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nom de divine, c'est la nature même du soureraln bien, que je vais expliquer ici en peu de mots et le plus ohira* ment qu'il me sera possible.
La meilleure partie de nous-mêmes, c'est l'entende* ment. Si donc nous voulons ebercber ce qui nous est vé* ritablcment utile, nous devons nous efiforeer de donner à notre entendement toute la perfection possible, puisque notre souverain bien consiste en cette perfection même. Or, comme toute la connaissance bumaine et toute eer* titude parfaite dépendent exclusivement dé laooûnait* sance de Dieu, soit parce que sans Dieu rien ne peit exister ni être conçu \ soit parce qu'on peut douter di toutes cbosos tant qu'on n'a pas une idée claire et di^ tincte de Dieu % il s'ensuit clairement que c'est i li connaissance de Dieu, et à elle seule, que notre sotiYs* rain bien et toute perfection sont attacbés. De plus, ries ne pouvant être ni être conçu sans Dieu, il est certain qdê tout ce qui est ddns la nature, considéré dans son esienee et dans sa porfoction, enveloppe ^et exprime le concept de Pieu; d'où il résulte qu'à mesure que nous connais son/ davantage les choses naturelles*, nous acqnérofll dc' Dieu une connaissance plus grande et plus parfaite; en d'autre termes (puisque connaître l'effet par sacaaK, ce n'est autre chose que connaître une des propriétés de cette cause), à mesure que nous connaissons davanta^ les choses naturelles, nous connaissons d'une façon phi parfaite l'essence de Dieu, laquelle est cause de tout le reste. Et, par conséquent, toute la connaissance humsine, c'est-à-dire le souverain bien de l'homme, non-seniement dépend de la connaissance de Dieu, mais y eet cofl" tenu tout entier. Cette conséquence, du reste, peut aoii être déduite d*un autre principe^ savoir : que la perfèelioi de l'homme croit en raison de la nature et de la perf^
i, Toj-ex Éthique, part, l , Propos. 15. f. Voyez De intell . fwend ^ v^&s&vm.
3, Voyci Éthique , pari . Tb , Ttv ç^*. 14 «\ vak«.
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n de l'objet qu'il cûme par-dosaus tous les autres, et nproqoement. D'où il suit que eclui-lù est nécesftairemt le plus parfait et participe le plus complètement à aonveraine béafitnde, qui aime par-dessus toutes oses la connaissance intellectuelle de l'être le plus rfait, savoir, Dieu, et s'y complaît de préférence à it le reste. Voilà donc notre souverain bien, voilà le id de notre béatitude : la connaissance et l'amour de BU. Ce principe une fois posé, tous les moyens nécos- Ires pour atteindre la fin suprême des action humaines, veux dire Dieu, eu tant que nous en avons l'idée, U¥ent très-bien s'appeler des commandements de Dieu, lisque l'emploi de ces moyens nous est en quelque sorte escrit par Dieu même, en tant qu'il existe dans notre le; et par conséquent la règle de conduite qui se rapfte à cette fin. peut ai^ssi très*bien recevoir le nom de i di%iflc. Maintenant , quels sont ces moyens 7 quelle t la règle de conduite qui nous est imposée pour atodre à cette fin? comment l'État y trouvc-t-il son plus lide fondement ? c^ sont là des questions qui embrassent morale tout entière. Or je ne veux traiter ici de la loi riae que d'une manière générale. Puisqu'il est établi maintenant que l'amour de Dieu it la suprême félicité de l'homme et sa béatitude *, qu'il t la fin dernière et le terme de toutes les actions huaines on doit conclure que celui-là seul observe la loi vise, qui prend soin d'aimer Dieu, non par crainte du Atiment ou par amour d'un autre objet, comme la gloire 1 les plaisirs célestes, mais par cela seul qu'il connaît '\e% ou encore parée qu'il sait que la connaissance et iQiov de Dieu sont le souverain bien, ka loi divine est me trat entière dans ce précepte suprême : Aiment Dieu ftnmie votre souverain bien ; ce qui veut dire, je le ^pète, qu'il ne faut point aimer Dieu par crainte du chftment, ni par amour pour un autre objet ; car l'idée de
t. Yoyex Élkéftié, pâli, 8, Fropo», H eiwaa Suholit.
