‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 58 sur 130 · De l'Ame, Axiomes II et IV · texte numérisé non relu

De l'Ame, Axiomes II et IV

3. Il ne sera pas inutile de faire remarquer ici que c*est seulement dans Tordre des sciences métaphysiques que Spinoza exclut l'expérience ; il éUût loin d*en méconnaître l'usage' dans des recherches d'une autre espèce. Voici un passage où la méthode d'observation et d'induction est décrite avec une précision parfaite : • Quel est, en effet, l'esprit de la méthode d'interprétation de la nature T elle consiste à tracer avant tout une histoire fidèle de ses phénomènes, pour aboutir ensuite, en.parlant de ces données certaines, à d'exactes définitions des choses naturelles. • {Traité théologico-politiqucy chap. xii, init.)

c Pour les esprits superficiels, dit quelque part Spinoza, c'est une chose très-surprènante que j'entreprenne de traiter des vices et des folies des hommes à la manière des géomètres. Mais qu'y faire? cette méthode est la mienne... Je vais donc traiter de la nature des passions comme j'ai traité de la nature divine; et j'analyserai les actions et les appétits des hommes comme s'il était question de lignes, de plans et de solides*. »

C'est un point établi pour Spinoza que l'âme humaine est une idée, ou pour mieux dire une suite d'idées. Or, comment l'âme humaine ainsi conçue aurait-elle des facultés? Une faculté suppose un sujet; la variété des facultés d'un même être demande un centre commun d'identité et dévie. Or l'âme humaine n'est pas proprement un être, une chose, et, comme dit Spinoza, ce nest pas la substance qui constitue la forme ou ^essence de l'homme ' ; l'âme humaine est un pur mode, une pure collection d'idées. Or la réalité d'une collection se résout dans celle des éléments qui la composent. Ne cherchez donc pas dans l'âme humaine des facultés, des puissances; vous n'y trouverez que des idées.

Qu'est-ce donc que l'entendement? qu'est-ce que la volonté? des êtres de raison, de pures abstractions que le vulgaire réalise; au fond, il n'y a de réel que telle ou telle pensée, telle ou telle volition déterminées \

Or l'idée et la volition ne sont pas deux choses, mais Une seule, et Descartes s'est trompé en les distinguant*.

!. D« VÂmCj Schol. de la Propos. 44.

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