Voyex les Notes marginales de Spinoza, note
th£olo6igo-poutiqub. ns
inion différente^ le même récit qui se trouve déjà itre zxiv. Mais il est inutile d'insister davantage, mieux passer immédiatement à l'examen de la gie de TÉcriture.
ipitre VI du livre I des Bois, il est dit que Salomon temple l'an 480 de la sortie d'Egypte ; mais si isnltons rhistoire,,nous trouverons un intervalle s beaucoup plus étendu. En effet :
)nvema le peuple dans le désert
Dt 40 années.
ni vécut cent dix ans, n'eut le corasment, d'après Josèphe et d'autres
;ens, que durant 26 —
ishagataîm tint le peuple sous son
fils de Renaz, fut juge* pendant. . 40 —
roi de Moab 18 —
amgar furent juges pendant. ... 80 — *oi de Ghanaan, tint le peuple sous
Dg 20 —
le, après un repos de 40 —
!)a en servitude, sous la domina-
i Midian, durant 7 —
la liberté au temps de Gidéhon. . 40 —
t soumis par Abimelech 3 —
i de Pua, fut juge durant. .... 23 ~
rant 22 —
e tomba de nouveau sous la domides Pbilistins et des Hamonites
it juge durant 6 —
5 Betléhémite 7 --
Sebulonile iO —
le Pirhatonite. ^ .8 —
les Notes marginales de Spinoza j note 17.
174 TEAlïf
Le peuple tomba sous le joug des Piiilis
tins 40 ann^^^5'
Samson fut juge ' 20 —
HéU 40 —
Le peuple, soumis encore une fois par les Philistins, ne fut délivré par Shamuel
qu'après un intervalle de 20 —
David régna 40 —
Salomon, avant de bâtir le temple, régna. 4 —
Toutes ces années réunies compo- ^
sent une somme de 580 anné^^^-
Or, il faut encore ajouter les années qui suivirent ^* mort de Josué, pendant lesquelles la natiou hébraiq ^^^^ «e maintint en grande prospérité, jusqu'au moment ^^ Kusan Risbgataïm la. réduisit en servitude. Et ce*^*^ période prospère a dû être d'assez longue durée ; car ^ est diflScile de croire qu'aussitôt après la mort de Josu *^* tous ceux qui avaient été témoins de ces ^roàigieis:^^^^ exploits aient péri en un seul moment, et que leurs de ^^' cendants, abolissant incontinent les lois, soient tomb^^^* d'un seul coup au dernier degré de la lâcheté et de l'i^ famie ; il n'est pas vraisemblable enfin que Kusan Risl ^ laïm n'ait eu qu'à vouloir les. soumettre pour en veu *" ^^ aussitôt à bout. Chacun de ees événements exigea presque un siècle entiei-, il ne faut donc pas douter qc::=^^^| l'Écriture n'embrasse dans les versets 7, 9 et iO du ïiy des Juges un grand nombre d'années dont l'histoire pa5i»c»c sous silence. A ces années omises il faut joind ^^ celles où Shamuel fut juge des Hébreux, et dont l'Éci^^^' ture ne marque pas le nombre. Ce n'est pas tout : on dc:::^^* y ajouter encore les années du règne de Saùl, que j*^^^ . omises à dessein dans la table précédente, parce q ^^»^^ l'histoire de Saiil ne fait point connaître assez clairem^^»^ M durée précise de son règne. Il est dit, à la yémtëf
»}, Voyez les Notes marginales de Spinoza, note 18.
THiOLOGIOO-rOLITIQUE. 175
chapitre xiii du livre 1 (vers. 1) deShamuelj que Saûl régna ^ux ans ; mais ce texte est évidemment tronqué, et il xésulte de Tliistoire de ce roi qu'il a régné beaucoup plus longtemps. Pour s'assurer que le texte est tronqué effec- ■livement, il suffit de ne pas ignorer les premiei*s rudiments de la langue hébraïque. Voici en effet les paroles <3e l'Écriture : Saàl était âgé de,.. y quand il commença de régner^ et il régna deux ans sur Israël, Qui ne voit que i l'âge de Saiil commençant son règne est omis dans ce passage ? Reste donc à prouver seulement, par Thistoire de SaiU, qu'il a régné plus de deux ans. Or, il est dit au chapitre xxvii du même livre (vers. 7) que David demeura ^ni an et quatre mois parmi les Philistins, chez qui il s'était ''éfngié pour se mettre a l'abri de la colère de Saiil. Il foodrait donc que le reste du règne de Saiil n'eût duré îue huit mois, ce qui est absurde et hors de toute vrai- ^^oablance, du moins d'après Josèphe, qui, dans ses '^tifuités (à la fm du livre VI), corrige ainsi le texte de **J6criture : Saûl régna dix-huit ans du vivant deShamuelet ^^ux am après sa mort. Ajoutez à cela que cette histoire du chapitre xiu n'a aucun rapport à ce qui précède. Sur ** findu chapitre vu, il est dit que les Philistins furent dé- ^ts par les Hébreux, de sorte qu'ils n'osèrent plus les attaquer tant que vécut Shamuel; et dans le xiii«, que *•• Hébreux furent tellement pressés par les Phihstins iShamuel vivant encore) et réduits aune telle extrémité %^'ils n'avaient plus d'armes pour se défendre, ni aucun **^yea d'en fabriquer. On voit que ce ne serait pas une ^^treprise facile que dei conciUer tous les récits histori- ^ea du premier livre de Shamuel, et de les ajuster si '^U l'un à l'autre qu'il semblât qu'une seule main les ^'ûrt tracés et mis en ordre. Mais je reviens à mon sujet, ' ^♦ie conclus qu'il faut ajouter à notre compte les années ^ règne de Saiil. On peut remarquer que je n'ai pas ^^^ctipté non plus les années de l'anarchie des Hébreux ; *^^«* que l'Écriture n'en marque pas le nombre. Or, il **i impossible, je le répète, de fixer la durée des événe-
ments qui sont racontés dans le livre des Juges à partir du chapitre xvii jusqu'à la fin. Tout cela prouve donc bien que les récits historiques de la Bible ne sont pas réglés par une exacte chronologie et que, bien loin de s'accorder entre eux, ils contiennent souvent des choses trèsdiverses. D'où il faut conclure que ces récits ont été em» pruntés à des sources différentes, et enregistrés saii& critique et sans ordre.