Dieu nous enseigne que Dieu est notre souverain bien que la connaissance et Tampur de Dieu sont la fin der nière où il faut diriger tous nos actes. C'est là ce qui l'homme charnel ne peut comprendre ; ces précepte lui semblent choses vaines, parce qu'il n'a de Dieu qn'un< connaissance imparfaite, parce qull ne trouve dans m bien suprême qu'on lui propose rien de palpable, riei d'agréable aux sens, rien qui flatte la chair, source di ses plus vives jouissances^ parce qu'enfin ce bien ne consiste que dans la pensée et dans le pur entendement Mais pour ceux qui sont capables de comprendre qaH n'y a rien dans l'homme de supérieur à l'entendemeiii ni de plus parfait qu'une âme saine, je ne doute pas qu'ils n'en jugent tout autrement.
Nous avons expliqué ce qui constitue proprement]! loi divine. Toutes les lois qui poursuivent un autre olijM sont des lois humaines : à moins toutefois qu'elles ne soient consacrées parla révélation; car sous ce point de vue, comme nous l'avons montré plus haut, elles se npportent à Dieu ; et c'est dans ce sens que la loi de Moïse, tout en étant une loi particulière appropriée au géme particulier et à la conservation d'un seul peuple, peit être appelée Loi de Dieu ou loi divine. Nous croyons efi effet que cette loi a reçu la consécration de la lumièff prophétique.
Si nous considérons maintenant avec attention h nature de la loi divine naturelle, telle que nous l'afO* définie tout à l'heure, nous reconnaîtrons : 1» qu'elle ert universelle, c'est-à-dire commune à tous les hommei; nous l'avons déduite en effet de la nature humaine priii dans sa généralité ; 2" qu'elle n'a pas besoin de s'app«tjV sur la foi des récits historiques, quels que soient Stfà' leurs ces récits. Car comme cette loi divine naturelle H tire de la seule considération de la nature humaine, onl peut également concevoir dans l'âme d'Adam et dtf celle d'un autre individu quelconque, dans un aolitiir"" et dans un homme qui \yI aN(i(i ^^% ^^xcA^lables. Ce n'«
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as non plus la croyance aux récits historiques^ si légime qu'elle soit, qui peut nous donner la connaissauco. 3 Dieu, ni par conséquent l'amour de Dieu, qui en tire m origine; cette connaissance, nous la puisons dans 8 notions universelles qui se révèlent par elles-mêmes ; emportent une certitude immédiate ; tant il est vrai le la croyance aux récits historiques n'est pas une contion nécessaire pour parvenir au souverain bien. Tou^ fois, bien que les récits historiques soient incapables de ms donner la connaissance et l'amour de Dieu, je ne e point que la lecture de ces récits ne nous soit trèsaie dans la vie sociale. Plus en effet nous observons, et ieux nous connaissons les mœurs des hommes, que en ne nous dévoile plus sûrement que leurs actions, us il nous est facile de vivre en sûreté dans leur comierce,et d'accommoder notre vie et notre conduite à leur §nie, autant qu'il est raisonnable de le faire. 3<> Nous }yons aussi que cette loi divine naturelle ne nous demande pas de cérémonies, c'est-à-dire cette sorte d'acons, de soi indifférentes, et qu'on n'appelle bonnes qu'iH i suite d'une institution, ou si l'on veut, qui représcumt un certain bien nécessaire au salut, ou enûn, si l'on ime mieux, dont la raison surpasse la portée de l'esprit umain. Car la lumière naturelle n'exige rien de nous u'elle ne soit capable de nous faire comprendre et u'elle ne nous montre clairement comme bon en soi ou omme moyen d'atteindre à la béatitude. Et quant aux étions qui ne sont bonnes que par le fait d'une institu- .on qui nous les impose, ou en tant que symboles de uelque bien réel, elles sont incapables de perfectionner Qtre entendement; ce ne sont que de vaines ombres, ll'on ne peut mettre au rang des actions véritablement xcellentes, de ces actions filles de l'entendement, qui ont comme les fruits naturels d'une âme saine. Mais est inutile d'insister plus lon^çuement sur ce point. •Nous voyons onfiu que le prix d'avoir obsetN^ \^Và îvine, c'est cette loi e/ie-raéme, savoir : de couxi^V^vvi
Dieu et de raîtner d'une àme vraiment libre , d'un amour pur et durable ; le châtiment de ceux qui violent cette loi, c'est la privation de ces biens, la servitude de la chair, et une âme toujours changeante et toujotfh troublée.
