‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 53 sur 130 · Ibid, Propos · texte numérisé non relu

Ibid, Propos

INTRODOCTION. lOi

vers des âmes, tout &'y doit expliquer par des idées ^ On demandera : quel est doncle premier mouvement? Spinoza répond : il n'y a pas de premier mouvement, j pas plus qu'il n'y en a de dernier. La durée, dans son écoulement infini du sein de l'éternité, forme une série où chaque instant suppose celui qui précède et est supposé par celui qui suit, sans commencement ni fin. De même l'étendue, immobile en soi, se développe dans le temps par une mobilité inépuisable.

Est-ce à dire que dans ce progrès à l'infini Dieu soit absent ou inutile? Mais ce progrès étemel est celui de Dieu même; car c'est le progrès d'une activité infinie qui, dans l'ordre de l'étendue comme dans tous les ordres d'existence, sort de l'immobilité de son essence étemelle et abstraite pour se réaliser successivement en traversant tous les degrés d'une mobilité sans terme.

C'est ainsi que Spinoza se représente la nature. Elle forme une existence pleine et indépendante, une en soi et enveloppant toutefois une diversité infinie. Et il n'y a point là de contradiction. Qu'est-ce, en effet, qu; constitue l'unité d'un être corporel? qu'est-ce qui en constitue la variété? Considérons les composés les plus simples, par exemple un minéral. Ce minéral n'existe, comme individu, qu'à une condition, c'est qu'il y ait un rapport constant entre le mouvement et le repos de ses parties. Mais cette condition suffit. Retranchez, en effet, d'un tel individu un certain nombre de parties, mais faites qu'elles soient remplacées simultanément par un nombre égal de parties de même nature, il est clair que cet individu conservera sa nature primitive, sans que sa forme, son

, De VÀtne, Schol. de la Propos. 7.

M9 QfrRODucnoN.

essence, en éprouve aucun changement \ Supposez 'matstenant que les parties qui composent un individo Tiennent à augmenter ou à diminuer, mais dans unetdte proportioa que le mouvement ou le repos d^ toutes ces parties, considérées les unes à Tégard des autres, s'opè^ rent selon les mômes rapports, Tindividu conserrera encore sa nature première, et son essence ne sera- pas^^ térée*. Admettez enfin qu'un certain nombre dé corp» composant un individu soient forcés de changer la direction de leur mouvement, de telle façon pourtant qu'ils puissent continuer ce mouvementet se le communiquer les uns aux autres suivant les mêmes rapports qu*aiq>»» ravant, l'individu conservera encore sa nature, saa» que sa forme éprouve aucun changement».

On voit par là comment un individu composé peutétre affecté d'une foule de manières en conservant toujours s» nature. Or, jusqu'à ce moment, nous n'avons considéré que les composée4es: plus simples. Si nous venons main^ tenant à considérer un individu comme composé lu^ même de plusieurs individus de nature diverse, nous trouverons qu'il peut être aifecté de plusieurs autres façons en conservant toujours sa nature; car puisque chacune de ses parties est composée de plusieurs <M»rpBy elle pourra, sans-que sa nature en soit altérée, se neiou<voir tantôt avec plus de vitesse, tantôt avec plus dfiileDteur, et par suite communiquer plus lentement: on plnt rapidement ses mouvements aux autres parties. fitmaÎA! tenant, si nous concevons un troisième genre d'individui» formé de ceux que nous venons de dire, nous trouver

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