‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 66 sur 130 · Ibid., Propos · texte numérisé non relu

Ibid., Propos

ne peut consister dans une absolue privation de connaissance* (car on ne dit pas que les corps se trompent ou soient dans Terreur, mais seulement les âmes] , ni dans l'absolue ignorance d'une chose, car autre chose est l'ignorance, autre chose l'erreur ; il faut donc que l'erreur consiste dans la privation de connaissance qu'enveloppent les idées inadéquates, c'est-à-dire les idées mutilées et confuses ^ Par exemple, les sens me montrent le soleil éloigné de moi d'environ deux cents pieds. Je pense, j'affirme que le soleil est à deux cents pieds de la terre, et je me trompe. Pourquoi cela? c'est que j'ignore les preuves mathématiques qui établissent la vraie distance du soleil. L'errreur est donc un mélange de connaissance et d'ignorance. En effet, ne pas voir le soleil, ce n'est pas se tromper, et je ne tombe dans l'erreur touchant la distance du soleil qu'à condition de voir le soleil. D'un autre côté, quand je pense que le soleil est à deux cents pieds de moi, il n'y a rien là de positivement faux. Car je vois en effet le soleil à cette distance, et alors même que les physiciens m'ont fait connaître son prodigieux éloignemcnt, je continue de le voir assez près de moi. L'erreur n'est donc ni une connaissance absolument et positivement fausse, ni une absolue privation de connaissance : elle est tout entière dans une connaissance incomplète, ou, comme dit Spinoza, dans une idée inadéquate.

L'erreur ne peut donc pénétrer dans la région des idées claires % ni par conséquent la contradiction et le doute. Comment le doute subsisterait-il quand la ra-

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