Ces quatre points bien ét:iblis, nous avons à résoudre les questions suivantes, i^ Pouvons- nous, par la lumière naturelle, concevoir Dieu comme un législateur, ou comme un prince qui prescrit aux hommes certaines lois? 2« Qu'enseigne l'Écriture sainte touchant la lumière et la , loi naturelles ? 3° Pour quelle fin a-t-on institué autrefds j des cérémonies religieuses? 4® A quoi sert de connaître 1 l'histoire sacré et d'y croire? Nous traiterons la première I et la seconde de ces questions dans le présent chapitre, I les deux autres dans le suivant. [
Il est aisé de résoudre la première de ces questions en | considérant la nature de la volonté de Dieu, laquelle ne se distingue de son intelligence qu'au regard de l'esprit humain ; en d'autres termes, la volonté de Dieu et son entendement ne sont qu'une seule et môme chose ', «t toute la distinction qu'on y établit vient des idées que nous nous formons de l'entendement divin. Par excmptei quand nous ne sommes attentifs qu'à ce seul poipt, savoir : que la nature du triangle est contenue de toote éternité dans la nature divine, à titre de vérité étemdifi nous disons alors que Dieu à l'iJée du triangle, ou bi« qu'il entend la nature du triangle ; mais si nous venfl» à concevoir que la nature du triangle est ainsi contenof dans la nature divine par la seule nécessité de la nalore divine, et non par la nécessité de l'essence et de la natin* du triangle ; bien plus encore, si nous considérons q* la nécessité de l'essence et des propriétés du triangfe prises comme des vérités éternelles , dépend de la sente nécessité de la nature et de rentendemcnt divin, et»
f. VcTcr Éthique, part. l^^tQ^oi* ^1 «V %»OiTQ>Ji.\^^» S, f**?" *^ j
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itore du triflof^le, il arrive alors qae, ce que noiu 13 entendement de Dieu, nous l'appelons yolonté «L décret divin. Ainsi donc, dire que Dieu ayonlu omoie des angles d'un triangle fût égale à deux on dire que Dieu a pensé cela, c'est, au regard y une seule et môme chose. D'où il suit que lee ioiM et les négations de Dieu enveloppent toujours lesaité ou une vérité éternelles. Si, par ex^mpl^, lit dit k Adam : Je ne veux pas que vous mangiee de Tarbre du bien et du mal , il impliquerait iction qu'Adam pût manger de ce fruit; et il ar conséquent impossible qu'il en eût mangé, le le Dieu enveloppant nne nécessité et une vérité es. Cependant, suivant le récit de l'Écriture, Dlen am cette défense, et Adam ne laissa pas de man- [ruit défendu. Il faut donc entendre do toute \é que Dieu révéla seulement à Adam le malqa'il i souffrir s'il mangeait du fruit de cet arbre, scuis i connaître qu'il était nécessaire que ce mal fùtla I «on action. D'où il arriva qu'Adam comprit cette on, non pas comme vérité éternelle et nécessaire, mme une loi, je veux dire comme un commaa- , suvvi de récompense ou de punition, noa par ssité même et la nature de l'acte accompli , mais ent par le vouloir d'un prince et par son autorité . Par conséquent celte révélation n'eut le caraaine loi, et Dieu ne fut semblable à un législateur i prince qu'au regard d'Adam et par Timperfeole défaut de sa connaissance. Ce fut encore par êmc raison, je veux dire par défaut de connaisque le Décalogue eut, aux yeux des Hébreux^ le *e d'une loi. Ne connaissant pas en eâet l'existence 1 , à titre d'éternelle vérité, ils durent considérer des lois ces paroles du DécalogU4i : qu'il existe ^ i et qu'il ne faut adorer que lui seul. Si au con- >ieu leur eût parlé directement el san^ awcvflvSsiraire corporel, les préceptes du DécaXoaw^ ^^^
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sent été pour enx, non des lois, mais des vérités éte^ nelles. Ce que nous disons ici des Israélites et d'Adam, il faut le dire également de tous les prophètes qui écri virent des lois au nom de Dieu ; ils ne concevaient pu les décrets de Dieu comme des vérités éternelles, parce qu'ils n'en avaient pas une connaissanôe adéquate. Je prendrai pour exemple Moïse lui-même. Il comprit à la vérité, par la révélation qui lui fut faite, quel était k moyen qu'il fallait employer pour donner au peuple Israélite la plus parfaite union en le conduisant dans une certaine région du monde^ et pour constituer ainsi une société indépendante et un empire ; il comprit aussi ce qu'il convenait de faire pour contraindre le plus sârement ce peuple à l'obéissance; mais ce qu'il ne comprit pas, ce qui ne lui fut pas révélé, c'est que les moyens dont il se servait étaient les meilleurs qu'il pût prendre; c'est que, le peuple une fois soumis à l'obéissance dam la contrée où il l'avait conduit, le but que poursuivaient les Hébreux serait atteint. Voilà pourquoi il comprit toutes ces choses, non pas comme des vérités éternelles, mais comme des préceptes et des commandements. VdM ^ussi pourquoi il les prescrivit comme des lois de Diea,el par suite se représenta Dieu comme un chef, un législateur, un roi, bien que tous ces attributs n'appartiennent qu'à la seule nature humaine et soient bien éloignés de la divine.
