Ibid.fPàTi
UiT&ODucnoN. 815
loin 9 bien loin du monde des réalités. Rien de plus faux, de plus artificiel et de plus contraire à toutes les données de l'observation , rien aussi de plus périlleux que cette transformation systématique de Tâme et des corps en deux types abstraits : la chose pensante et la chose étendue. Qu'est-ce en effet pour Descartes que les corps? appelle-t-il ainsi les objets des sens, les choseB sensibles^ comme disait l'antiquité? point du tout. Retranchant arbitrairement toutes les qualités sensibles des corps, sous prétexte qu'elles sont obscures, non-seulement la chaleur, la lumière et le reste, mais même la solidité, sans laqueAe pourtant les corps seraient pour nous comme s'ils n'étaient pas, Descartes déclare que les seules qualités réelles de la ma^ tière, sont les qualités mathématiques, savoir l'étendue, la figure, la divisibilité et le mouvement ^ Or, il n'a point de peine à ramener par l'analyse toutes ces qualités à une seule, la figure n'étant que la limite de l'étendue, le mouvement un changement de relations dans rétendue, et la divisibilité une suite logique de cette même étendue. L'étendue est donc l'essence, toute l'essence, et pour ainsi dire tout l'être des corps*. Or l'étendue exclut toute idée de force et d'action. Voilà donc le monde matériel réduit, par une suite de retran^ chements arbitraires et par des analyses d'une rigueur factice, à une étendue passive, inerte, destituée de toute énergie, uniquement capable de repos et de mouvement. Ce n'est plus là l'univers , ce riche et brillant univers que nous montrent nos sens, plein de variété, d'activité
i. Méditation VU