I. Rois, II, ch. XV., s'\q
«. Voyex Tacite, Iiùloire8,\vïte\.
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excès de confiance, d'où il faut bien conclure qu'ils ont besoin, pour se sauver, non pas d'être fidèles, mais d'être habiles. Mais si les conseillers sont tellement nombreux ^'ils ne puissent pas se mettre d'accord pour un même crime, si d'ailleurs ils sont tous égaux et ne gardent pas leurs fonctions plus de quatre ans, ils ne peuvent plus être dangereux pour le Roi, à moins qu'il ne veuille attenter à leur liberté et qu'il n'offense par là tous les citoyens. Car, comme le remarque foii bien Perezius ', l'usage du pouvoir absolu est fort périlleux au prince, fort odieux aux sujets, et contraire à toutes les institutions divines et humaines, comme le prouvent d'innombrables exemples.
45. Outre les principes qui viennent d'être établis, j'ai indiqué dans le chapitre précédent plusieurs autres conditions fondamentales d'où résulte pour le Roi la sécurité dans le pouvoir et pour les citoyens la sécurité dans la paix et dans la liberté. Je développerai ces conditions au lieu convenable; mais j'ai voulu d'abord exposer tout ce qui se rapporte au Conseil suprême comme étant d'une importance supérieure. Je vais maintenant reprendre les choses dans l'ordre déjà tracé.
16. Que les citoyens soient d'autant plus puissants et par conséquent d'autant plus leurs maîtres qu'ils ont de plus grandes villes et mieux fortifiées, c'est ce qui ne peut faire l'objet d'un doute. À mesure, en effet , que le Ueu de leur résidence est plus sûr, ils peuvent mieux protéger leur liberté, et avoir moins à redouter l'ennemi du dehors ou celui du dedans ; et il est certain que les hommes veillent naturellement à leur sécurité avec d'autant plus de soin qu'ils sont plus puissants par leurs richesses. Quant aux villes qui ont besoin, pour 6e conserver, de la puissance d'autrui, elles n'ont pas un droit égal à celui de l'autorité qui les protège ; mais en iasalL qu'elles ont besoin de la puissance d'a\x\t\À> ^^^\.^\s^ù^^^
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SOUS le droit d'autnii ; car le droit se mesure par la pubsance, comme il a été expliqué au chapitre il.
il. C'est aussi pour cette raison, je veux dire afin que les citoyens restem leurs maîtres et protègent leur liberté, qu'il faut exclure de l'armée tout soldat étranger. Et, en effet, un homme armé est [tlus son maître qu'ao homme sans armes (royez l'article 12 du présetrt chapitre); et c'est transférer absolumefnt son droit à un homme et s'abandonner tout entier à sa bonne foi que de lui donner des armes et de lui cotificr li«s forlificatioitt des villes. Ajoutez à cela la puissance de l'avarice, principal mobile de la plupart des hommes. Il pst impossible, en effet, d'engager des troupes étrangères sans de grandes dépenses , et les citoyens supportent impatiemment les impôts exigés pour entretenir une milice oisive. Ert-II besoin maintenant de démontrer que tout citoyen qiii commande l'armée entière oti une grande partie de l'armc'c ne doit être élu que pour un an, sauf lo cas de nécessité ? C'est là un principe certain pour quiconque a lu lliistoiro, tant profane que sacrée. Rien aussi do plus clair en soi. Car évidemment la force de Tempiro c?t confiée sans réserve à celui à qui on donne assez de temps pour conquérir la gloire militaire et élever .«on nom au-dessus du nom du Roi , pour attacher l'armie à sa personne par des complaisances , des libéralités et autres artifices dont on a coutume de se servir pour l'asservissement des autres et sa propre domination. Enfin pour compléter la sécurité de tout l'empire, j'ai ajouté cette condition, que les chefs (!(• TarmiM» doivent être choisis parmi les conseilleurs du Roi, ou parmi ceux qui ont rempli antérieurement cette fonction , c'est-àdire parmi des citoyens parvenus à un âge où K'î hommes aiment généralement mieux les choses anciennes (^t sûres (\ue \t*.?» xvow^^Vles et les périlleuses.
18. J'ai dit que les evlo^^xv^ ^çà.n^\\\ ^V\^. ^viN:\\s5îjié< entre eux par îamïïVcs» e\. ç\\5:\\ IvixiX vi\v\^ ^^^^ vs.x^^^m un nombre égal de eou^vAW^v^ ^ ^^ ^^^^^ .>^^V^>^
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grandes villes aient plus de conseillers, à proportion de la quantité de leurs habitants, et qu'elles puissent» comme il est juste, apporter plus de suffrages. En effet, la puissance de l'État et par conséquent son droit se mesarent sur le nombre des citoyens. Et je no vois pas de moyen plus convenable de conserver l'égalité ; car tons les hommes sont ainsi faits que chacun ciime k être rattaché & sa famille et distingué des autres par sa race. 19. Dans l'état de nature , il n'y a rien que chacun puisée moins revendiquer pour soi et faire sien que le sol et tout ce qui adhère tellement au sol qu'on ne peut ni le cacher, ni le transporter. Le sol donc et ce qui tient an sol appartient essentiellement à la commusanté, c'est-à-dire à tous ceux qui ont uni leurs forces , on à celui à qui tous ont donné la puissance de revcncBqner leurs droits. D'où il suit que la valeur du sol et de tout ce qui tient au sol doit se mesurer pour les citoyens sur la nécessité où ils sont d'avoir une résidence fixe et de défendre leur droit commun et leur liberté. Au surplus, nous avons montré à l'article 8 de ce dmpitre les avantages, que l'État doit retirer de notre système de propriété.