Je dis donc qu'il faut entendre de la sorte tous les prophètes qui ont prescrit des lois au nom de Dieu ; mais tout ceci n'est point applicable au Christ. Il faut admettre ' en effet que le Christ, bien qu'il paraisse, lui aussi, avoir prescrit des lois au nom de Dieu, comprenait les cboMi dans leur vérité d'une manière adéquate. Car le Gbri^ a moins été un prophète que la bouche même de Diei* C'est par l'âme du Christ ( nous l'avons prouvé •• chap. 1*') que Dieu a révélé au genre humain certaines ventes^ comme il avait fait auparavant aux Juifs par lia* tcrmédiairc des anges, \)3ir \xv\^ \ràL^\^(i^^ gardes ri-
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sions, etc. Et il serait aussi déraisonnable de prétendre que Dieu accommoda ses révélations aux opinions du Christ, que de soutenir que dans les révélations antérieures accordées aux prophètes il accommoda sa parole aux opinions des anges qui lui servaient d'intermédiaires, c'est-à-dire aux opinions d'une voix créée ou d'une vision, ce qui est bien la chose du monde la plus absurde. Ajou tez à cela que le Clirist n'a pas été envoyé pour les seuls Hébreux, mais bien pour tout le genre humain ; d'où il irait qu'il ne suffisait pas d'accommoder ses pensées aux opinions des Juifs, il fallait les approprier aux opinions et aux principes qui sont communs à tout le genre humain, en d'autres termes, aux notions universelles et ▼raies. Maintenant que peut-on entendre en disant que Dieu s'est révélé au Christ ou à l'âme du Christ d'une façon immédiate, et non pas, comme il faisait aux prophètes, par des paroles et des images, sinon que le Christ a conçu les choses révélées dans leur vérité, ou autrement, qu'il les a comprises ? Car comprendre une chose, c'est la concevoir par la seule force de l'esprit pur, sans paroles et sans images.
C'est donc un principe bien établi que Jésus-Christ a conçu la révélation divine en elle-même et d'une manière adéquate. Maintenant, pourquoi l'a-t-il présentée sous la forme d'une loi? Je réponds que c'a été pour se proportionner à l'ignorance et à la grossièreté du peuple. Et en agissant ainsi, Jésus-Christ a rempli le rôle de Dieu, puisque, à l'exemple de Dieu, il s'est mis à la portée da vulgaire. Aussi l'on peut remarquer qu'il s'exprime 3n général d'une manière obscure, quoique un peu plus claire que celle des prophètes^ et qu'il expose les choses révélées sous forme de paraboles , surtout quand il s'adresse à cette sorte d'hommes (voyez Matthieu, chap. xiii, vers. 18 et suiv.) à qui il n'était point donné encore de comprendre le royaume des cieux; et il ne faut pas douter qu'en s'adressaiit à ceux qui étaient capaVAea ôl^ <io\xv- 1 prendre les mystères cclestafi, il ne leur avl exvs»^^^?^^^
les choses révélées, non comme des lois, mais commt des vérités éternelles. C'est en ce sens qn'il les délivra de la servitude de la loi, et qu'en même temps il la con" firma et l'établit plus profondément dans leurs cœurt. J'entends de cette façon plusieurs passages de Paul, n> tamment dans VEpître aux Bomaint, chap. vu, vers. 6, et chap. m, vers. 28. Je conviens quil ne s'y explique pas ouvertement, e^, comme il dit lui-même (t^irf., chap. m, vers. 5, et chap. vi, vers. 19), il parle de ces choses à la manière des hommes. Aussi, quand il donne à Dieu la nom de juste, il mai*que expressément que c'est là une expression tout humaine ; et c'est encore sans doute i cause de l'infirmité de la chair qu'il représente Dico comme miséricordieux, débonnaire, irrité, etc. Il est éfi« dent qu'eu tous ces endroits il met son langage àlapo^ tée du vulgaire, et, comme il dit encore lui-même (Efitre /'" aux Corinthiens, chap. m, vers. 1, 2), des bommsi charnels. La preuve, c'est quo dans