‹ Œuvres de Spinoza (volume 3)Chapitre 13 sur 96 · CLX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CLX INTRODUCTION

soit par prières, et de teuir pour ennemi quiconque yeut rem* pécher de satisfaire ses désirs i. La mesure du droit de chacua, c'est sa puissance. Là où il porte sa force , il porte soo droit Le meilleur droit, c'est celui du plus fort, et la vertu et la puissance sont une seule et même chose ^. Il faut entendre ici Spi* noza développer avec une rigueur déplorable et un calme inooî les conséquences de ces détestables principes :

« Celui qui ne connaît pas encore la raison , ou qui n'ayant pas encore contracté l'habitude de la vertu, vit d'après les seules lois de ses appétits , a tout aussi bon droit que celui qui règle sa vie sur les lois de la raison : en d'autres termes • de même que le sage a le droit absolu de faire tout ce que la raison lui dicte, ou le droit de vivre d'après les lois de la raison ; de même aussi l'ignorant et l'insensé a droit sur tout ce que l'appétit lai conseille, ou le droit de vivre d'après les lois de l'appétit.. ; et il n'est pas plus obligé de vivre selon les lois du bon sens qu'un chat ne peut l'être de vivre sous les lois de la nature du lion.... D'où nous concluons qu'aucun pacte n'a de valeur qu'en raison de son utilité ; si l'utilité disparaît, le pacte s'évanouit avec elle et perd toute autorité. Il y a donc de la folie à prétendre enchaîner h tout jamais quelqu'un à sa parole, à moins qu'on ne fasse en sorte que la rupture du pacte entraîne pour le viola* teur de ses serments plus de dommage que de profit '. »

Yoilà les principes d'Épicure et de Hobbes dans toute leur affreuse nudité, dans tout leur excès. Mais sait-on quelles conséquences Spinoza médite en les posant? Spinoza n'aspire qu'à un seul but dans toute sa morale et dans toute sa philosophie : c'est de prouver que l'amour de Dieu est la règle suprême

' Traité théologico-politique, tome i, pag. 270.

s De VEsclavage, Défin. VIII.

^ Traité thœlogicopolitiqw, cliap. XVf ; tome i, \mg. 969 à 974.

INTRODUCTION. cl\i

de l'activité de l*hoinine , comme Vidée de Dieu est la règle suprême de son intelligence. De sorte que sa doctrine morale se présente à nous jusqu'à ce moment sous la forme la plus étrange, et il semble qu'il se soit fait un jeu d'y réunir toutes les contradictions. Comment comprendre en effet que cet exact et rigoureux logicien , après avoir nié d'une manière si absolue le libre arbitre, accorde à l'homme le pouvoir de régler sa destinée, et fasse succéder à ce même livre de V Éthique, où il a décrit d'un pinceau si sévère et si rude l'esclavage de l'homme, un autre livre où il le convie à la liberté ? D'un autre côté, estil possible de concevoir qu'après avoir égalé l'appétit brutal à la raison épurée, la folie à la sagesse, le vice à la vertu; après avoir tout rendu légitime, le parjure et le mensonge, l'extravagance et le crime, Spinoza nous impose au nom de la raison le respect du serment, l'amour de nos frères, la vie la plus austère et la plus pure, et cet amour de Dieu , aliment des âmes saines , source de toute vertu et de toute félicité, terme suprême de nos désirs ?

Qui résoudra ces contradictions? Qui démêlera cet embrouillement? Spinoza l'a essayé; suivons- le dans cette carrière épineuse.

De V Amour de Dieu,

Fataliste absolu , Spinoza ne pouvait admettre les idées de Bien et de Mal, de perfection et d'imperfection, prises au sens moral que leur donne la conscience du genre humain ; mais si l'on considère ces idées, abstraction faite du libre arbitre et de la responsabilité humaine ; si on les prend au sens purement métaphysique , je ne vois rien dans le système de Spinoza qui dût l'empêcher de les reconnaître : tout an contraire , je les

CLM mTRODUOTIOlf.

trouve an fond de sa théorie de l'honmie et de toute sa métaphysique.