11 n'y a pas moins de désaccord dans la supputatiom des années entre les Chroniques des rois d'Israël et ceUea des rois de Juda. Ainsi, il est dit aux Chroniques des rcws d'Israël (voyez Rois^ iiv. II, chap. i, vers. 17) que Jehorank , fils d'Aghab, commença de ré^er la seconde année d^m règne de Jehoram, fils de Jehosaphat; et dans les GhrcB niques des rois de Juda (voyez ibid.^ chap. vin, vers. IG que Jehoram, fils de Jehosaphat, commença de régner ■ cinquième année durègnede Jehoram, fils d'AghabrQi= Ton compare les Paratipomènes avec les Rois, on trouver une foule de discordances semblables, et il n'est poim: nécessaire d'en faire ici le dénombrement, et moins enco"^-* de discuter les suppositions fantastiques des commentfl teurs qui ont voulu résoudre toutes ces contradictioïKi Sur ce point, les rabbins tombent dans un vrai délicsa D'autres interprètes, que j'ai également lus, ne paraE^ sent pas dans leur bon sens, tant ils corrompent le te]^B par les inventions les plus chimériques. Par exemple, ^ trouve, au livre II des Paralipomènes, qu'Aghasia éts*« âgé de quarante-deux ans quand il commença de régns^ Or voici les commentateurs qui- imaginent de compta ces années, non point à partir de la naissance d'AghasS: mais depuis le règne d'Homri. Il faudrait donc, pour attr-^ buer une telle pensée à l'auteur des ParalipomèneSy svê^^ poser qu'il ne savait point dire ce qu'il avait l'intention dire. Je pourrais citerbeaucoup d'autres imaginations cette espèce, qui n'iraient à rien moins, si elles étaic^^ vraies, qu'à faire croire que les Hébreux ignoraient les^^' propre langue, que l'ordre des événements était po^ ^
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ÔU.3 une chose inconnue , par conséquent qu'il n'y a aucune règle, aucune méthode pour interpréter l'Écriture et qu'on y peut voir tout ce qu'on voudra.
Ouélqu'un dira peut-être que je raisonne ici d'une maï^ère trop générale et que mes preuves ne sont pas suffisantes; ma réponse, c'est que je prie qu'on veuille bien naarguer un ordre déterminé dans les récits historiques 4e rÉcriture , de telle façon qu'on y puisse établir une exacte chronologie; je prie aussi qu'en interprétant les ^moignages de l'historien et les mettant d'accord les uns avecles autres, on n'altère en rien les phrases et les tours ioiit il s'est servi, ainsi que la disposition et la contex- ^Ore de ses récits, tout cela avec une si grande fidélité que '*oii puisse prendre pour règle , en écrivant soi-même des Pltrases hébraïques, la manière d'expliquer celles de l'Écrî- ^re * ; que si quelqu'un parvient à satisfaire à toutes ces conditions, je déclare que j'en passerai par tout ce qu'il ^^oudra, et le regarderai comme un oracle. Pour ma part^ J'ai cherché longtemps à réaliser le plan que je viens de ^ï'acer; mais j'avoue qu'il m'a été impossible d'y réussir. J'ajoute qu'il n'y a pas une seule de mes opinions sur l'Écriture qui ne soit le fruit d'une longue méditation ; ^t tien que, dès mon enfance , j'aie été habitué aux senti- I0.ents ordinaires qu'on a sur les livres saints, je n'ai pu 'ïi^'cmpêcher d'être conduit à ceux que je professe actuellement. Mais il est inutile d'arrêter le lecteur sur de pareils détails et de l'exciter à entreprendre une œuvre impos- 8îl>le; j'ai voulu seulement expliquer plus clairement mon Opinion en mettant la difficulté dans tout sonjour. Je vais doue poursuivre l'examen que j'ai commencé de la dèsfiixéedes Uvresde l'Écriture.
Bfaut observer, en premier lieu, que les dépositaires ie ces livres ne les ont pas gardés avec un tel soin qu'il ''^e s'y soit glissé aucune faute. Car les plus anciens d'entre les scribes y ont remarqué plusieurs leçons douteuses, et