‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 78 sur 130 · bid,j Propos · texte numérisé non relu

bid,j Propos

K. Ibid., Schol. 1 de la Propos. 23.

tion, qui, ne voyant que les effets, nie les causes qu'elle ne voit pas. Pour la raison, tout ce qui est, doit être ; tout ce qui est de telle façon, doit être de cette façon ; ce qui arrive à tel point précis du temps ne pouvait arriver une minute avant, ni une minute après, sans que Tordre entier des choses ne fût troublé, sans que le hasard n'envahît le développement divin, sans que Dieu cessât d'être nécessaire, c'est-à-dire d'être Dieu '.

Dieu seul du reste est nécessaire, de cette nécessité éternelle, absolue, toujours égale à elle-même. Les choses finies, tout en résultant nécessairement de la nature divine, ne peuvent exister que dans la durée d'une manière bornée et successive. Elles apparaissent au jour marqué dans l'éternité, mais pour disparaître bientôt et céder la place à d'autres êtres. Rien d'arbitraire, rien de désordonné dans ce mouvement perpétuel qui crée, détruit et renouvelle sans cesse toutes choses; chaque être est déterminé à l'existence et à l'action par un autre être également déterminé à l'existence et à l'action par un être antérieur, et ainsi de suite à l'infini ^ Les mouvements produisent les mouvements, les idées enfantent les idées, suivant une loi fondée sur la nature même de la Pensée et de l'Étendue, et dans une correspondance parfaite qui a pour base l'identité en Dieu de l'Étendue et de la Pensée \ Celui donc qui pourrait embrasser dans sa totalité infinie le double développement de l'Étendue et de la Pensée, c'est-à-dire l'ordre entier des choses, n'y verrait rien de contingent, de libre, d'accidentel, mais une suite géométrique de termes liés entre eux par une

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