De Dieu, Propos. 2 S
2, De l'Ame, Propos. 40.
Entre ces deux extrémités de la connaissance humaine, l'intuition sensible, passive, fortuite, obscure,! confuse, et l'intuition intellectuelle, libre, active, claire et distincte, le raisonnement est une sorte d'intermé-j diaireet de lien' ; tantôt il part de la région sensible, . encore aveugle, mal sûr de lui-même, cherchant des principes qu'il invoque sans les comprendre, qu'il pressent sans les posséder; tantôt, prenant son point d'appui dans la région de l'intelligence , assuré dans son cours, suivant la chaîne des êtres, à la lumière de l'idée même de l'être', et répandant la clarté de cette idée jusque dans les derniers degrés de l'existence.
Dans ce développement nécessaire d'une déduction toujours fondée sur des idées pures, comme dans la simplicité, la clarté, la liberté parfaite de l'intuition intellectuelle, ni l'erreur, ni la contradiction, ni le doute ne peuvent trouver aucune place. Le doute en effet naît à la suite de la contradiction, et la contradiction est fille de Terreur.
Or qu'est-ce que l'erreur ? rien de positif*. Essayez en effet de concevoir un mode positif de la Pensée qui constitue l'essence de l'erreur. Un tel mode ne peut évidemment se trouver en Dieu, puisque toutes les idées, en tant qu'elles se rapportent à Dieu, sont vraies \ Il faudrait donc qu'il pût exister et se concevoir hors de Dieu; mais rien ne peut être ni être conçu qu'en Dieu*; l'erreur n'est donc pas une chose positive. D'un autre côté, elle
i. De l'Amef Schol. 2 de la Propos. 40.