Virgile, Égloguet, ii
358 Tkànt nLmoDB.
sontenanti^Mta'caiise de cette impuissance de rhomtne, e'est an vioe ou tm péché de la natcrre liumaine, lequd a son orifçine dans la chute de notre premier 'père. •Cmr supposez que le premier homme ait eu égaAenmevt te pouvoir de se maintenir ou de tomber, donnez -loi ime àme maltresse d'elle-même ett dans un éttft parfoit d'intégrité, commentée fait- il qu'étant plein de scienee et de prudence il soit tombé T c'est, àirez-vours, qu* a été trompé par le diable. Mais Je diable lui-même^ «pâ doiro l'a trompé ? qui a ^it<de lui, c'estrà-dire de la^praunàre de toutes les créatures intelligentes , un être waea insensé pour vouloir s'élever au-dessus de 'Dieu î >Stt p»session d'une ème saine, ne faisait-il pas naturdkment effoi-t, autant qu'il était en lui, pour mainftennr «on étal el conserver son être ? £t puis le premier hommie ihnmême, comment se fait-il qu'étant maître dasonîème^t^ de sa volonté il ait été séduit et se eût kdsBé '.prenAr^ss dans le fond même de son àme T SU a eu te pooiroir i bien. user de sa raison ,. il n- a pu être trompé., il a fa ■^nécessairement efifort, autant qu'^l était en lui, -pour \ ^.«•rver son être et maintenir son àme saine. Or, supposez qu'il a eu ce pouvoir.; il a donc nécessaires conservé son àme saine ek n'a pu être trompé, ne est démenti par sa propre histoire. Donc il faut qu'il n'a pas été an pouvoir du premier hoorane d^us^^r delà droite raison, et qu'il a été, commenons, aiqet «ib:3 passions.
, 7. Que l'homme, ainsi que tous les autres indynda^u / de la nature, fasse effort autant qu'il est en lui poRtroaaEB* server son être, c'est ce que personne ne peut nier» *& ^^ y avait ici, en effet, quelque différence entre les êiffe6^él.BB ne pourrait venir que d'une cause, c'est que l'iiounjffl aurait une volonté libre. Or, plus vous concevrez l'IiomcvBe comme libre, plus vous serez forcé de reconnaître qo^Til doit nécessairement se conserver et être maître de «on àme, conséquence que chacun m'accordera aisément, pour^ni qu'il ne confonde pas la liberté avec la contin-
TBAfTi Founoni. 3N
^enee. La liberté, en effet, e'est la verta on In perfection.
Bone iovl ce qni accuse l'homme d'impuissnnee ne peut
Atce vapperté à sa liberté. C'est pourquoi on ne pourrait
pas dke que l'homme est libre en tant qu'il peut ne pas
«dster ou en tant qu'il peut ne pas user de sa raison;
iKLesi libre, c'est en tant qu'il peut exister et agir selon
les lois de la nature humaine. Plus donc nous considé*
mm 1/hiHnme comme libre, moins il nous est permis de
tire qa'il peut ne pas user de sa raison et choisir le mal
ie préférence au bien ; et par conséquent Dieu , qui
easte d'une manière absolument libre, pense et agit
Bécesaairemeni de la même manière, je veux dire qu'il
«lisie» pense et agit par la nécessité de sa nature. Car il
Q^est pas douteux que Dieu n'agisse comme il existe,
tn«c k même- liberté, et puisqu'il existe par la nécessité
de sa nature, e'est aussi par la nécessité de sa nature
9u'il agit, c'est-à-4ire librement.
& Nous concluons donc qu'il n'est pas au pouvoir de ^oot homme d'user toujours de la droite raison et de ^élever au faite de la liberté humaine, que tout homme ^pendant fait toujours effort, autant qu'il est en lut, P^ir conserver son être, enfin que tout ce qu'il tente de ^ite et tout ce qu'il fait (son droit n'ayant d'autre me- ^te que sa puissance), il le tente et le fait, sage an ^BUorant, en vertu du droit suprême de la nature. Il ^ûît de Ut que le droit naturel, sous l'empire duquel *Que les hommes naissent et vivent, ne défend rien que ^ que personne ne désire ou ne peut faire; il nere- IKiusse donc ni les contentions, ni les haines, ni la ^lAèrc» ni les ruses, ni rien enfin de ce que l'appétit l^^nt conseiller. Et cela n'a rien de surprenant ; car la I Nature n'est pas renfermée dans les lois de la raison hu- ^^ne, lesquelles n'ont rapport qu'à l'utilité vraie et à la <^OMervalion des hommes; mais elle embrasse une infi. tiiiè d'autres lois qui regardent l'ordre éternel de la ïiatare entière, dont l'homme n'est qu'une parcelle, ^^»^re nécessaire par qui seul tous les individus sont
TRÂirf founûOE*
déterminés à exister et à agir d'une manière donnée.
9. n suit encore de là que tout homme appartient de droit à autrui aussi longtemps qu'il tombe sous son pouvoir, et qu'il s'appartient à lui-même dans la mesure où il peut repousser toute violence , réparer à son gré le dommage qui lui a été causé, en un mot» vivre absolument comme il lui plaît.
10. Je dis qu'un homme en a un autre sous son pouvoir, quand il le tient enchaîné, ou quand il lui a ôté ses armes et les moyens de se défendre ou de s'évader, ou encore quand il le maîtrise par la crainte, ou enfin quand il se l'est tellement attaché par ses bienfaits que celui-ci veut obéir aux volontés de son bienfaiteur d^^ préférence aux siennes propres et vivre â son gré plutô^^ qu'au sien. Dans le premier cas et dans le second, ocna lient le corps, mais point l'àme ; dans les deux autres, a^^a contraire, on tient l'àme aussi bien que le corps, ma&^s seulement tant que dure la crainte ou l'espérance ; ca^Mr, ces sentiments disparus, l'esclave redevient sou maltre«
11. La faculté qu'a l'âme de porter des jugemenr~Vs peut aussi tomber sous le droit d'autrui, en tant qu'c^wi homme peut être trompé par un autre honmie. D'c^à il suit que l'âme n'est entièrement sa maltresse qmjJie lorsqu'elle est capable d'user de la droite raison. Uy^ a plus, comme la puissance humaine ne doit pas tc^-^it ^e mesurer à la vigueur du corps qu'à la force de l'âuK^^» il en résulte que ceux-là s'appartiennent le plus à em^^^' mêmes qui possèdent au plus haut degré la raison ^t sont le plus conduits par elle. Et par conséquent je c^is ^e l'homme est parfaitement libre en tant qu'il ^^ ^ionduit par la raison ; car alors il est déterminé à a^^ en vertu de causes qui s'expliquent d'une façon a(B- ^" quate par sa seule nature, bien que d'ailleurs ces cau9 ^ le déterminent nécessairement. La liberté, en eff^'^i (comme je l'ai montré à l'article 7 du présent chapitrai la liberté n'ôte pas la nécessité d'agir, elle la pose.