‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 83 sur 130 · Éthique, part. 4, Préambule, init · texte numérisé non relu

Éthique, part. 4, Préambule, init

». De l'Esclavage, Préambule.

rien de positif et d'absolu qui appartienne eSectivement aux êtres, et ne marquent autre chose que la constitution et la faiblesse de Tesprit humain. Un objet se laisset-il imaginer avec aisance, nous rappelons beau, harmonieux, bien ordonné; avcms-nous de la peine à nous le représenter, il nous paraît laid, discordant, plein de désordre'. Un homme naît aveugle : voilà un monstre pour nous*. Nous disons que la nature est en défaut, qu'elle a manqué son ouvrage. Comme si la nature agissait jamais pour une fin l comme si cet être éternel et infini que nous nommons Dieu ou Nature n'agissait pas comme il existe, avec une égale nécessité l Or, comme il n'existe pas à cause d'une certaine fin, ce n'est pas non plus pour une fin qu'il agit, et il est lui-même le premier principe de l'action comme il est le premier principe de l'existence.

C'est donc un préjugé absurde que de penser qu'il manque quelque chose à un être et que la nature l'ait laissé imparfait, puisque rien ne convient à la nature d'un être que ce qui résulte nécessairement de la nature ^ de sa cause efficiente, et que tout ce qui résulte nécessairement de la nature d'une cause efiiciente se produit nécessairement'.

I S'il n'y a en soi ni bien ni mal, c'est du moins un fait incontestable que certaines choses sont bonnes pour l'homme, et d'autres mauvaises. Mais qu'est-ce qu'une chose qui nous est bonne, sinon une chose utile? Et qu'est-ce qu'une chose qui nous est mauvaise, sinon

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