Md., Propos. 41 et
i3i INTRODUCTION.
cinedu doute est détruite? « Celui qui a une idée vraie, dit avec un bon sens profond Spinoza, sait en même temps qu'il a cette idée et ne peut douter de la vérité de son objet '1» C'est le fait d'un sophiste ou le caprice d'un esprit malade de chercher une règle de vérité plus certaine qu'une idée claire et distincte. La lumière se montre elle-même en montrant tout le reste, et elle se fait distinguer des ténèbres. Ainsi la vérité est sa marque à eJle-même et la marque du faux'^.
Au premier coup d'œil, rien de plus simple que ces principes de l'idéologie et de la logique de Spinoza ; mais que de difficultés s'accumulent pour qui les veut entendre à fond et 1er accorder avec l'ensemble du système 1 Comment Spinoza peut-il dire quel'âme humaine ne connaît pas le corps humain, du moins en lui-même, tandis qu'il définit l'âme humaine : l'idée d# corps humain? Quoi! l'essence de l'âme humaine, c'est de représenter le corps humain, et elle ne saisit que d'une manière médiate et partielle son objet propre et immédiat ? Maïs supposons qu'il en soit ainsi: n'est-il pas surprenant d'entendre dire à un logicien si exact que, dans le corps humain, que l'âme ne connaît pas, rien ne peut arriver qui ne soit perçu nécessairement par l'âme humaine' : proposition exorbitante et qui vient inopinément donner une extension démesurée à la sphère tout à l'heure si rétrécie de nos connaissances ! Ce n'est pas tout : après
i. De f'Ame, Propos. 43.
2. Ibid.j Scholie de la Proposition 4 3. ~ On ne s*étoanera pas qu*uii des Axiomes par où commence V Éthique soit celui-ci : Une idée vraie doit s'acCwder avec son objet. {De Dieu, Axiome 6.)