Lettre à Blyenberg, tome ni, page
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n*est point dans le libre décret» mais dans une libre nécessité '. »
Dieu est donc Tètre parfaitement libre , puisque le développement de son activité résulte, comme son existence, de la nécessité absolue de son essence.
Ainsi, ce qui détruit, aux yeux des hommes, la liberté, c'est pour Spinoza ce qui la fonde, et le trait distinctif qu*on assigne au libre arbitre lui en démontre la vanité; de sorte qu*à ses yeux le comble de la liberté est dans Tabolition absolue de la volonté.
Dieu, en eflfet, n'a pas de volonté, pas plus qu'il rfa d'entendement, et pour des raisons toutes semblables. D'abord, la volonté, si on la distingue des volitions, est un être chimérique. La volonté est donc tout entière dans une suite de volitions; mais une suite de volitions, même infinie, n'est qu'une suite de modes de l'activité, et non l'Activité elle-même. L'activité absolue est un acte étemel et non successif, simple et non composé d'actes divers, nécessaire et non point déterminé par des causes étrangères, parfait enfin, et dégagé des limitations, des incertitudes, des fluctuations de l'activité humaine.
Parti de cette triple opposition : Dieu est étendu et cependant incorporel;, Dieu pense et il n'a pas d'entendement, Dieu est libre et il n'a pas de volonté, Spinoza aboutit donc à cette triple conséquence, que la
i. Voyez Lettres à Blyenberg, tome III. — Je citerai un autre passage qui se trouve dans une Lettre à Oldenbvrg (tome III, page 370) :
c J$ suis loin de ioumettre Dieu en aucune façon au fatum; setiUmentjê conçois que toutes choses résultent de la nature de Dieu de la même foçon 9M tout le monde conçoit qu'il résulte de la nature de Dieu que Dieu ait l'intelligence de soi-même. Assurément il n'est personne qui conteste que cela ne résulte en effet de l'existence de Dieu; et cependant personne n'entend par là Mumettre Dieu au fatum , et tout le monde croit que Dieu se comprend soi' même, avec une parfaite liberté, quoique nécessairement, •
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perfection même de retendue divine en fonde l'indivisibilité, que la perfection de la pensée divine la dégage des limitations de Tentendement, enfin, que la perfection de la liberté divine rejette loin d'elle les misères de la volonté. Et il termine le premier livre de X Éthique par cette hautaine parole, qu'il prononce avec un calme parfait : J'ai expliqué la nature de Dieu.