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et des chefs choisis au sein du peuple (voyez Josué^ chap. VI, vers. 26; Juges, chap. xxi, vers. 18 et 1 ; et Shamuel, chap. xiv, vers. 24 ). Si nous venons maintenant à considérer attentivement Thîstoire des Hébreux et leurs vicissitudes, nous rencontrerons beaucoup d'autres institutions politiques dignes d'être remarquées : en voici quelques-unes.
1. On ne vit aucune secte particulière au sein de la religion que dans le second empire, lorsque les pontifes prirent possession du droit de porter des décrets et de diriger les affaires de TÉtat, et que, pour conserver éternellement ce droit, ils usurpèrent le pouvoir exécutif et voulurent être appelés du nom de rois. Ce fait s'explique de lui-même. Dans le premier empire, aucun décret ne pouvait recevoir son nom des pontifes, ceux-ci n'ayant pas le droit de porter des décrets, mais simplement de transmettre les réponses de Dieu aux questions soit des chefs, soit des assemblées. Ils ne devaient par conséquent avoir aucun désir de susciter de nouveaux décrets ; ils durent plutôt défendre et maintenir les usages reçus et consacrés par la tradition. Quel autre moyen avaient-ils de conserver intacte leur indépendance contre le mauvais vouloir des chefs que de veiller à ce que les lois ne fussent point corrompues ? Mais quand ils eurent joint au pontificat le pouvoir d'administrer l'État, chacun d'eux , dans les choses qui concernent la religion comme dans tout le reste , se mit en devoir de rendre son nom glorieux en réglant toutes <5hoses par l'autorité pontificale et en faisant chaque jcur sur les cérémonies, sur la foi, sur toutes choses, de Jaouveaux décrets dont ils voulurent égaler la sainteté ^t l'autorité à celles des lois de Moïse. De là la religion faclinant de plus en plus à de misérables superstitions, de là le vrai sens et la vraie interprétation des lois de Pfes en plus corrompus. Ajoutez à cela que dans le principe", lorsque les pontifes se frayaient la \çi\^ «»^ Souverain pouvoir, ils consentaient k lovxl àavis \^>ù\5X ^^
« I^s livres du pontife sont le sanctuaire de la se
c'est 4c sa bouche qu'on vient apprendre la loi, pa\
est renvoyé de Dieu ; mais vous, vous vous êtes écar
droite voie, et vous avez fait de la loi un sujet de
pour plusieurs : Vous avez corrompu le pacte fait an
dit le Dieu des armées. » Et, continuant de la sort
accnse d'interpréter la loi selon leur bon plaisir,
^ Toubli de Dieu, de ne songer qu'à leur intérêt. '
-', certain que les pontifes ne purent commettre cej
V^ lîlés si adroitement qu'elles échappassent aux
* des sages, surtout lorsque, dans l'excès de leur
•^- '• ils en vinrent à prétendre qu'il n'y avait de rigc
■■|. i ment observables que les lois écrites, et que, qu
^KM!-*^:- décrets que les pharisiens (les pharisiens, com
•i?""' *®^^® Josèphe dans ses Antiquités, se recrutaie
: ;:';;.l.-.: les derniers rangs du peuple ) appelaient la trad
■^iy-'j-* , leurs pères, rien ne commandait de la respecter. Q
K:[ 7. ' ^^ soit, on ne saurait douter que l'esprit de flatt
'^'. **' ' pontifes envers le peuple, la corruption de la rel
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aient plutôt le peuple qu'ils uo le corrigeaient, et qu'au U)ntraire les rois , qui avaient le pouvoir de châtier, se !ai8aieat obéir docilement. Mais les rois pieux ne purent ioavent supporter les prophètes, a cause du droit dont 3cux-ci étaient revêtus de prononcer sur la justice et L'injustice de toutes choses, et de châtier même les rois pour les actions publiques ou particulières exécutées contre leur sentiment. Le roi Âsa , qui , d'après le témoignage de rÉcriture^ fut un roi pieux, fit jeter le projeté Hananias sous la roue d'un mouhn (voyez Parali- QomèneSj liv.II, chap. xii), pour avoir osé lui reprocher ravertemeat d'avoir conclu un traité avec le roi .d'Arsënie. Beaucoup d'autres exemples