YÉpître aux BomaifU (chap. IX, vers. i8) il enseigne formellement qoe la colère de Dieu et sa miséricorde ne dépondent point des œuvres de l'homme, mais de la seule vocation d« Dieu, c'est-à-dire de sa seule volonté; et plus haut, il déclare (chap. m, vers. 28) que ce ne sont point les œuvres prescrites par la loi qui rendent l'homme juste, miii bien la seule foi, par où il entend sans aucun doute b plein acquiescement de l'àme ; pei^onne entin, suifanl sa doctrine expresse, ne peut devenir bienheureux sll n'a en soi l'esprit du Christ (ibid.y chap. viii, vers. 9)i en d'autres termes, s'il ne comprend les lob de Dira comme des vérités éternelles. Concluons donc que c'eit seulement pour se mettre à la portée du vulgaire et s'accommoder à l'imperfection de sa connaissanee, qu'on représente Dieu sous les traits d'un législateur ot d'un prince, et qu'on lui donne les noms de juste, misé» ricordieux, et autres semblables. En réalité, Dieu agit et dirige toutes choses \)ar la seule nécessité de sa natoN et de sa perfection ; se% ()l(^c\:^\.% ^X ^^<% ^^Voiatés sont
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des vérités éternelles, et enveloppent toujours Tabsolue nécessité. Voilà le premier point que nous nous proponons d'éclaircir.
Arrivons maintenant au second point, et voyons, en parcourant les saintes Écritures, ce qu'elles nous-enseignent louchant la lumière naturelle et la loi divine. Ce que nous rencontrons tout d*abord, c'est Thistoire du premier homme, où il est dit que Dieu ordonna à Adam de ne point toucher au fruit de Tarbre de la connaissance du bien et du mal. Que signifie ce récit 7 II me semble qu'il faut entendre que Dieu ordonna à Adam de faire le bien en tant que bien, et non pas comme contraire du mal ; c'est-à-dire de faire le bien par amour du bien, et non par crainte du mal. Car, comme nous l'avons déjà montré, celui qui fait le bien par connaissance véritable et par amour du bien agit d'une âme libre et constante; au lieu que celui que la crainte seule du mal porte au bien agit en esclave, sous la contrainte du mal^ et comme dominé par une force étrangère. Par conséqaent, l'ordre que Dieu donne à Adam embrasse toute b loi divine naturelle, et se trouve en parfait accord avec les commandements de la raison universelle. Or, je ne crois pas qu'il fût difficile d'expliquer dans le même eiprit toute cette histoire, ou pour mieux dire toute cette parabole du premier homme; mais j'aime mieux laisser là cette entreprise, soit parce qu'il m'est impossible d'être absolument certain que mes explications répondent exactement à la pensée de l'écrivain sacré, soit encore parce qu'on admet généralement que cette histoire du premier homme est un récit pur et simple et non pas une parabole. Il est donc beaucoup plus à propos que je continue de citer des passages de l'Écriture, et principalement ceux qui sont sortis de la bouche d'un homme qui • tarpaMé tous les sages de son temps par la force de ML raison, et dont les discours, quoique inspirés par la itate lumière naturelle, n'ont pas une autonl^ xùovcks» sainte âox jreux de tous que ceux mêmes des pto^\i^V>^^*
Je yeux parler de Salomon, et Ton sait assez que sa prudence et sa sagesse sont célébrées dans TÉcriture plus encore que sa piété et son caractère de prophète. Ce sage roi dit en ses Proverbes que rintelligence humaine est la source de la vie véritable, et que le plus grand des maux, c'est l'ignorance. Voici ses propres paroles (chap. XVI, vers. 23) : « Lasource de la vie, c'est V intelligence de celui qui est le maître de V intelligence^ et le supplice des esprits aveugles est dans leur aveuglement même^. » On remarquera ici que, par le mot vie, employé dans un sens absolu, il faut