De la Liberté, Propos
INTRODUCTION. , iil
idée étemelle de Dieu, Tâine humaine comme idée passagère d'un corps périssable, ce ne sont pas deux choses, mais une seule. L'âme humaine en tombant de rétemité dans le temps ne se sépare pas de Dieu; supposer cela, ce serait supposer que Dieu peut se séparer de lui-même. L'âme humaine, comme mode étemel de la pensée, c'est Dieu envisagé dans la fécondité non encore développée de son être; l'âme humaine, comme idée du corps humain, c'est Dieu encore, envisagé dans un moment précis de son développement étemel à travers la durée.
Si vous considérez l'entendement infini de Dieu, tout y est lumière, ordre, action, l'erreurn'y a aucune place; mais si vous le considérez, non plus dans la totalité infinie de ses idées, mais dans une partie, cette partie, par.cela même qu'elle est une partie, telle partie et non pas telle autre, n'est plus un entendement infini, clair, lumineux, distinct, mais une âme, un individu, un moi, limité dans son existence, uni à une partie déterminée de l'univers des corps, apercevant toutes choses, non en elles-mêmes, mais dans leur rapport avec soi. De là toutes les erreurs et toutes les misères de l'individualité. En un sens. Dieu n'y tombe pas ; car, en soi, il est la Pensée qui comprend tout d'une manière parfaite. En Hn autre sens, il y tombe; car une âme particulière, un moi, c'est un moment de la vie de Dieu. Or, pour comprendre complètement Dieu et complètement l'âme huitaine, il faut unir les deux sens et identifier les deux points de vue.
La Pensée est donc une vie parfaite qui a son principe dans l'éternité, et son développement sans terme dans k temps. La Pensée, dans sa perfection éternelle, c'est proprement Dieu ; la Pensée dans sa vie, ce sont les âmes.
La Pensée éternelle enveloppe éternellement toutes les ftmes; chaque âme est donc à la fois étemelle par son rapport à la Pensée éternelle, et passagère par son rapport au corps. Comme éternelle, Tâme est exempte de toute erreur et de tout changement; comme temporelle, elle est sujette à Terreur. Pour se dégager de l'erreur, il lui suffit de se ramener sans cesse à son principe; elle n*est plus alors telle ou telle âme, telle ou telle idée, tel ou tel moi; elle est Dieu même : Dieu, dis-je, qui se perd en quelque sorte sans cesse en se développant dans la durée par les de^és successifs de l'individualité et qui se retrouve sans cesse en ramenant sans cesse la Tariété de ses effets à l'unité de leur cause immanente, et en forçant l'individu à se nier, soi-même pour redevenir libre et parfait au sein de l'être qui le créa.
Théorie de la Volonté ou des Passions.
Un- individu, un être déterminé, n'est autre chose qu'une forme déterminée de l'existence,, absolue». Dr l'existence absolue est identique à l'activité absolue'; tout être est donc actif au même? titre qu'il existe, et sp part d'activité se «mesure exaotepient sur sa .part de réalité. D'un autre côté, nul être n'a rien en soi qui lepuisse détruire; car la définition d'un.étrefuelcoaque contieut Taffirmation et non la négation de son essence; en d'autres termes, elle pose son essence et ne la détruit pas*.