A DOM FRANÇOIS DE LA FLÉCHÉRE, PRIEUR DE CONTAMINE ET DE SILLINGY
(MINUTE INÉDITE
Regret de n'avoir pas regu de réponse à ses lettres.
Padoue, [automne 1590 (2).] Monsieur mon Parrein,
Si ceste mienne lettre prend plus heureusement port que plusieurs autres que je vous ay escrit, elle vous asseurera de deux choses. Premierement, que comme je croys que n'ayes receu aucune de mes lettres, bien que realement je vous en aye envoyé plusieurs a diverses foys, aussy n'en ay je receu aucune des vostres despuys que j'estoys malade, comme si je ne devoys avoyr ces deux consolations ensemble, santé et vos lettres. Les lettres que je vous ay envoyées se sont peut estre perdués, pour autant que nous payons le port avant qu'elles partent, et partant besogne paiee, malfaicte. Seulement,
(1) Charles-Auguste de Sales s'est tromp? en donnant à entendre, dans le Pourpris historique de sa Maison, que son saint Oncle eut pour parrain Frangois, fils de Nicod III de la Fléchére. Des documents authentiques établissent au contraire que le Saint fut tenu sur les fonts baptismaux par un autre membre de la méme famille, François, fils de François-Philibert de la Fléchére. Ce personnage avait fait profession au prieuré de Contamine-sur-Arve, de l'Ordre de Cluny, le 6 mai 1560. Le 11 novembre de la méme année (l'acte de son institution est conservé aux Archives de la Visitation d'Annecy, Collection Vuj ) il fut nommé prieur de Sillingy, dignité à laquelle il joignit bientôt celle de prieur de Contamine, et, en 1580, celle de visiteur de tous les couvents clunisiens de Savoie. En 1584, il prend les titres de docteur en droit, avocat au souverain Sénat de Savoie et prieur de Vion. Son testament est daté du 3 novembre 1602.
(2) Les dates des quatre lettres suivantes sont établies d'après de trés fortes conjectures fondées non seulement sur la teneur de ces piéces, mais encore sur le caractére des originaux, les particularités de l'écriture et de l'orthographe, etc.
je me plains de celles que monsieur Cadel et autres amys ont porté, que jeusse pensé devoir estre fidellement rendues. Et de vos nouvelles nous en avons tousjours eu nostre part quand vous escrivies a monsieur Coppier (1), car de vostre grace vous faysies tousjours mention et de moy et de tous ces autres messieurs ausquels je ne cede poinct en ce faict, et sans ceremonie je me nomme ....
Revu sur l'Autographe conservé à la Visitation d'Annecy.