Jbid., page
noza ^ même avec une explication, fut incapable de comprendre les siennes. »
Spinoza s*eflforce de prouver, par TÉcriture elle-même, que les prophètes sont avant tout des hommes de forte imagination. « Il est certain, en efifet, dit-il, que Salomon excellait entre les hommes par sa sagesse , et il ne Test pas qu'il ait eu le don de prophétie. Heman, Darda, Kalchol, étaient des hommes d'une profonde érudition, et cependant ils n'étaient pas prophètes, au lieu que des hommes grossiers, sans lettres, et même des femmes, comme Hagar, la servante d'Abraham, jouirent du don de prophétie. Tout ceci est parfaitement d'accord avec l'expérience et la raison ; ce sont en effet les hommes qui ont l'imagination forte qui sont les moins propres aux fonctions de l'entendement pur, et réciproquement, les hommes éminents par l'intelligence ont une puissance d'imagination plus tempérée, plus maîtresse d'ellemême, et ils ont soin de la tenir en bride, afin qu'elle ne se mêle pas avec les opérations de l'entendement'.
Du reste, Spinoza ne met pas en doute la parfaite sincérité des révélateurs et des prophètes. Personne n'est plus éloigné que lui d'expliquer par les calculs de la politique ou par les supercheries de l'imposture l'origine des religions. Quand il énumère les caractères qui distinguent les prophètes, il a soin de joindre à la force de l'imagination la pureté de l'âme et la piétés
Mais si les prophètes n'ont d'autre supériorité sur les autres hommes qu'une vertu plus haute et une puis-