‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 72 sur 130 · DeVAme^ CoroU.^de la Propos · texte numérisé non relu

DeVAme^ CoroU.^de la Propos

' laax pointS' les plus eseentiels et les plus profonds de la doctrine de Spinoza, et notamment à toute sa théorie de (la'vie en>Dieu et de l'immortalité de rame*. ' Si nous'entendons bien Spinoza, Tâme humaine doit ' être envisagée SOU9 deux pointsf de^vue, parce qu'elle a deux rapports essentids, l'un au monde et au temps, l'autre à Dieu etàréternité.

Envisagée d^ms son rapport àDieu, râme^est un mode étemel de la «pensée divine ; sou existence est parfaite en soi et immuable^ c'est une idée de Dieu, claire, distincte, ..adéquate, esempte de changement et d!erreur. Maintenant considérez l!àme, non plus, dans l'éternité, mais dans le temps, non plus eu Dieu, mais dans le monde : l'âme est l'idée du corps humain. Or le. corps humain est un être composé d'une infinité de parties, et luimême est: une* partie d'un tout infiniment composé: toutes ees parties dépendent l'une de l'autre, se déterminent l'iuneil'autre, agissent et pâtissent d'une infinité de façons. L'idée du corps humain est aussi un être composé et dépendant comme, son objeti £lle comprend une (infinité d'idées particulières; et elle-même.est une partie de l'^Hiversr infini' des idées,voù, comme dansiTuni- '^W de8:coppsv toute partie est liée aux autres parties, '«git'sur elles et en reçoit l'action .

(L'âme humaine ainsi envisagée est pleine d'obscurité, '^econfuaionet'd'erreun En effet, la suite' des idées^ est

1. SpÎDOia sentait lui même que sa doctrine aurait bien de la peine à se faire wopfendre et accepter. Il s'interrompt, contre son usage, pour exhorter ses lec- '«''• i la patience ;

• Ici, dit-il (Schol. de la Proj^.. «St^ipart. 2), les lecteurs font sans doute être Uî^; et il leur Tiendra en mémoire mille choses qui les empêcheront d^avancer ; c'est pourqaoi je les prie de poursuivre lentement avec moi leur chemin^ et de i leur jugement jusqu*à ce qu'ils aient tout lu. •

infinie dans la durée, et Tâme humaine ne remplit qu'un point du temps; l'univers des corps n'a pas de bornes, et l'âme humaine n'est que l'idée d'un certain corps; elle ne peut donc connaître l'univers que de son point de vue, c'est-à-dire d'un point de vue très-particulier et très-déterminé.

D y a donc dans l'âme deux modes d'existence, et pour ainsi dire deux vies : une vie en Dieu , vie étemelle et parfaite, et une vie temporelle, pleine de misère, d'erreur et d'imperfection. De là deux ordres de facultés dans l'âme : celles qui se rapportent au monde, facultés passives, qui n'embrassent les choses que d'une manière partielle et déterminée ; celles qui se rapportent à Dieu, facultés essentiellement actives et capables d'embrasser leurs objets avec plénitude'. L'imagination, les sens, la mémoire, perçoivent les choses dans la durée comme contingentes ; mais la raison conçoit les choses comme nécessaires S et il est de sa nature d'apercevoir tous ces objets sous la forme de l'éternité*.

De là ce beau théorème de Spinoza, justement admiré de Schelling :

« Notre âme, en tant qu'elle connaît son corps et soimême sous le caractère de Vétemité^ possède nécessairement la connaissance de Dieu^ et sait quelle est en Dieu et estconr çue par Dieu*,:»

Maintenant comment s'opère le passage de la vie éternelle de l'âme à la vie temporelle et imparfaite? quel est le nœud de ces deux existences? L'âme humaine comiûe

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