Par droit naturel j'entends donc les lois mômes de
la nature ou les règles selon lesquelles se font toutcra^^j choses, en d'autres termes, la puissance de la nature elle — - — môme; d'où il résulte que le droit de toute la nature e*^-,at partant le droit de chaque individu s'étend jusqu'où s'é- ^^s-
tend sa puissance ; et par conséquent tout ce que chaqu àt
homme fait d'après les lois de la nature , il le fait d" n
droit suprême de la nature ,' et autant il a de pniafianp.< >,
autant il a de droit.
5. Si donc la nature humaine était ainsi constituée gi j^ les hommes vécussent selon les seules prescriptions de ^a raison et ne fissent aucun effort pour aller au delà, al(^ ts le droit naturel , en tant qu'on le considère comme ^^se rapportant proprement au genre humain, serait dét^^rminé par la seule puissance de la raison. Mais les homnM. <s sont moins conduits par la raison que par l'aveugle ^B-ésir^et en conséquence la puissance naturelle des homm^^s, ou , ce qui est la même chose , leur droit naturel, ^e doit pas être défini par la raison, mais par tout app«^tit quelconque qui les détermine à agir et à faire effort pocr se conserver. J'en conviens, au surplus : ces désirs qui ne tirent pas leur origine de la raison sont moins des actions de l'homme que des passions. Mais^ comme 'ûs*afft
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ici de la puissance universelle on, en d'antres termes, du droit universel de la nature , nous ne pouvons présent tement reconnaître aucune différence entre les désirs qui proviennent de la raison et ceux qui sont engendrés en ûous par d'autres causes, ceux-ci comme ceux-là étant des effets de la nature et des développements de cette énergie naturelle en vertu de laquelle Thomme fait effort pour persévérer dans son être. L'homme, en effet, sage ou ignorant, est une partie de la nature , et tout ce 9ù détermine chaque homme à agir doit être rapporté à 'a puissance de la nature , en tant que cette puissance peut être définie parla nature de tel ou tel individu ; car, 9Q'il obéisse à la raison ou à la seule passion , Thomme ^e fait rien que selon les lois et les règles de la nature, ^*^st-à-dire (par l'article 4 du présent chapitre) selon le ^'^tAt naturel,
6. Mais la plupart des philosophes s'imaginent que les ^RHorants, loin de suivre Tordre de la nature, le violent ^U contraire, et ils conçoivent les hommes dans la nature pOmme un État dans l'État. A les en croire, en effet, j|^ ^*^me humaine n'est pas produite par des causes nata^^W- ^Bes, mais elle est créée immédiatement par Dieu ^^ns un tel état d'indépendance par rapport au reste des ^^oses qu'elle a un pouvoir absolu de se déterminer et ^^nser parfaitement de la raison. Or l'expérience montre ^lirabcmdamment qu'il n'est pas plus en notre pouvoir ^e posséder une âme saine qu'un corps sain. De plus, ^taque être faisant effort, autant qu'il est en lui, pour ^^nserver son être , il n'est point douteux que, s'il dél^endait aussi bien de nous de vivre selon les préceptes ^e la raison que d'être conduits par l'aveugle désir, tous ie» hommes se confieraient à Ta raison et régleraient sage- ^^ent leur vie, et c'est ce qui n'arrive pas. Car chacun a son X^laisir particulier qui l'entraîne, trahit sua quemque vattiptas * ; et les théologiens n'ôtent pas cette difficulté en