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2i8 TRAITÉ
qu'il u ilôployôo donnèronl occasion à pliiriiuura du discuter Mir la provi(UMico (U) Diou ; ou du moins elles délurniinùrent Tauleur du livre do Job i\ composer un dialogue sur cette inatiùro; c«ir ni le fond do celte com])osition ni le stylo ne portent le uinictêra d'un auteur accablé par la maladie et couvert de cendres; elles traiii»sent au contrairt; h^ travail et le loisir du c^nbinct. Sous ce poial de vue, j'incline à ro|)inion d'Ahen-llezra , (|ue le livre de JoLol une traduction. L'auteur en ctVet paraît imiter la |>o<ïsie tles (îenlils; car le pure d(>s dieux y convotpie deux fois rassemblée ou Momus, sous le nom de Satan, critique les acti(ms de Dieu avec une extréuH* liberU^, eU*.. Mais ce ne sont là, je l'avoue, (jue de siiniilts conj(H^lures, et elles ne sont point assea fondées pouriprori y in&iàU'.
Tassons au livre de Daniel. 11 n'y a amum doute qu'à partir du clia]). VIII ce livre ne soit l'ouvrage du prophète dont il |M)rte le nom. Mais d'où a-t-on tiré les sept premiers chapitres , voilà ce qu'il est dilVicile de dire. 11 y a toute apparence (pie c'a été (kai chron()lo!j;ies chaldéennes; tous ces chapitres, exceptt) le premier, ayant élé écrits (m\ c.hahléiMi. Si c(! point était une fois bien élabii, nous y trouverions un éclatant lémoi{4na}j;e de la vérité de ce prujcip(^, (1U(* la Hihlc m» doit pas son caractén^ de livre s^iint aux {lUrnics et au\ discours (pr(*lle contient, ou à la lan>;ue ou vWv. vri écrite , mais aux choses mêmes ((ue rint(!lli<{(;nce y décuu\re ; et par conséquent tous les livres qui contiennent des récits et des enH.'i< ^ncmcnLs d'une moralité excellente, en quehpic lan<;ue (pi'ils soiriil écrits, ciuy. ({uchpie nation (lu'on les rencontre, sont é;:alenu.'iii sacrés. (^)iioi (prit en soi! , noiis pouvons toujiiurs noter ici (pjc l»-s n-pt prciiii(«rs chapitres de Daiucl ont élé écrits en chaldéc^n, et qui!.* n'en sont pas réputés moins sacrés qu(* tout le reste de la iiililc.
I.e piiMiiicr li\r(* iVIlr^ras est si étroitement lié à celui de lkiHi4 qu'il est aiM* d'y rcconiiaîlu; rou\ra;;e d'un s(!ul et même autnir (pii continue dans ct^ deriii(M' livre à exposer l'histoire d«'S Jui^ depuis l(>ur prcmicrr capli\ilé.
|'(Mir le livre? d/'.'.s/ //»■/■, je n'hésite pas a hî raltaclicr a cejji iYlli'.nis, la conjonelron par ou il conuiienci* ne |K)U\aiit .<4'inl>i' prêter dans un autre sens. Kl il ne l'iiul pas croin; que ce Ii\r«' iVlvilivr soit celui que Mindochéi^ a écrit, puisqu'au chiqufie w (\er.i. iO, 21, il) un autre (|U(^ Mardochéit parle de MardocliL-e lui -
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scrupuleuse et sans les altérer d'aucune façon? Cest ce que je ne veux point e3;aminer de près en ce moment.
Je passe aux livres des Prophètes. Si on les examine attentivement, on reconnaîtra que les prophéties qu'ils contiennent ont été recueillies dans d'autres livres; qu*elles ne sont point toujours disposées dans le même ordre où elles ont été prononcées ou écrites ; enfin que ce ne sont point là toutes les prophéties ,' mais seulement celles qu'on a retrouvées de côté et d'autre ; d'où il suit que ces livres ne sont véritablement que des fragments des prophètes. Ainsi Isaïe n'y commence à prophétiser que sous le règne d'Huzias, comme le collecteur le témoigne lui-même au premier verset. Or il est certain qu'Isaïe prophétisa avant cette époque et que , dans un livre aujourd'hui perdu , il avait tracé Thistoire entière du roi Huzias (voyez Paralipomènes , liv. II, chap. xxvi, vers. 22). Les prophéties que iïbus avons d'Isaïe ont été tirées des chroniques des rois de Juda et d'Israël , ainsi que nous l'avons prouvé plus haut. Ajoutez à cela que les rabbins font vivre ce prophète jusqu'au règne de Manassé, qui ordonna de le mettre à mort; et bien que ce récit paraisse n*être qu'une fable, on en peut cependant induire que les rabbins n'ignoraient pas que toutes les prophéties d'Isaïe n'ont pas été consen'ées.
