PAR COURUS
oekii-cl, p. 770, un certain tisserand de Roterdam : textorem quemétam rot&rodamensenu S*il a exercé un art si mécanique, je puis assurer avec vérité que jamais homme de sa profession n*a travaillé si habilement ni produit un pareil ouvrage; car il dé* montre géométriquement, en cet écrit, d'une manière claire et qui ne souffre point de réplique, que la nature n'est et ne saurait être Dieu œèofie, comme l'enseigne Spinoza. Comme il ne possédait pas parfaRemeat la langue latine, il fut obligé de composer son traité en flamand et de se servir de la plume d'un autre pour le traduire en latin. Il en usa ainsi , comme il le déclare lui-même dans la préface de son livre , afin de ne laisser ni excuse ni prétexte à Spinoza, qui vivait encore, au cas qu'il lui arrivât de ne rien r^[>liqiier.
Gepeodant je se trouve pas que tous les raisonnements de ce savant homme portent coup. Il semble d'ailleurs que, dans le corps de son ouvrage , il penche beaucoup vers le socinianisme en quelques endroits, c'est au moins le jugement que j'en fais; et je ne erois pas qu'en cela il diffère de celui des personnes éclairées , à qui j'en laisse la décision. Il est toujours certain que François Kuyper et Bredenbourg firent imprimer divers écrits Tun contre l'autre à l'occasion de ce Traité ^, et que Kuyper, dans les accusalions qu'il formait contre son adversaire , ne prétendait pas moins que de le convaincre luinnoème d'athéisme.
L'année 4676 vit paraître le traité de morale de Lambert Veldbuis d'Utrecht : De la Pudeur naturelle et de la dignité de f homme {Lamberii Velihusii Ultre^ectensis tractatus moralisde na-* twali pudore et dignitate hominis). Il renverse en ce traité de fond en comble les principes sur lesquels Spinoza a prétendu établir que œ que l'homme fait de bien et de mal est produit par une opération Mipérieure et nécessaire de Dieu ou de la nature. J'ai fait mention »-dessus de Guillaume van Bleyenbourg, marchand de Dort, qui, lès l'an 4 674, se mit sur les rangs et réfuta le livre impie de Spi- K)za qui a pour titre : Traatatus theologico-politicus» Je ne puis ci m'empècher de le oomparer à ce marchand dont le Sauveur »arle en Saint-Matthieu , chap. xiii, v» 45 et 46, puisque ce ne ont point des richesses temporelles et périssables qu'il nous pré-