‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 64 sur 130 · Ibid.f Schol. de la Propos · texte numérisé non relu

Ibid.f Schol. de la Propos

INTUODl'CTION. 431

cipe. L'âinc est donc essentiellement active dans Tintuition intellectuelle, comme elle est essentiellement passive dans la perception, et cette activité nécessaire étant rèssence de la liberté, il s'elfciit qu'esclave par ses sensations, râmen*est libre qu;) par ses coïicepts.

Maintenant que représente toute intuition sensible? un corps, c'est-i-dire un mode de TÉtendue, composé, variable, déterminé au mouvement ou au repos par d'autres modes variables et composés de l'Étendue, qui euxmêmes en supposent d'autres encore dans un progrès à l'infini '. Et qu'esi-ce que l'intuition sensible elle-même? une idée aussi variable, aussi composée que son objet, un mode de la Pensée déterminé par d'autres modes antérieurs, qui sont déterminés par des modes nouveaux, et toujours ainsi sans terme et sans repos. De là la confusion nécessaire de ce genre inférieur de connaissance , par suite l'erreur, qui a sa source dans des idées confuses, et par suite encore le mal, dont la racine est dans l'erreur.

Considérez au contraire les objets de l'intuition intellectuelle : la pensée absolue, l'étendiie infinie, la Substance, l'Être, la Perfection, objets éternels, simples, immuables, existant en soi, conçus par soi, ne supposant rien au delà de soi. De là la clarté de ce genre sublime de connaissance, et ces idées distinctes, lumineuses, adéquates, où l'âme se repose en toute sécurité, idées fécondes qui engendrent d'autres idées', et augmentent sans cesse notre activité, notre perfection, notre bonbeur.

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