Traité polilique, cbap. ti, art
«se complique d*un nouveau ressort à chaque nouveau besoin qui se fait sentir, à chaque nouveau danger qui se laisse entrevoir.
Le temps et la vie lui ont manqué pour nous développer ses plans de démocratie tempérée * et je ne sais s*il faut beaucoup le regretter. La seule idée vraiment notable qu'on puisse saisir parmi ses travaux politiques, avec cette vue si éminemment juste du gouvernement pondéré, c'est la grande idée de la liberté de conscience et de la pensée.
Ici encore une fois les principes généraux de Spinoza ne feraient pas attendre un défenseur de la liberté II enseigne que l'individu en entrant dans la vie sociale remet tous ses droits entre les mains de l'État. Adversaire violent de l'esprit théocratique , il ne se contente pas de séparer l'État et la religion ; il prétend soumettre la religion à l'État, sinon dans les sentiments intimes qui la constituent, au moins dans toutes ses manifestations extérieures'. Malgré tout cela, Spinoza réclame avec force la liberté pour la conscience et en général pour la pensée.
« S'il était aussi facile, dit-il, de commander à l'esprit qu'à la langue, tout pouvoir régnerait en sécurité et nul gouvernement n'appellerait la violence à son secours. Chaque citoyen, en effet, puiserait ses inspirations dans l'esprit du souverain et ne jugerait que par les décrets du gouvernement du vrai et du faux, du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Mais il n'est pas possible qu'un homme abdique sa pensée et la soumette absolument à