‹ Œuvres de Spinoza (volume 4)Chapitre 31 sur 116 · NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

Cette notice comprendra deux, parties : je parlerai d'abord des crayres de Spinoza, puis des écrits publiés sur sa doctrine par ses disciples et par ses adversaires.

I. Le premier ouvrage de Spinoza est celui qui fut publié sous ce titre : Renati Descartes principiorum Philosophiœ pars I et II, more geometrico demonstratœ, per Benedictum de Spinoza, Amslelodamensem. ^Accesserunt ejusdem Cogitata metaphysica, quitus difficiliores, quœ tam in parte metaphysices generali quam speciali occurrunt, quœstiones breviter explicantur, — Âmstelodami, apud Johannem Rieuwertz,

Cet ouvrage est un résumé très-bien fait de la philosophie de Deacartes. Spinoza Tavait dicté en partie à un jeune homme dont il soignait réducation philosophique. Ses amis le pressèrent d'achever ce trarail et de le publier. L'ouvrage parut, avec une préface de Louis Meyer, où leiccteur est expressément averti que Spinoza ne lui donne pas sa propre pensée, mais celle d'autrui^

IL Le Traité théologico-politique est donc véritablement le premier ouvrage original de Spinoza ; il a été publié pour la première fois sous ce titre ;

Tractatus THEOLOGico-POLiTiGUS , continetts dissertationes aliquot quitus Qstenditur libertatem philosophandi non tantum salva pietate et reipublicœ pace posse conccdi; sed eamdem nisi cumpace reipublicœ ipsaque pietate tolli non posse.

Avec cette épigraphe : « Per hoc cognoscimus quod in Deo manemus « et Deus manet in nobis, quod de spiritu suo dédit nobis. » (Jean. Epist, I, cap. IV, vers. 13.) — Hamb., apud Henricum Kttnrath. 1670» ln-40. 233 pages.

1 . Voyez particulièrement le Scholie de la Propos. 1 5, part. 1 , et dans les Co^ (jfilato, le chapitre xii, part. 2. — Un passage plus remarquable encore est celuici ; après avoir défini la substance en général, puis la substance pensante et la substance étendue, selon les sentiments de Descartes, Spinoza ajoute ces lignes significatives : • An ^ero una et eadem substantia sit, qux vocatw mens, et corpus, an dux divers», postea erit inquirendwn. •

NOTICE BIBUOGRAPHIOUE. LTH

Ce titre est bien celui que Spinoza a donné à son Traité. Mais ce n'est point à Hambourg, ni chez Henri Kflnrath, c'est à Amsterdam, chez Cbristoph Conrad, que le Theologico-poiiiicus a été imprimé.

Proscrit dès sa première apparition, le Tkeoiogico-politicus ne put circuler que clandestinement et sous divers faux, titres destinés à donner le change à l'autorité. Çn voici la liste > :

1® Danielis Heinsii P. P. operum hUtoricorum collectio prima,

Edilio secunda, priori editione multo emendatior et auctior.

Accedunt qusdam hactenus inedita.

Lugduni Batavorum, apud Isaacum Herculis, 1673, in-8*. 334 pages.

2° Fr, Henriquez de Villacorta M, Doc. a cubiculo Philippi IV, Caroli II. archiatri opéra chirurgica omnia. Sub auspiciis potent* Hispan. régis.

Amstelodami, 1673, in-8<*.

Z^ Franc, de la Boe SUvii totius medicinœ idea nova, Edit. sec. Amstelod., 1673.

Après que Spinoza eut publié le Tkeologico-politicus, il écrivit sur les marges du livre un certain nombre de notes destin^^s à éclaircir ou à confirmer quelques points qui avaient suscité une opposition plus vive de la part des théologiens '. Ces curieuses notes ont été publiées pour la première fois par le savant Théoph. de Murr, d'après le manuscdt original que Spinoza avait laissé en mourant à Van der Spyk pour être remis entre les mains de l'imprimeur Rieuwertz d'Amsterdam :

Bened. de Spinoza Adnotationes ad Tract, theol -polit, ex autographe edidit ac prœfatus est Christ. Th. de Murr imagine et ehlrogràpho.

flags comitum, 1802, m-h^.

