‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 11 sur 96 · I)E LA DESTINÉE DE L'IIOMME DANS L'ORDRE MORAL · texte numérisé non relu

I)E LA DESTINÉE DE L'IIOMME DANS L'ORDRE MORAL

Du libre Arbitre, — Du Bien et du Mal. — DeC Amour de Dieu» — De i'Irmnorlaliié de Vânie.

Spinoza a résumé d'un seul mot sa psychologie quand il a dit : « L'âme humaine est un antomarc spirituel *. « Cet automate est mil par trois ressorts : le désir, la joie et la tristesse. Or, le désir, c'est l'être môme de l'âme; la joie et la tristesse, c'est l'être de l'âme , augmenté ou diminué par l'aaion des causes étrangères. L'âme ne s'appartient donc pas h elle-même, elle appartient h la Nature ^; elle ne fait pas sa destinée, die

* De la Ri^ forme de C Entendement^ tome ii, pag. 30fi.

' « // nejaut point s'imaginer, dit Spinoza, que l'kamauwii dans la nature contmr un empire dnn$ un autre emp'tre. » (Préface de h jiartk;3 de VKthique,)

UrrBÛDUCTlON. csLV

k sobit; et» poor empronler k Maiebrancbe sa bizarre et forte oqpresBÎon, elle n'agit pas, eUe est agie.

Se peut-il comprendre maintenant que le problème moral ait sa [dace dans la philosophie de Spinoza ? Ce problème en effet , le voici : Gomment l'homme doit-il régler sa destinée poar qu'elle soit conforme k l'ordre et au bien ? Le problème moral suppose donc deux conditions : premièrement , que rhomme soit q^pable de régler sa destinée, de diriger à son gré sa conduite : en un mot, que l'homme soit libre ; secondement, qu'il existe un bien moral, un ordre absolu auquel rhomme doive conformer toutes ses actions. Ces deux conditions sont même si étroitement liées qu'une seule supprimée rend l'autre inutile ; de sorte qu'il suffit de nier, soit l'ordre moral, soit le libre arbitre, pour rendre toute morale impossible. Qu'importe en eiïet qu'il existe une loi naturelle , si je ne suis pas le maître d'y obéir, et si je puis innocemment la violer ? £t si je suis libre , mais d'une liberté sans règle , tout alors est légitime, et le Devoir et le Droit n'existent pas pour moL

Interrogez maintenant Spinoza sur ces deux objets, le libre arbitre et l'ordre moral. Sa pensée est aussi claire , aussi tranchante y aussi résolue , sur l'un que sur l'autre ; il les nie tous deux, non pas une fois, mais en toute rencontre, à chaque page de ses écrits ; et toujours avec une énergie si inébranlable, une conviction si profonde et si calme, que l'esprit en est confondu- et comme effrayé. C'est que le libre arbitre et le sentiment du bien et du mal ne sont , après tout, que des faits ; et entre des faits et une nécessité logique , Spinoza n'hésite pas. Reste à comprendre qu'après ce démenti éclatant donné à la conscience du genre humain au nom de la logique, Spinoza vienne ensuite proposer aux hommes une Morale dont il a par avance détruit les conditions. C'est ici qu'il faut se donner le !>pectaclc de la radicale insuffisance du spiuozismc , cl des puis- J. m

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nnts et inatlleB efforts d'une grande mtdlq^ence défoféo mn

prises avec Fiinpossible.

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