‹ Œuvres de Spinoza (volume 2)Chapitre 99 sur 130 · I. Lettre à Isaac Orobio^ tome III, page · texte numérisé non relu

I. Lettre à Isaac Orobio^ tome III, page

t. Je rapprocherai de ces paroles de Spiuoza un passage de sa lettre à Alberl Burgh ; • (hti, je le répète avec Jean, c'est la justice et la charité qui sont le signe le plus certain^ le signe unique de la vraie foi catholique; la justice et la charité, voilà les véritables fruits du Saint-Esprit . Partout où elles se rencontrent, là est le Christ, et le Christ ne peut pas tire là oit elles ne sont plus. »

déduites, devrait posséder une âme bien supérieure à la nôtre et bien plus excellente. Aussi je ne crois pas que personne ait jamais atteint ce degré éminent de perfection, hormis Jésus-Christ, à qui furent révélés immédiatement, sans paroles et sans visions, ces décrets de Dieu qui mènent Thomme au salut. Dieu se manifesta donc aux apôtres par Tâme de Jésus-Christ, comme il avait fait à Moïse par une voix aérienne; et c'est pourquoi Ton peut dire que la voix du Christ, comme celle qu'entendait Moïse, était la voix de Dieu. On peut dire aussi dans ce même sens que la sagesse de Dieu, j'entends une sagesse plus qu'humaine, s* est revêtue de notre nature dans la personne de Jésus-Christ, et que Jésus-Christ a été la voie du salut '. »

Voilà donc un premier caractère qui distingue Jésus- Christ des simples prophètes : c'est que Jésus-Christ n'était pas seulement l'organe de la révélation divine, mais la révélation divine elle-même. Ce que les prophètes saisissaient par l'imagination et dans un signe matériel, Jésus-Christ le voyait en Dieu et le comprenait.

Dans un autre passage, Spinoza revient sur ce premier caractère et il en ajoute un second :

« Je dis donc qu'il faut entendre de la sorte tous les prophètes qui ont prescrit des lois au nom de Dieu ; mais tout ceci n'est point applicable au Christ. Il faut admettre en effet que le Christ, bien qu'il paraisse, lui aussi, avoir prescrit des lois au nom de Dieu, comprenait les choses dans leur vérité d'une manière adéquate. Car le Christ a moins été un prophète que la bouche même de Dieu... Ajoutez à cela que le Christ n'a pas été

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