qu'il serait facile le citer montreraient que la religion reçut plus de lonimage que de profit de cette liberté de parole des uophètes, et je pourrais ajouter que l'excès de leurs Iroits fut l'origine d'un grand nombre de guerres civiles. III. Il est encore remarquable que pendant tout le ;emps que le peuple eut le pouvoir entre les mains, il &*y eut qu'une seule guerre civile, et encore cessa-t-elle imnB laisser aucune trace, les vainqueurs ayant pris i^mpassion des vaincus, à tel point qu'ils s'eilbrcèrent Ls toutes les manières de leur rendre à la fois Thon* ^«ar et le pouvoir. Mais lorsque le peuple , qui n*était pKHot habitué aux rois, eut changé la première forme de iouvernement en la forme monarchique, il n'y eut plus lu terme aux guerres civiles, et telle fut l'atrocité des Biombats qu'il n'y a rien de pareil d'ans les annales de Slùstoire. £n un seul combat (peut-on le croire!) influante mille Israélites furent massacrés par ceux LtJuda. Dans un autre combat, les Israélites, à leur !au*|focLt UA grand massacre de ceux de Juda (TÉcripane ne donne point le nombre des morts), s'emparent L^ la personne du roi , jettent presque par terre les Rtes de Jérusalem, et sans respect pour le temple ItA-nème (ce qui montre que leur colère n*eut ni fceia À limites ), ils le plient et le dépouilleal\ ^\ù^&> ^^-
gés du butin pris sur leurs frères , rassasiés de sang, traînant à leur suite des otages, et laissant le roi dans un royaume dévasté , ils mettent enfin bas les armes, fondant leur sécurité moins sur la bonne foi de ceux de Juda que sur leur faiblesse. Ceux-ci, en effet, quelques années après, ayant refait leurs forces, engagent un nouveau combat, dans lequel la victoire reste encore aux Israélites, qui égorgent cent vingt mille enfants de Juda , emmènent en captivité femmes et enfants au nombre de deux cent mille , emportent encore un riche butin ; puis enfin, épuisés par ces combats et par beaucoup d'autres racontés au long dans leur histoire, ils deviennent la proie de leurs ennemis. Mais si nous voulons reporter notre pensée à ces temps où les Hébreux ont joui d'une paix pleine et entière , quel contraste ! Souvent^ avant les rois, quarante années se sont écoulées, et même une fois (ce qui semble incroyable) quatni-vingts aimées, sans guerre nia Textérieur ni â rintériour, dans une tranquillité parfaite. Au contraire, les rois, maîtres du gouvernement, ne combattant plus pour obtenir la paix et la liberté, mais pour acquérir de la gloire , entreprirent tous , à l'exception de Salomoi (dont le génie et la sagesse devaient mieux éclater pendant la paix), des guerres sans cesse renaissantes, comme on peut le lire dans Thistoire des Juifs. Ajonl» à cela cette funeste passion de régner, qui ensanglanti plus d'une fois les marches du trône. Enfin les lois, txà que dura le gouvernement du peuple, furent défendues contre la corruption et constamment observées. C'est qu'avant les rois, il y eut peu de prophètes qui vinsseil apporter des avertissements au peuple, et qu'après letj élection, il y en eut un grand nombre. Hobadias atj sauva-t-il pas cent prophètes de mort violente , et ne cacha-t-il pas, de peur qu'ils ne fussent enveloppés les autres dans le même massacre ? Nous ne vo] pas non plus que le peuple ait été trompé par de prophètes, si ce n'esl ^pt^^ ^^\ vivi\.\^\S!Â& le
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0108 les mains des rois, auxquels les prophètes s'elforlient de complaire. Il faut remarquer encore que le euple, dont Tesprit souple s'élève ou s'abaisse selon is circonstances, se corrigeait facilement dans l'adverité, revenait à Dieu, rétablissait -les lois, et de cette lanière échappait an danger, au lieu que les rois, dont esprit est sans cesse enflé d'orgueil et qui ne sauraientf^ échir sans honte, restèrent obstinément attachés à leurs ices jusqu'à la ruine entière de Jérusalem.