SO. Il est nécessaire, pour que les citoyens soient égaux autant que possible, et c'est là un des premiers liesoins de l'État, que nuls ne soient considérés comme nobles que les enfants du Roi ; mais si tous ces enfants étaient autorisés à se marier et à devenir pères de famille, le nombre des nobles prendrait peu à peu de grands accroissements, et non-seulement ils seraient un fardeau pour le Roi et pour les citoyens, mais ils deviendraient extrêmement redoutables. Car les hommes qui vivent dans l'oisiveté pensent généralement au mal. Et c'est pourquoi les nobles sont très^souvent cause que les Mis inclinent à la guerre, le repos et la &^^vvt\V^ ^m<^v ^ parmi un grand nombre de nobles ètaivl mv«v«L ^"wx»^^ !" pendant la guerre que pendant la pa\x. ^a\«» V^- ^^^s»^^ ^^^ CM ces détails, comme assez eonuiis, àe mètiv^ ^^S^^ ^^
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que j'ai dit dans le précédent chapitre depuis l'article iS jusqu'à Tarticle 27 ; car les points principaux traités dans ces articles sont démontrés , et le reste est éTident de soi.
21. Que les juges doivent être assez nombreux pour que la plus grande partie d'entre eux ne puisse être co^ rompue par les présents d'un particulier, que leur vote se fasse, non pas d'une manière ostensible, mais secrètement, enfin qu'ils aient un droit de vacation, voilà encore des principes sufiSsamment connus. L'usage universel est que les juges reçoivent des émoluments annuels; d'où il arrive qu'ils ne se hâtent pas de terminer les procès, de sorte que les différends n'ont pas de fin. Dans les pays où la confiscation des biens se fait au profit do Roi, il arrive souvent que dans Vimtruclion des affairt^ ce n'est pas le droit et la vérité que Von considère, mcisk grandeur des richesses; de toutes parts des délations et ks citoyens les plus riches saisis comme une proie : abus pesants et intolérables, excusés par la nécessité de la guerre^ mais qui sont maintenus pendant la paix. Du moins, quand les juges sont institués pour deux oi\ trois ans au plus, leur avarice est modérée par la crainte de leurs successeurs. Et je n'insiste pas sur cette autre condition que les juges ne peuvent avoir aucuns biens fixes, mais qu'ils doivent prêter leurs fonds à leurs concitoyens, pour en tirer un bénéfice, d'où résulte pour eux la nécessité de veiller aux intérêts de leurs justiciables et de ne leur faire aucun tort, ce qui arrivera plus sûrement quand le [nombre des juges sera très-grand.
22. Nous avons dit que l'armée ne doit avoir aucune solde. En effet, la première récompense de l'armée, c'esl la liberté. Dans l'état de nature, c'est uniquement en vue de la liberté que chacun s'efforce autant qu'il le peut d*" so défendre soi-même, et il n'attend pas d'autre récompense de sa vertu ^xx^m^^^ o^^ V^^^wtaç^c d'être son maître. Or tous \es dto^^xv^ ^\\^^\s^^^ ^"^w^ \si\s^.>îi' ^ société sont comme VV^omm^ ^^^^^^^^^^ ^^^^'^^^^^^-^^^
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sorte qu'en portant les armes pour maintenir la société, c'est pour eux-mêmes qu'ils travaillent et pour l'intérêt particulier de chacun. Au contraire, les conseillers, les juges, les préteurs, s'occupent des autres plus que d'euxmêmes, et c'est pourquoi il est équitable de leur donner un droit de vacation. Ajoutez à cette différence que dans la guerre il ne peut y avoir de plus puissant et de plus glorieux aiguillon de victoire que l'image de la liberté.
• Que sî l'on repousse cette organisation de l'armée pour la recruter dans une classe particulière de citoyens, il est nécesyiire alors de leur allouer une solde. Une autre conséquence inévitable, c'est que le Roi placera les citoyens qui portent les armes fort au-dessus de tous les autres (comme nous l'avons montré à l'article 12 du présent chapitre), d'où il résulte que vous donnez le premier rang dans l'État à des hommes qui ne savent autre chose que la guerre, qui pendant la paix tombent dans la débauche par oisiveté, et qui enfin, à cause du mauvais état de leurs affaires domestiques, ne méditent rien que guerre, rapines et discordes civiles. Nous pouvons donc afiSrmer qu'un gouvernement monarchique ainsi institué est en réalité un état de guerre, où l'armée seule est libre et tout le reste esclave.