Wd., Propos
INTRODUCTipN. 129
en tant qu'elle a l'idée des affections du corps humain'. Enfin l'âme ne perçoit aucun corps extérieur que par l'idée des affections de son propre corps*. Orlesidées immédiates sont seules claires et distinctes. Nous n'avons donc aucune idée claire et distincte, aucune idée adéquate, ni de l'âme, ni du corps humain, ni des corps extérieurs.
Tel est l'état de l'âme humaine, tant que son activité ne s'est pas encore déployée; telle est la misérable condition où s'ensevelissent pour jamais les âmes vulgaires, toujours emportées par le flot mobile des sensations et des images, n'ayant de leur corps et d'elles-mêmes qu'un sentiment confus, ignorant Dieu, pleines de ténèbres et de hasard.
Et toutefois l'âme humaine n'est pas faite pour les ténèbres, le sommeil et la mort, mais pour la lumière, l'activité et la vie. Elle est une idée, une idée de Dieu ; elle est destinée à penser, à comprendre, à vivre en Dieu. Comment s'opère cette merveilleuse transformation qui rend l'âme à elle-même et à sa véritable destinée?
L'âme humaine perçoit les affections du corps humain et celle des corps étrangers, et cette perception passive est complexe, variable et fugitive comme son objet. Mais qu'est-ce que les affections des corps et les corps euxmêmes? des modalités de l'Étendue. Toute affection corporelle est donc dans l'Étendue et la suppose, comme l'effet suppose la cause^ comme le mode suppose la substance. Par conséquent toute idée d'une affection corpo-