entendre en hébreu la vie véritable, ainsi qu'on en trouvera la preuve évidente dans le Deutéronome (chap. xxx, vers. 19). Ainsi donc, pour Salomon, le fruit de rintelligence est tout entier dans la vie véritable, et tout châtiment consiste dans la seule privation de cette vie. Or, c'est justement là ce qui a fait tout à l'heure l'objet de notre quatrième remarque touchant la loi divine naturelle. Maintenant, que ce soit cette source de vie, c'est-à-dire l'intelligence, qui seule donne des lois aux hommes sages, comme nous l'avons également prouvé plus haut, c'est ce qui résulte encore de la manière la plus formelle des paroles de Salomon: « La loi de l'homme sage^ dit-il (chap. xiii, vers. 4), c'est la source de la vie véritable; > en d'autres termes, c'est l'intelligence. Voici encore (chap. m, vers. 13) des paroles trèsexpresses pour établir que l'intelligence fait le bonheur et la félicité de l'homme et donne à l'âme la vraie tranquillité : « Heureux, dit-il, Vhomme qui a trouvé la science; heureux le fils de Vhomme qui est riche en intelligence. > 11 explique lui-même ces paroles un peu plus bas (vers. 16, 17): « C*est, dit-il, que l'intelligence donne directement lo longueur des jours*, et indirectement les richesses et la gloire.
1 . Cette expression : le maître de Vintelligencef est un hébraïsme. Celai q?»
possède une chose ou qui la contient dans sa nature est dit le maître de celte chose*
C'est ainsi qu'en hébreu on appelle l'oiseau le maître des ailes, parce qu'il a def
aUes; et de même, i'hemme inteUigent e%i U maître de rintelligence, parce qu'il
est doué d'intelligence. V]NoU àô Spi-ooM.!
^. Hébraïsme f qui gignilie la vie. V]^Q^ ** S/pvivoiaH
THâOLOGICO-POUTIQUE. 85
S votes sont belles (les voies m arqué os par la science), dans tous ses sentiers règne la paix. )> Ainsi donc, suivant lomon, les sages seuls vivent dans la paix et dans la nstance, au lieu que Tàme des impies est agitée de lie passions contraires, incapable, comme dit égale- 3nt Isale (chap. Lvn, vers. 20), de jouir jamais de la ix et du repos. Mais ce que nous devons remarquer ec le plus de soin dans ces Proverbes de Salomon, ce Qtles paroles qu'on lit au chap. ii; elles confirment tre doctrine de la manière du monde la plus claire. »ici le commencement du chapitre (vers. 3) : c Car si us invoquez la sagesse, et si vous vous soumettez à Vintelli-
ice alors vous comprendrez la crainte de Dieuy et vous
mverez la science de Dieu (ou, pour mieux traduire, mourde Dieu, car le moi jadah a les deux sens). C*est 'eu en effet qui donne la sagesse^ et la science et la prudence )rtent) de sa boucïœ, » Il résulte évidemment de ces iroles : premièrement, que la sagesse, c'est-à-dire l'in- Iligence, nous apprend seule à craindre Dieu raisonnaement, en d'autres termes, à lui rendre un culte aiment religieux ; secondement, que la sagesse et la ience coulent de la bouche de Dieu, et que c'est Dieu li nous les dispense. Or c'est là ce que nous avons abli nous-mêmes ci-dessus, en montrant que notre itendement et notre science dépendent de la seule idée i connaissance de Dieu, et qu'elles ont en cette idée or origine et leur dernier terme.
Salomon continue (vers. 9) d'enseigner, dans les termes « plus formels, que cette science de Dieu contient la *aie morale et la vraie politique, qui n'en sont qu'une Miuction : i Cest alors, dit-il, que vous comprendrez la sticcy et le jugement, et les voies droites y (et) tout bon ntier. » Et il ajoute encore pour plus de clarté : « Quand science entrera dans votre cœur et que la sagesse vous sera mce^ alors votre prévoyance^ veillera sur vous^ et votre
i. L'hébreu porte meximaj qui sif^niGe propremeat réflexion, dèUbèToX\<y(v^ lUance. \fioU de &pmoia.\