‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 45 sur 130 · De Dieu, Appendice · texte numérisé non relu

De Dieu, Appendice

intermédiaires. Or, si les choses que Dieu produit immédiatement étaient faites pour atteindre la fin que Dieu se . propose, il s'ensuivrait que celles que Dieu produit les ) dernières seraient les plus parfaites de toutes, les autres ayant été faites en vue de celles-ci.

De plus, la doctrine des causes finales détruit la perfection de Dieu. Car si Dieu agit nécessairement pour une fin, il désire nécessairement une chose dont il est privé. En vain les théologiens distinguent entre une fin poursuivie par indigence et une fin d'assimilation ; ils sont toujours forcés de convenir que tous les objets que Dieu s'est proposés, en disposant certains moyens pour y atteindre, Dieu en a été quelque temps privé et a désiré les posséder.

Spinoza ne se demande pas si une fin éternellement atteinte ne change pas de caractère, si un désir éternellement comblé ne cesse pas d'être un besoin. Il n'a pas l'air de songer que lui-même, arrivé à la région la plus haute de la morale, reconnaîtra en Dieu une sorte d'amour et une félicité parfaite, firuit étemel d'un désir de perfection éternellement rassasié *. Il suflSt que la théorie des causes finales soit favorable à la création pour qu'il lui déclare une guerre acharnée et s'épuise à la renverser, au détriment même d'un de ses principes. Spinoza ne pouvait admettre, en effet, la création sans abandonner, je ne dis pas telle ou telle partie de sa philosophie,'mais sa philosophie elle-même. Car elle est fondée sur l'idée d'une activité nécessaire, infinie, qui se développe nécessairement et infiniment, et traverse sans les épuiser jamais tous les degrés possibles de

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