Les prophéties de Jérémie, qui sont présentées sous forme historique, ont été également tirées de diverses chroniques et rassem^ blées par un collecteur. J'en trouve une preuve dans la confusion qui règne dans cette accumulation de prophéties où l'ordre des temps n'est point observé. Ajoutez que le même récit est souvent répété de plusieurs manières différentes. Ainsi le chapitre xxi nous explique la cause des appréhensions de Jérémie ; elles viennent de ce qu'il a prédit à Zédéchias, qui le consultait, la dévastation de Jérusalem. Tout à coup ce récit est interrompu, et le chapitre xxit nous raconte les remontrances que Jérémie adressa à Jéhojachin (qui régna avant Zédéchias) , et la prédiction qu'il lui fit d'une prochaine captivité; puis, au chapitre xxv, viennent les révélations qui ont été faites à Jérémie avant cette époque , savoir, la quatrième année du règne de Jéhojachin ; puis enfin d'autres révélations que le prophète a reçues quatre années auparavant. Le collecteur du livre de Jérémie continue ainsi d'entasser les prophéties
et l'autorilé d'un document public. Si maintenant on vent avoir la preuve que ces quatre livres n*ont pas été écrits par Hezras ni par Néhémias, il suffît de considérer que dans Néhémias (chap. xii. vers. 9 et 4 0) la généalogie du grand pontife Jésuhga est continuée jusques à Jaduali, le sixième pontife, celui qui alla au-devant d'Alexandre, à répoque où l'empire des Perses était déjà presque entièrement abattu (voyez Josèphe, Antiquités, liv. XI, chap. viii; voyez aussi Pbilon le Juif, qui , au livre des Temps , appelle Jaduah le sixième et dernier pontife qui ait exercé le sacerdoce sous la domination des Perses). De plus, dans ce môme chapitre de Néhémias, on lit au vers. 22 : Quant aux Lévites qui étaient du temps d'Eljasib, de Joïada, de Jonathan et de Jaduha , les noms des chefs de famille et des prêtres ont été écrits au^-dessus ^ du régne dt David. C'est dans les chronologies que ces noms avaient été écrits. Or, je ne pense pas que personne soutienne qu'Hezras ou Néhémias* aient vécu assez long-temps pour voir mourir quatorze rois des Perses. Cyrus est en effet le premier'de ces rois qui ait permis aux Juifs de rebâtir leur temple , et depuis cette époque jusqu'à Darius, quatorzième et dernier roi des Perses , on compte plus de 230 années. Je regarde donc comme une chose certaine que ces livres ont été écrits long-temps après que Judas Machabée eut rétabli le culte du temple : et ce qui me le fait croire, c'est qu'à cetti* époque on voit se répandre de faux livres de Daniel, d'Hezras ti (ÏEsther , fabriqués dans des vues perGdes par des hommes qui appartenaient sans doute à la secte des Saducéens; car les pharisiens n'ont jamais, que je sache, reconnu lautorité de ces faux livres. Et, bien qu*on rencontre au livre qu'on nomme le quatriemi' d'Uezras de certaines fables qui se trouvent également dans l»* Talmud , ce n'est point une raison pour les attribuer aux pharisiens , puisqu'il n'y a personne parmi eux , sauf quelques entêta absolument stupides, qui ne tombe d'accord que ces fables ont et'* introduites après coup dans le texte par une moquerie sacriK'p'. ou dans le but do rendre leurs traditions ridicules. Une autre nii-
1. A moins qu'au-dessus de ne suit pris dans le sens d'avant, il faut rn-ire <)uc < copiste a fuit ici une erreur c-t qu'il a cou Tondu le mot liébrcu qui veut Jire <:-dessus de avec cilui qui sv^^mfxa jusques à. Note de Spinoza.'