Dieu, suiyant Spinoza, est TÊtre parfait. En quoi oooaiata m perfection ? Dans l'inOnité de son être. Les attributs de Die« sont aussi des choses parfaites. Pourquoi cda 7 Parce quH m considérer que le genre d'être qui leur appartient « rien ne manque ï leur plénitude ; mais si on les compare à TÊtre en soi« leur perfection^ tout empruntée et toute relative, s'éclipse devant la perfection incréée. Ce nombre infini de modes quiémanett des divins attributs ne contient qu'une perfection (dus affidbKe encore ; mais chacun pourtant , suivant le degré précis de sot être, exprime la perfection absolue de l'Être en soL

I^ perfection absolue a donc sa place dans la doctrine ds Spinou , ainsi que la perfection relative à tous ses dq[rés« la* quelle enveloppe un mélange nécessaire d'imperfection. Seulement la perfection ne diffère pas de l'être ( elle s'y rapporte et s'y mesure , et l'échelle des degrés de l'être est celle des degrés de perfection.

Dans l'homme , qu'est-ce pour Spinoza que le Bien ? C'est l'utile ; et l'utile, c'est ce qui amène la joie ou ce qui écarte la tristesse. Mais qu'est-ce que la joie et la tristesse? La joie, c'est le passage de l'âme à une perfection plus grande ; et la tristesse, c'est le passage de l'âme à une moindre perfection. En d'autres termes, la joie, c'est le désir satisfait ; la tristesse, c'est le désir contrarié ; et tout désir se ramène à un seul désir fondamental, qui fait l'essence de l'homme, le désir de persévérer dans l'être. Ainsi , toute âme humaine a un degré précis d'être ou do per« fection qui la constitue , et qui de soi tend k se maintenir. Ce qui augmente l'être ou la perfection de l'âme , lui cause de la joie, lui est utile, lui est bon. Ce qui diminue l'être ou la pci;fection de l'âme lui cause de la tristesse, lui est nuisible » est un mal k ses yeux.

nnHODCCTHMI. glvhi

n y a àmt de la ferfetilrm et de rimperfection, du Bien et do Mal , dans la nature humaine comme en toutes choses » et h fie des hommes est une série d*étaUi successifs qui peurent être comparés les uns aux autres , mesurés , estimés , sous le rapport de la Perfection et du Bien ; le tout , sans tenir aucun compté du libre arbitre , du mérite « du péché , et comme s'il s'agissait de plantes ou de minéraux.

Sf^osa a donc parfaitement le droit de poser cette questioui qui est pour lui la question morale : Quelle est pour l'homme la Tie la plus parfaite ? Car cela veut dire : quelle est la vie où l'ftme a le plus de joie, c*esl4Miire le plus de perfection , c'est**' à-dire le plus d'être? Je dis qu'on ne peut contester ï Spinoa le droit de poser ce problème : car peu importe ici que l'âme influe ou non sttr sa de^mée ; pourvu qu'elle en ait une « pourvu qu'il soit certain que par l'action des causes étrangères et son action propre (bien que nécessitée) , son être augmente ou diminue , on peut rechercher dans quel cas elle a plus d'être et dans quel cas elle en a moins ; en d'autres termes, quelles sont pour l'âme humaine les conditions de la plus grande perfection possible. On dira : Qu'importe de savoir quelle est la vie la plus parfaite, si on ne peut y conformer la sienne ? Mais Spinoza répliquera que c'est une autre question , et qu'il se réserve de prouver plus tard que la connaissance de la vie la plus parfaite et la plus heureuse n'est pas étrangère à notre perfection et à notre bonheur.

Le problème ainsi posé, Spinoza en donne une solution d'une simplicité et d'une élévation également remarquables.

