‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 44 sur 130 · Éthique, part. 1, Propos. 33 et ses deux SchoUcs · texte numérisé non relu

Éthique, part. 1, Propos. 33 et ses deux SchoUcs

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au moins que rentcndement divin n'est jamais en puissance, mais toujours en acte; mais peut-on séparer h volonté de Fentendement et tous deux de reesenœî Telle est Tesscnce, tel est Tentendement, tdle est la volonté. Être, pour Dieu, c'est penser, c'est agir. Ce q«*il pense, il le fait. Ses idées, ce sont des êtres. Si vous vœilez changer les êtres , commencez par changer les idées de Dieu, sa pensée, son essence même ^ — Que parlesvous d'une volonté absolue, d'une volonté d'indffllér^ice qui flotte dans le vide, n'étant fondée ni sur l'essence de Dieu ni sur les idées î Cette volonté, c'est le hasard.

« Je l'avouerai toutefois, ajoute Spinoza *, cette opinion, qui soumet toutes choses à une certaine volonté indifférente et les fait dépendre du bon plaisir de Dieu, s'éloigne moins du vrai, à mon avis, que celle qui M agir Dieu en toutes choses par la raison du bien. Les phHosophes qui pensent de la sorte semblent en eflW poser hors de Dieu quelque chose qui ne dépend pas de Dieu, espèce de modèle que Dieu contemple dans ses opérations, ou de terme auquel il s'efiforce péniblement d'aboutir. Or, ce n'est là rien autre chose que soumettt^ Dieu à la fatalité, doctrine absurde s'il en fut jamais, puisque nous avons montré que Dieu est la cause première, la cause libre et unique, non-seulement de l'existence, mais même de l'essence de toutes choses; »

On voit que Spinoza partage le mépris de l'école cartésienne '^t de tout son siècle pour les causes finales. II dirait volontiers avec Bacon : « La. recherche des- causes

i. De Dieu, Scholie i de la Propos. 38^ 2. De Dieu, Appendice.

finales est une recherche stérile, et comme une vierge consacrée à Dieu, elle ne peut donner aucun ftuiit, »

Suivant Spinoza, c'est un des préjugés les plus funeste: et les plus enracinés dans le cœur des hommes, que la nature et Dieu même agissent pour une fin. L'origine de cette erreur grossière est dans l'ignorance de ' rfaomme qui conçoit toutes choses à son image, et dans I son orgueil qui lui persuade que tout est fait pour lui. f De là une foule de superstitions et d'erreurs. On appelle î Bien ce qui est utile à l'homme, et Mal ce qui lui est ' uuisible , tandis qu'en réalité toutes choses sont également bonnes, étant également nécessaires. On s'imagine que la beauté et la laideur sont dans les choses, au lieu qu'elles n'existent que dans l'imagination des hommes, qui se représentent les objets avec plus ou moins de facilité. On veut tout expliquer par des causes surnaturelles; « et quiconque s'efiforce de comprendre les choses naturelles en philosophe au lieu de les admirer en stupide, est tenu aussitôt pour hérétique et pour impie, ,et proclamé tel par les hommes que le vulgaire adore comme les interprètes de la nature et de Dieu \.> Spinoza élève contre cette doctrine des causes finales deux objections fondamentales : la première, c'est qu'elle renverse l'ordre de perfection des choses ; la seconde, c'est qu'elle détruit la perfection divine '. Elle renverse l'ordre de perfection des choses ; car l'efiet le plus par&it est x^elui qui est produit immédiatement par Dieu, et un effet devient de plus en plus imparfait à mesure que sa production suppose un plus grand nombre de causes

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