Mais il parait certain que l'exemplaire de Rieuwertz n'est pas le 86ul où Spinoza eût écrit des notes marginales. La bibliothèque de Kcenigsberg possède un autre exemplaire du Theologico-politicus , où Ton trouve aussi des annotations qui semblent bien être de la main de Spinoza. Elles ont été communiquées par le bibliothécaire, M. Bock, à H. le docteur Dorow, qui les a publiées sous ce titre :

Benedikt Spinoza's Randglossen zu seinem Tractatus theologico-politiens, ans einer in KOnigsberg beûndlichen noch ungedruckten Handscbrift bekannt gemacht.

Von D' Wilhelm Dorow, mit einer steindrucktafel, eln fac simile der Hanschrifl des Spinoza enthaltend. Berlin, 1835.

Du reste les annotations publiées par M. Dorow ne diffèrent qu'en

l. Voyez Paulus, Praefatio iter. edit., p. 10 sqq Théoph. de Murr, Àdnotat,

ad Tract, theol.-polit., p. 10 sqq. — Gfrœrer, Praef,- edit.j p. 15 sqq. — Tennemann, Màn. de VHist. de la Philos. y ii, p. 101 tqq.

S. Reimann fait mentlbn expresse de ces notes marginales de Spinoza {Hist, Theol. judaiC', p. 643) ; mais il y a un témoignage plus décisif, c'est celui de Spinoza lui-même. 11 écrivait en 167b à Henri Oldenbourg: «Cupio istum TractO' tum notis cuibusdam illustrare, et concepta de eo prsejudicia, si /len possit, toilere. > (OEwr. posth., éd. de 1677, p. 448.)

LYIII NOTICE BlBUOGRAPHlQTnf.

qiiâlc|ii8s endroits de cdlles qu^a données de Bfurr. CellejN;! sont prebablcmeni la» prenièces que Spinoza ait écrites, et il est vraisemblabliO' qp&'U Lu copiA plus tard, en les modifiant, sur an antre exemplaire de»- \ùk£ à on dfi ses amia. L'exemplaire de Kœnigsberg porte, en eflfet, snr la première page ces mois visiblement tracés de la main d^ Spinom : Nobilissima D^ J)fi Jocobo Statio Klemann, dono V, Auetor et nommtU» notis illuslKiwit, iltasqut propria manu scripsit die ?5 jufii amw tSlS,

Voyez encore sur ces notes marginales de Spinoza wae récente pnbUoAtioa que hquè aurons à mentionner tout à l'heure à m autre lUlre : B. de Spinoza Tractatus atque udnotationes ad tractotum ^Aevfe^teopétiticuau. --EiMiL Ed. Boebmer Halee ad Salam, 1852.

Lfi Theologicopoliikus est le seul ouvrage âe Spitaoza qui ait lié traduit en français jusqu'à ce jour. Encore est-R dFnRcfle de considérer comme une traduction véritable l'ébauche grossièrement infidèle «ttHbuée par les uns ^ au médecin Lucas de la Ihive , par tes avrires'*- au sieur de* Saint- Glain, capitaine au service &es états de Bollanée.

Nous avons eu cette traduction sous les yeux en faisant la ndfr», %t nous p(Uiv«au affirmer qu'il ne s'y rencontre pas une seule page sans «rreur grave ou sans^ contre-sens.

ElLe parut d'abdïd sous ce titre :

La CùEff du sanctuaire^ par un savant homme de nofcre siècle ; amec cette épigraphe : u Là où est l'esprit de Dieu, là est la liberté. » {Épit, U aux CorinUi.y chap. 3, vers. 17). — Leydte, 1678, fai-12. 631 pages.

On intitula ensuite cette traduction : Trditti (sic) des cérémonk» tUferstitieusBS des juifs tant anciens que modernes, Amsterdam , ebez Jacob Smith, 1678, ou bien : Réflexions curieuses d^nn e/rprit deê-^mé^ ressé (sic) sur les matières les plus importantes au salut tant public quepàr^ liculier,.A Cobgne, chez Claude Emmanuel, 1 (S 7 8. Ce ne sent pas ta trois Mitions de l'ouvrage, mais une seule et môme édition, où- le pvemier £Bulllet seul est changé.