La loi de l'homme et son droit , c'est de conserver son être ; et, en ce sens, toute action, la plus violente et la plus criminelle en apparence, est légitime. Mais il y a deux voies qui conduisent l'homme à la conservation de son être : Tappétit aveugle et brutal , et le désir que la raison conduit. Or, la raison vaut

ChXif INTRODUCTION.

mieux que Tappétit ^ L'appétit, esclave des sens et de l'iuiagination , ne va qu'au plaisir du moment ^ ; la raison médite l'avenir ; et comme il est de son essence de concevoir les choses sous la forme de rÉternité ' , elle affecte l'âme par l'idée des biens à venir aussi fortement que par celle des biens présents \ De là cette sagesse qui ne donne rien au hasard , ^'abstient à propos, et prépare à Tâme, au lieu d'un plaisir fugitif, des jouissances solides et durables. Ce n'est pas tout : l'appétit ne s'attache qu'aux objets des sens, biens fragiles et trompeurs * ; la raison nous fait aimer les choses éternelles , dont la possession nourrit l'âme d'un bonheur inaltérable que le temps ne peut affaiblir *. Lesjoies violentes que l'appétit satisfait dcmne à l'âme troublent son activité et la soumettent aux causes étrangères; la joie pure et sereine que la raison nous fait goûter, ayant sa source dans l'activité même de l'âme , l'affranchit au contraire des liens où la Nature tend sans cesse à l'enchaîner ^

A cette question : Quelle est la vie la plus parfaite ? la première réponse de Spinoza est donc celle-ci : La vie la plus parfaite , c'est la vie la plus raisonnable. En effet , la vie la pins parfaite, c'est la vie la plus heureuse , la plus riche , je veux dire celle ou l'être de l'homme se conserve et s'accroît le plus ; et la vie raisonnable a seule ce privilège.

La vie la plus raisonnable est en même temps la vie la plus libre. Par l'appétit, en effet, nous sommes esclaves; c'est la

* De V Esclavage, Appendice XXX.

* De l'EsclavagCf Propos. XVI.

' De VAme, Corel I. ii de la Propos. XLÎV.

* De l'Esclavage, Propos. LXII et son Scliol. ' De l'Esclavage, Propos. XVII.

* De r Esclavage, Propos. LXII et son Schol. ' /V rEMclavagêf Propon. XLIV, LXI.

IMTRODUCTfON. cl\?

raison qni nous relève et nous aSrancliit K Sous la loi de Tappétit, rhoinnie est déterminé par des idées inadéquates, et ce n*est point là agir par vertu ^ ; car la vertu de rbomme se mesure sur sa puissance , et sa puissance sur ses idées claires. La vie raisonnable est donc la seule vie libre, la seule vertueuse, parce qu'elle se règle sur Tidée adéquate du véritable prix des cboses \

Déterminons maintenant les objets où nous incline la Raison. Ce ne peut être que les objets les mieux appropriés à notre nature, les plus capables de la conserver et de Taccroître. Or quel est le fond de notre nature? L'âme est une idée. Son être est donc dans la pensée ; son activité, dans l'exercice de la pensée. Plus elle pense, plus elle est ; en d'autres termes, plus elle a de perfection et de bonbeur. Or la vraie pensée est dans les idées adéquates , les autres idées étant incomplètes et mutilées. La vie la plus libre et la plus raisonnable est donc celle de l'àmo qui a le plus d'idées adéquates, c'est-à-dire qui connaît le mieux et soi-même et les choses ^

Or , quel est le moyen de comprendre les êtres d'une manière adéquate ? Une analyse profonde de l'intelligence nous h fournit, et la logique vient s'identifier ici avec la morale. Comprendre les cboses avec plénitude, c'est former de ses idées une chaîne dont l'idée de Dieu est le premier anneau ; c'est penser sans cesse à Dieu, c'est voir tout en Dieu. De même , vivre , agir avec plénitude , c'est ramener tous ses désirs à un seul , le désir de posséder Dieu ; c'est aimer Dieu, c'est vivre en Dieu *.

La vie en Dieu est donc la meilleure vie et la plus parfaite,

1 De VEsclavage, Propos. LVll à LXXIIL

s Ethique^ part. 4, Propos. XXIU.

» Ethique, part. 4, Propos. XXVI.

* De V Esclavage, Propos. XXVI et XXVII.

» De V Esclavage, Propos. XX Vf II.

