‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 117 sur 130 · Réponse auœ premières objecUom, tome I, page · texte numérisé non relu

Réponse auœ premières objecUom, tome I, page

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tton. Voyez dans le» écrits de Descartes le progr^ de cette latte. Le discours de la méthode, contient toutes les preuve- de Fexist^ce de Dieu qui seront plus tard développées dëns les Méditations; mms le raisonnement et 1 abstraction n'y ont presque aucune place et tout est dominé par une observation profonde de la conscience humaine. Dans les Méditations, un œil attentif découvre déjà un notable changement. La démonstration géométrique, e»tièrement mise à part, n'a plus aucun rapport, même leintam, avec la conscience et la vie réelle. Dans les Principes j Tesprit géométrique se donne pleine carrière, et on ne trouve presque plus aucune trace de Tesprît d'observation. Chose bien remarquable, Descartes, qui y y reprend et y résume toutes ses preuves de Texistence de Dieu, place au premier rang la démonstration mathématique. Ainsi, cette preuve, qui se montre à peine dans le Discours de la méthode^ qui dans lès Méditations est reléguée au dernier rang et introduite comme par hasard, cette preuve devient la preuve fondamenttiliy dont toutes les autres paraissent n'être que desacces^ soîres;

Bn général, les Principes nouff donnent le spectadfe du triomphe complet de l'esprit géométrique. CTest au point que le Cogito ergo sum, fondement de la philosophie de Descartes, y a perdu complètement son carao^ tëre. Oen'est'plus un fait, c'est une conclusion. Descartes le dit en propres termes \ la conclusion d-Un syllogisme d^wrt la majeure ne: peut être que celle-ci : le néant n'a pa& de qualité ^

\ . Principes, part, i, § 7, î. /6id.,§ 11 etSÎ.

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Voilà donc toute la face de la philosophie de Ekscartes changée , ou pour imeux dire , voilà tout $<^n eftprit étouffé et disparu. Pour établir l'existence du TàùU til nous faut «in syllogisme ; pour établir Texistenoe de- Kettfëes ^syllogismes ;?eiifin^ pour établir l'existence des corps, encore des syllogismes. Géométrie impuis^ smte'! «térileientassement d'abstractions, incapable de domier an atome de réalité, de mouvement et de vie !

iSi d'excès de l'esprit ^ométrique s'était réduit à ohBCitrcir des Tërités Irès^iœples «n les accablant sous dteutOes raisom>emeirts, de niai n'reùt pas été irréparable. Hais ^on, ea iméme iemçs nq«ie ije vois «Descartes sttbstiiiier «ux întuitians de la roonsoience des concepts abstraits f0t;géonxétriques, H me semble aussi qu'il tend manifestmnent à effao^dans'toiis fies hêtres ce principe d*aetiirîté qui constitue leur essence et leur vie. C'est ce qui fait le danger de o^te âiéoitie, assez innocente du pr^aier rabordy que la consePT-aiioii des cm^ttures est une cré»tt0B continuée.

£i.'De8Cfl(rtes voulait dire fque d'acte créateur et l'acte conservateur ne sont en Dieu qu'un seul et même acte, d*<ooord. Mais il ^va plus loin:; il <seniMe croire qu'il y a dam toute créature une détaitianœ aetuèUe de<i'é^e ifori appette à chaque instant le /îctf divin, et «cette oonception meseainUe bien grave et bi^ pérUteuse, surtout si je viens à :me demander à quoi se réduisent pour Descartes la substance corporelle et la substance spirituelle.

Quand Descartes analyse les facultés de 1- taie *cn ^observateur, il distingue la volonté, essentiellement active, de Fentendement, qui est passif, et fait de la volonté le siège de la liberté et de la responsabilité morales. Il va jusqu'à soutenir que la volonté , loin d'être finie.

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comme rentendement , qui n'embrasse qu'un nombre déterminé d'objets, est en quelque sorte infinie, pouvant se porter vers un nombre d'objets sans limites. De cette disproportion entre l'entendement et la volonté natt le mauvais usage possible de celle-ci, et voilà la racine de l'erreur et de toutes nos fautes \

Il y aurait sans doute beaucoup à dire sur ces vues psychologiques, mais enfin les traits essentiels de l'âme humaine n'y sont point trop altérés. Au contraire, quand Descartes perd de vue la conscience et livre son esprit au démon de la géométrie, à la place de ce moi vivant et actif qui a conscience de son unité dans le libre déploiement de ses puissances, vient se substituer le concept de chose pensante, res cogitans, répondant trait pour trait à un autre concept sur lequel s'appuie toute la physique de Descartes, le concept de chose étendue, res extensa.

Descartes enseigne que chaque substance a un attribut principal, et que celui de l'âme est la pensée, comme l'extension est celui du corps '. Et comment connaît-on ces deux sortes de substances, l'âme et le corps ? par un seul et même procédé, c'est-à-dire en déduisant la substance de la connaissance que nous avons de ses attributs : « à cause, dit-il, que l'une de nos notions communes est que le néant ne peut avoir aucun attribut, ni propriétés ou qualités ; c'est pourquoi, lorsqu'on en rencontre quelqu'un, on a raison de conclure qu'il est l'attribut de quelque substance, et que cette substance existe ^. »

Nous voilà en pleine logique , en pleine géométrie ,

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