‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 30 sur 130 · Parla Propos. 16, part. 1, et son Coroll · texte numérisé non relu

Parla Propos. 16, part. 1, et son Coroll

6. Pour l'identité de l'Activité et de la Liberté, voyez Éthique, part, t, Défin. 7, et Propos. 1 7, avec ses Coroll. et son Schol.

noza sur ces trois grands objets, Tessence, retendue et la pensée de la Substance.

Si Tessence de Dieu, prise en soi, s'exprime, se développe par une infinité d* attributs, et d*un autre côté, si nous ne pouvons connaître positivement que deux de ces attributs, VÉtendue et la Pensée, nous ne connaissons donc qu'infiniment peu l'essence de Dieu, et cette connaissance misérable s'évanouit ots'eflTace entièrement devant l'idéal d'une connaissance pleine et absolue, d'une connaissance véritable de l'essence divine.

Ce n'est point ainsi que Spinoza entend les choses. Il convient que nous ne connaissons qu'infiniment peu les attributs de la Substance infinie, puisque nous n'en pouvons atteindre qu'un certain nombre, et qu'elle en possède un nombre innombrable, une infinité. Mais il soutient que nous concevons parfaitement, que nous comprenons dans son fond, que nous connaissons enfin d'une connaissance adéquate l'essence de la Substance *. Comment, en efiet, savons-nous que la Substance a une infinité d'attributs? parce que nous voyons clairement et distinctement son essence qui les contient. A quelle condition mesurons-nous la diflFérence infinie qui sépare notre science des attributs de Dieu, de l'idéal de cette science? à condition de comprendre qu'il y a un idéal, c'est-à-dire à condition de comprendre que l'essence de' Dieu enveloppe une infinité d'attributs, c'est-à-dire enfin à condition de comprendre cette essence. Oui, il existe un abîme entre le néant que nous sommes et l'Être que nous contemplons. Cet abîme infini confond et accable notre nature; mais elle se relève en le mesurant.

J. De l'Ame, VroTpoi.AI.

Si nous avons une connaissance adéquate de Tessence de Dieu, aussi bien que de retendue et de la pensée divines, il est donc possible de définir la nature de ces trois choses et d*en marquer les rapports; mais c'est ici qu'il est surtout difficile et nécessaire d'aller au fond de la doctrine de Spinoza.

Spinoza déclare positivement que Dieu est absolument indivisible, aussi bien dans ses attributs que dans son essence * ; d'où il suit évidemment, et c'est encore sa doctrine très-positive et très-expresse % que Dieu est incorporel.

Or, si Dieu pris en soi ne souflFre aucune limite corporelle, il doit être également affranchi de toute limitation intellectuelle. Supposer en Dieu un entendement et une volonté, même infinis, ce n'est pas moins absurde que d'y supposer du mouvement ; dans les deux cas on dégrade également la majesté de la nature divine ^ L'entendement, en effet, et la volonté, même infinis, sont, des modes de la Pensée *, comme le mouvement et la figure sont des modes de l'Étendue. Dieu en soi n'a donc ni corps, ni entendement, ni volonté '^.

La science de Dieu, suivant Spinoza, aboutit donc à ce triple résultat :

Dieu est étendu, et toutefois incorporel.

Dieu pense, et il n'a pas d'entendement.

Dieu est actif et libre, et il n'a pas de volonté.

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