GtKTi mTRODUcnoii.

parce qu'eUe est la vie la plus raisonnable , la plus libre , la plus heureuse I la plus pleine; en un mot, parce qo*dle nooi donne plus d'ôtre que toute autre vie, et satisfait plus oomplé* tement le désir fondamental qui constitue notre ess^ce K

À Taide de ce principe féccmd, Spinoza, qui semblait avoir détruit toutes les vertus en les confondant en un mélange sacrilège avec les vices, va les retrouver Tune après Tautre.

Il avait fait de Thumabité un assemblage d'êtres égoïstes, uni» quement occupés de la satisfaction de leurs grossiers appétits, un troupeau de bêtes féroces prêtes à s'entre-égorger m» pitié ; il va maintenant réconcilier les hommes et les unir en une grande famille où régnera la charité. Quelle est en effet la cause de toutes les haines, de toutes les violences des hommes? G*est Tappétit qui les pousse à des objets dont la possession est incertaine et ne peut se partager. Mais b raison pacifie toutes nos passions en les élevant à leur véritable objet; et le privilège sublime de ce divin objet, c*est qu*il se donne tout entier à tous ' et , loin de s*affoiblir , s*augmente encore par une possession commune *. « L'amour de Dieu^ dit

< Spinoza résume ainsi sa doctrine sur l'amour de Dieu : n II est donc utile au suprême degré, dans la vie^ de per/eetUmner autant que possible l'entendement, la raison; et c'est en cela mU que consiste le souverain bonheur, la béatitude, La béaiitm^, m f/fetj n'est pas autre chose que cette tranquillité de Vdme qui watt de la connaissance intuitive de Dieu; et la perfection de fentanéêment consiste à comprendre Dieu, les attributs de Dieu et la ocHêiu qui résultent de la nécessité de la nature divine, La fin suprême de l'homme que la raison conduit, son désir suprême , ce désir par k" quel il s'efforce de régler tous les autres, c'est doue le désir pH k porte à se connaître soi-même d'une manière adéquate, et toutes les choses qui tombent sous son intelligence. » {De l'Esclavage, Appetdire, cli. IV.)

« De VEsclavage, Propos. XXXVI.

5 De VEsclavage, Propos. XXXVII.

inmoDuonoN. CLXfu

Spinoia, ne peut être souiHé p€Nr aueun sentiment d* envie ni de jatatisie , et U est entretenu en nous avec (Sautant ptus de fotee que nous nous représentons un plus grand nomére d'hommes comme unis aveo Dieu ttun mime lien d^ amour, \ »

Il ne faut pas croire que l'amour de Dieu nous impose rien de contraire à notre nature, étant fondé au contraire sur le déf doppement le (dus complet de notre être.

t La superstition , dit Spinosa , semble ériger en bien tout ce qui amène la tristesse , et en mal tout ce qui procure la joie. Uais 11 n'appartient qu'à un enyieux de se réjouir de mon impuissance et du mal que je souffre. A mesure , en effet , que nous éprouvons une joie plus grande , nous passons à une plus grande perfection, et, par conséquent, nous participons davantage de la nature divine ; la joie ne peut donc jamais être mau^ vaise, tant qu'elle est réglée par la loi de notre utilité véritable. Ainsi , celui qui ne sait obéir qu'à la crainte et ne fait le bien que pour éviter le mal n'est pas conduit par la raison ^ »

On nous présente trop souvent, suivant Spinoza, la vie ver« tueuse comme une vie triste et sombre, une vie de privalion et d'austérité , où toute douleur est une grâce et toute Jouissance un crime» Mais commeUt la Divinité, s'écrie Spinoza» prendrait-elle plaisir au spectacle de ma faiblesse , et m'imputerait-elle à bien les larmes , les sanglots , la crainte ^ tous te& signes d'une ftme impuissante ? « Oui 9 ajoute-t-il avec force, il est d'un homme sage d'user des choses de la vie et € en jouir autant quepossihle, de se réparer par une nourriture m,odérée et agréaifie, de charm>er ses sens du parfum et de V éclat verdoyant des plantes, d'orner

« De la Liberté, Propos. XX.