Oa trouvera la fin du volume, des Bemm^er cuneuset eP néeetstnres pour l'iMtelligence de ce livre. C'est là la première édition de ces notes marginales de Spinoza dont nous avons parlé ci>-dessu8, mais tsHismevt défigurées par le sieur de Saînt-Glahi qu'on a de la peine, maintenait que L'original est publié, à le reconnaître dans cette incroyable traduction.

lïf. L'orage excîtié en Europe par hi ptbUmlAan da Hhêologia^^poli"

f . ^micker {SPht. crit, phifos., t. PT, part. 2, p. •»>») et Rnmftaa {BièUoth. catal, crit., p. 1029) attribuent cette traduction à Lucas, médecin de la Haye, ' anu^eSpinoca et son biograf^ie» Toyez sur ae poîni B^^la, Lettres^ XXYU" lettre, ' p. n 9; et fdg Nowelleê liUéraireSy t. X. part. 1^ p. 60. |

2. Nicéron {Mémoires pour servir à l'hiaU, «to., t» XUI, p. 46 siyi*) et Des Maiseaux (Notes sur les lettres de Bayle. Toir Bayle, QBuvres diverses j 1 731 , t. IV, ^ lettre XXXIII) prouvent fort bien que la triaduction dont il s'agit est du sieuv da Saint-Ghiin, Angevin, auteur de la Gazette d'Amsierdamj qui abandonna le calvinisme pour se foire Tami et le diasipie de Sfâaâsa. — Voyez Paolus, t. I, p. 13 sqq., et Th. dé Murr, 1. 1.

lécMS 'éigoàiÊL Splooii de plus riea donner an pablie. Ce M Itat donc qa*à tt mort foe parurent l' J^dUçuf, le TraiU de la Béforme de PEtH tmdetmm^ le Traité ffeiUique, les Lettres et la Mammaire kibratqm,

U fwaSI (HM SpinaniHFaM d'abord éeriU* Ethique m haUsodais; U k «rit eneoile en latin, prebaUemenit-à TépoqM où il veolut la donner an pnbiic ^ ; mate 11 renonça Mentèt à <» dvaKin *, et Tonvrafe se pnrat ipi'eii 1*€77 , qnelqves aaols aprèi sa mort, par les tofais de limprinwar Bleaworta, dT Amyterdai , A (foi Spinesa ût remettre en monrant le p«* pitre fsl -oMitenait eee papier^, S««k amis de rillastre autri^ IÀoHm Ueymr «t larig iettis , evnreHlèrent la pcdïlication de set éoriti pot* tbamet ; JanigdelUs en composa laprélkce, qne Meyer mit en latine L'envTè^ portait «e tttve : B. ^ S, Opéra p^tthunut, quorum eeries p%m prœfationem ««M^etar; l'677, imis autre indication. Ces Oipera paa^ tàatnm «ont : riMHos, le Tmtftatm poUtêoiu , le Tractatus de emenia* tione inteHeCêim, <^miÊ^ de Compewiiium grammatices Hnguee keèreœ, onvrage de pen dl'lHlôrlt , mêaM , à ea ipi'll parait , ponr lee héliTBïsagto.

il est imporlanf ift «n mène temps diffleHe de fixer la date précise de la compoavlikin de VBthica. t^n.poiwf certain, c'est qn'en 1675, reuvrago éUnt entièrement terminé, puisque, dans une lettre à Oidenboarg(d<i Sjnllkit 1 67^), Spinoza hiimar(pie l'intention où il est de publier on Tractatum qmnque-^^artititm ', qui ne pent être cflie VEtbica^, et nous voyons par irae autre lettre, à Oldenbourg'', que Spinoia se rendit à Amsterdam"* (ie 23 ^Mm m h) tout ««.près pour y foire imprimer son livre. On trouvera dans eette derslère lettre les raisons qui le détournèrent de ce deasete. Déjàil fi'éiaH opposé de toutes ses forces* à ce qu'on publiât me traduction en hollandais ^o Theiriogico^politicui, Ce n'est pas que Spifioxa f&t tnâiflérent à la gloire, mais H metftait deux choses au-dessus d'^e, la ltt>erté et le repos. On sait quelle était sa devise : Caute, et il 7 fat tenjoers^dèle, non sans doute dans la spéculation, mais dans la vie^o.

Un second point incontestable, c'est qu'avant 1675, Spinoza avait communiqué VÉthique , en tout ou en partie, à plusieurs de ses amis, à Oldenburg", à Simon de Vries^*, à Louis Meyer ^^^ à d'autres encore.

i . Vey, 0pp. pasth,^ «pbt. XVitt, — Coiap., #td. Epwt , XLYIL t. Toyei (^p. pwtiL, Epiet. SIX; Lettre TI denotra traduoUon.

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