza cattivissimo essempio et grandissimo scandalo

cóté de Fribourg, comme aussi de tous les environs, se mettront en route cette semaine afin d'assister à une féte qui a été préparée pour la conversion de ces hérétiques. On en espere un trés grand fruit, à la gloire de Dieu et au salut des àmes.

Or, nous apprenons que Votre Excellence se dispose à prendre ce chemin pour s'en retourner avec ses troupes (1). S'il en est ainsi, trés certainement la célébration des Quarante-Heures ne pourra aucunement se faire, car les habitants, chargés de soldats, ne sauront y assister ; au contraire, comme ils l'ont déjà résolu, ils laisseront les maisons vides et passeront de l'autre cóté du lac. Quant aux étrangers, ils ne viendront pas. Ainsi cette dévotion, préparée avec tant de frais et de fatigues, tant d'espoir de succes, avec une spéciale autorisation de Sa Sainteté et de Son Altesse et un si grand retentissement parmi les ennemis de notre sainte foi, s'en ira en fumée. Cela n'arrivera pas sans produire un trés mauvais exemple et méme sans occasionner un très grand scandale parmi les Catholiques et les

(b) con — [tanto rumore...

fit une réception solennelle à saint François de Sales, lorsqu'en 1613 il se rendit en pélerinage au tombeau de saint Charles. Trois ans plus tard, le gouverneur fut disgrácié.

(1) La paix de Vervins permettait au duc de Savoie de congédier les troupes milanaises qui étaient à son service, lesquelles étaient alors campées à Bonne.

et alli Catholici et agli haeretici, et perdita di una occasione, quale forse non ci ritornarà mai nelle mani, de fruttificar fra questa gente, con un disgusto grandissimo di Sua Beatitudine et Monsignor Nuntio.

Per il che supplichiamo con ogni humiltà possibile Vostra Eccellentia, et la scongiuriamo per 7e viscere di Christo * et per quanto sangue ha sparso per le anime, la cui salute procuriamo col mezzo di queste divotioni, di degnarsi di pigliar altra strada per il suo viaggio et lasciar questa libera al Salvatore ; il che se si degnarà di fare, sia poi certa ch'Iddio benedetto l'haverà per gran servitio de sua divina Majestà et ne terrà buon conto nel giorno del giuditio. Faccia adunque Vostra Eccellentia (©), da quel valoroso et zelante animo ch' Ella (d) tiene, questo servitio all’ honore d'Iddio. Diremo bene ancora che non sappiamo chi l' habbia avvisata di questa strada, ma che v'è un passo appresso il lagho, fra Evian et San Mauritio, il più horribile et pericoloso, in questo tempo nel quale le acque di detto lagho crescono, che si possa imaginare.

hérétiques. Ce sera aussi, au tres grand regret de Sa Sainteté et de Ms" le Nonce, perdre une occasion qui ne se retrouvera peut-étre jamais de recueillir quelques fruits parmi ces gens.

C'est pourquoi, nous supplions avec toute l'humilité possible Votre Excellence, et nous la conjurons par les entrailles de Jésus-Christ, par tout le sang qu'il a répandu pour ces àmes dont nous tàchons de procurer le salut au moyen de ces exercices, de daigner prendre un autre chemin pour son voyage et de laisser celui-ci libre au Sauveur. Soyez du reste assuré que, s'il vous plait en agir ainsi, Dieu le regardera comme un grand service rendu à sa divine Majesté et vous en tiendra bon compte au jour du jugement. Que Votre Excellence, avec ce courage vaillant et zélé dont Elle est douée, rende donc ce service à l'honneur de Dieu. Nous dirons de plus que nous ne savons qui a pu lui indiquer cette route ; car il y a pres du lac, entre Evian et Saint-Maurice, un passage le plus horrible et le plus dangereux qu'on puisse imaginer, en cette saison de la crue des eaux.

(c) Vostra Eccellentia — [questo favore...] (d) ch’ Ella — [possede]

* Philip., 1, 8.

Confidatici dunque nella pietà, bontà et zelo di Sua Eccellentia, glie mandiamo questo nostro compagno et fratello sacerdote, il qual anco esso con parole potrà darglie avviso di quanta importantia saria il scandalo che verrebbe dalla cessatione della solemnità praeparata. Et fra tanto staremo certi che, per honor d' Iddio et della Corte caeleste, Vostra Eccelentia concederà quanto addimandiamo con tanto ardore et humiltà che maggior non si puó truovare, restando in æterno, si per li süoi meriti, si per questo beneficio et atto di zelo tanto segnalato,

Di Vostra Eccellentia, Humilissimi et divotissimi servidori in Christo.

Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation de Turin.

Nous confiant donc dans la piété, la bonté et le zele de Son Excellence, nous lui envoyons ce prétre, notre compagnon et frére, qui pourra aussi lui exposer verbalement de quelle conséquence serait le scandale qui résulterait de la suppression de la solennité préparée. En attendant, nous nous tiendrons assurés que, pour l'honneur de Dieu et de la Cour céleste, Votre Excellence nous accordera ce que nous lui demandons avec une ardeur et une humilité qui n'ont point d'égales. Nous demeurerons à jamais, soit en considération de son mérite, soit pour ce bienfait et cet acte si éclatant de zele,

De Votre Excellence, Les tres humbles et trés dévoués serviteurs en Jésus-Christ.

A MONSIEUR SÉBASTIEN WERRO ADMINISTRATEUR APOSTOLIQUE DU DIOCESE DE LAUSANNE PRÉVÓT DE SAINT-NICOLAS DE FRIBOURG

Remerciements. — Retard des Quarante-Heures projetées à Thonon.

Thonon, 20 aoüt 1598.

Reverende ac plurimum in Christo colende Domine,

Accepi litteras, quas ad me postridie Assumptionis Beatee Virginis dedisti, incredibili cum animi mei voluptate, quod ex iis non mediocrem in te erga Deum pietatem et erga nos benevolentiam perspexerim, cum hanc precum nostrarum destinatam celebritatem, non tuis tantum sed etiam populi cui praes precibus cumulasse significas, eam utique, si res tulisset, tua præsentia exornaturus. Facis sane tu quam liberaliter et Christiane, et nos quam maximam habemus gratiam.

Caeterum, pro rerum humanarum inconstantia, hac ipsa hora qua scribo advolat ad nos qui, gravissimis de

Révérendissime et tres respectable Seigneur en Jésus-Christ,

C'est avec une joie incroyable que j'ai reçu la lettre que vous m'avez adressée le lendemain de l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie; j'y ai reconnu clairement combien grande est votre piété envers Dieu et votre bienveillance à notre égard. D'apres vos paroles, je vois que vous avez mis le comble à la solennité projetée de nos fétes, non seulement par vos prieres, mais encore par celles du peuple qui vous est confié. Vous les auriez méme ornées de votre présence, si la chose eüt été possible. C'est agir assurément de la facon la plus généreuse et la plus chrétienne, et nous vous en rendons les plus vives actions de gráces.

Du reste, telle est l'inconstance des choses humaines, qu'à l'heure méme où je vous écris, survient un ordre de nos supérieurs qui, pour les: motifs les plus graves, nous enjoignent de remettre à la féte de

causis, in festum Nativitatis Virginis, superiorum voluntate, solemnem hanc quam instituebamus præcationem referre jubet (1). Intempestive sane ; at obtemperandum, et quemadmodum par est existimandum moram uberiores fructus allaturam.

Qua de re tecum primis monitum volui, ac tantam tibi salutem, tum meo tum P. Cherubini nomine, dico quantam non possim majorem.

Reverendæ tuae Dominationis, Humilis in Christo servus,

FRANc* DE SALES, Ecclesie Gebennensis Præpositus.

Tononi, 20 Augusti 98.

R?* in Christo Domino plurimum colendo, D. Sebastiano Verronio, Sacra Theologia Doctori clarissimo, et Friburgensis Ecclesia Præposito meritissimo.

Revu sur l'Autographe conservé au Musée cantonal de Fribourg.

la Nativité de la Sainte Vierge, les supplications solennelles que nous préparions (1). C'est certainement fàcheux ; mais nous devons obéir et croire, comme il convient, que ce retard apportera des fruits plus abondants.

J'ai voulu que vous en fussiez averti l'un des premiers, et, tant en mon nom qu'en celui du P. Chérubin, je vous offre nos meilleures salutations.

De Votre Révérence, L'humble serviteur en Jésus-Christ, FRANÇOIS DE SALES,

Prévót de l'Eglise de Genève.

Au Révérend et trés respectable en Notre-Seigneur Jésus-Christ, Seigneur Sébastien Werro, trés illustre docteur en théologie et trés méritant Prévót de l'Eglise de Fribourg.

(1) Le duc de Savoie, qui avait promis de rehausser par sa présence l'éclat des Quarante-Heures, se trouvant obligé d'aller en Bresse, avait prié l'Evèque de retarder ces solennités jusqu'à ce qu'il pùt se rendre à Thonon.

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