' Appendice de la part. 4 de VEthique, ch. XXXf .

ctwili liNTRODUCTlON.

tnétnc son vêtement , de jouir de la muaiqtiei des jeux, des spectacles et de tous (es divertissements que chacun peut se donner sans dommage pour personne *. »

On nous exhorte sans cesse au repentir, à rbuinilité, à la mort. Mais le repentir n*est point une vertu, il ne provient pas de la raison ; et au contraire , celui qui se repcnt d*ane action est deux fois misérable et deux fois impuissant '. L'humilité n*est pas plus une vertu que le repentir ; car c'est une tristesse qui naît pour Thomme de Tidée de son impuissance *. Quant à la pensée de la mort, elle est fille de la crainte, et c'est dans les âmes faibles qu'elle fait son séjour. « La cfiou du monde à laquelle un homme iihre pense ie moins, c'est la mort ; et ia sagesse n'est point une méditation de ia mort, mais de ia vie, ^ »

Spinoza vient de nous tracer le tableau de la vie libre et raisonuable. Mais de quel usage peut-il être aux hommes si leur destinée ne leur appartient pas , si elle est réglée d'avance par une nécessité que rien ne peut fléchir? Les âmes bien douées n'ont pas besoin qu'on leur apprenne la vertu , puisqu'elles y vont par la pente même de leur nature. Quant aux âmes impuissantes, iiicapablesde s'affranchir d'un abaissement qui n'est pas leur ouvrage, condamnées par un arrêt sans appel à une vie agitée et stérile, l'idéal d'une vie parfaite les afflige sans les relever , les désespère au lieu de les soutenir, et appesantit k poids de leurs chaînes en leur ôtant l'espoir de s'en jamais dégager.

' Ethique, de rEsclavage. Schol. de la Piopos. XLV.

* De l'Esclavage, Propos. LIV.

5 fbid,. Propos. LUI.

^ C'est la Proposition LXVU de V Ethique, |mrt. 4 .

LMRODUCTION. clxiX

Ici tous les efforts de Spinoza, toute la subtilité de sou génie, toat rartificc de ses raisonnements viennent échouer contre une impossibilité palpable. En vain il recueille toutes ses ressources et rassemble avec art les divers moyens que possède Tâme humaine de r^ler ses passions et sa destinée. Pas un de ces moyens prétendus ne résiste à une analyse un peu sévère. Les voici dans Tordre où les expose Spinoza :

« La puissance de l'âme sur ses passions , dit-il ( De ta Liherté'^ Schol. de la Propos. XX), consiste : 1° dans la connaissance même des passions ( voyez le SchoL de la Propos. IV ^ part, 5) ; 2° dans la séparation que l'âme effectue entre telle ou telle passion et la pensée d'une cause extérieure confusément imaginée {voyez part, 5, Propos. Il et son Schol, 9 et Propos, IV); 3° dans le progrès du temps qui rend celles de nos affections qui se rapportent à des choses dont nous avons l'intelligence , supérieures aux affections qui se rapportent à des choses dont nous n'avons que des idées confuses et mutilées ( voyez (a Propos, Fil, part, 5 ) ; /i" dans la multitude des causes qui entretiennent celles de nos passions qui se rapportent aux propriétés générales des choses ou à Dieu ( voyez (es Propos, IX et XI y part, 1 ) ; 5° enfin, dans l'ordre où l'âme peut disposer et enchaîner ses passions [voyez te Scliot, de la Propos. X et les Propos, XII, XIII et XIV, part, 5). »

Spinoza prouve à merveille, par les principes de sa doctrine, qu'une affection passive cesse d'être passive, et par conséquent d'être mauvaise, aussitôt que nous nous en formons une idée claire et distincte. Il explique d'une manière ingénieuse et élevée comment la joie succède à la. tristesse, et l'amour à la haine , quand l'âme dégage tout sentiment de haine et de tristesse de la pensée de sa cause extérieure et apparente pour le l'apporter à son premier principe , c'est-à-dire à Dieu. « La

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