Ces considérations montrent clairement :
L Qu'il n'y a rien de plus funeste à la fois à la religion t à l'État que de confier aux ministres du culte le droit e porter des décrets ou d'administrer les affaires puliqnes ; qu'au contraire, toutes choses demeurent bien itablies, lorsqu'ils se renferment dans les limites de leurs ittributions et qu'ils se bornent à répondre aux questions [ni leur sont adressées, et, en tout cas, restreignent leurs mseignements et leurs actes administratifs aux choses ^nes et consacrées par un long usage.
n. Que rien n'est si périlleux que de rapporter et de Oumettre au droit divin des choses de pure spéculation, ft S'imposer des lois aux opinions qui sont ou peuvent »tre un sujet de discussion parmi les hommes. Le gou- %nement en effet ne peut être que violent là où les iginions, qui sont la propriété de chacun et dont pcrkxme ne saurait se départir sont imputées à crime ; il y i lius, dans un tel pays, le gouvernement est ordinairenent je jouet des fureurs du peuple. Ainsi Pilate, cédant ^ la colère des pharisiens, fit crucifier le Christ qu'il voyait innocent. Ensuite les pharisiens, pour dépouiller Clichés de leurs dignités, se mirent à agiter les ques- «*H8 religieuses et à accuser d'impiété les saducéens ; ^ 4 l'exemple des pharisiens, les plus détestables hypo- ^es, agités de la même rage, qu'ils décoraient du nom * ^èle pour les droits de Dieu, s'acl\arnîiroA\\. \x \iet%si- ■^^T des hommes recommandables par \ewrs xe^Vw^ eX.
odieux par cela même au peuple, décriant publiquement leurs opinions et allumant contre eux la colère d'une multitude effrénée. Or comme cette licence religieuse se déguise sous le masque de la religion, elle échappe à tout moyen de répression là surtout où le souverain a introduit quelque secte dont il n*est pas lui-même le chef. Car alors les hommes qui dirigent l'État ne sont plus condérés comme les interprètes du droit divin, mais comme de simples sectaires qui reconnaissent dans les docteurs de la secte les légitimes interprèt<^s de ce droit. Et voQà pourquoi, aux yeux du peuple, l'autorité des magistrats touchant les croyances religieuses est de nulle valeur; celle des docteurs, au contraire, est toute-puissante, an point que les rois mêmes doivent, selon lui, se soumettre docilement à leurs interprétations. Pour mettre les États à l'abri de tous ces maux, on ne saurait imaginer rien de mieux que de faire consister la piété et le cuite tool entier dans les œuvres, à savoir, dans Texercice de la charité et de la justice, et de laisser libre le juj^enicntde chacun sur tout le reste. Mais nous reviendrons aliondamment sur ce sujet.
m. On voit onoore combien il importe pour l'État et pour la religion de confier au souverain le droit de décider de la justice et de Tinjuslice. Car si ce droit de juser la valeur morale des actions n'a pu être confié auxdinns prophètes qu'au giand dommage de l'État et delà religion, combien moins devra-t-il l'être à des hommes qui n'ont ni la science qui prévoit l'avenir, ni la puissance qui opère les miracles! Mais c est encore un sujet que je me réserre de traiter spécialement.
IV. On Voit enfin combien il est funeste à un peupte qui n'a point Thabitude de Taulorité royale et qui «• déjà en possession d'une constitution, de se donnernl gouvt»niement monarchique. Car ni le peuple ncponrri supporter un gouvernement si absolu, ni le roi respcriff ces lois et ces droits du peuple institués par un ponni| moins puissant, Y.\\çot^ Vviw ts\w\s se résoudra-t-il *
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défendre nire législation d^ns Tinsfitution de laquelle on Tfn pn ffToir égard an roi, mais seulement an peuple, on afir conseil qui administrait les aflfaîres publiques, à teî point qu'en prenant ïa défense des anciens droits du peuple, il s'en ferait Fesclaye au lieu d'en être le maître. Le nonreau monarque fera donc tous ses efforts pour msfituer de nouvelles lois, réformer la constitution à son profit, et rendre moins facile au peuple d*enlever aux TfAs l'autorité souveraine que de la leur abandonner. Je ne puis m'empêcher d'ajouter qu'il ne serait pas moins dangereux de mettre à mort le roi, fut-il mille fois constaté qu'il est un tyran. Car le peuple, habitué à l'autorité royale, dompté par elle, prendra en mépris et en dérision une autorité inférieure, et un roi tué, il se verra bientôt contraint, comme autrefois les prophètes, de lui éBreun successeur, qui sera tyran, non plus volontairement, mais par nécessité. De quel œil pourra- t-il voir autour de lui des citoyens, les mains souillées d'un sang royal, faire gloire de leur parricide comme d'une belle action ? Ajoutez que le crime n'a été commis que pour loi être un exemple et un avertissement à lui-même. Sans aucun doute, s'il veut être véritablement roi, ne pcrint reconnaître le peuple pour le juge des rois et pour son maître, et ne point se contenter d'un règne précaire, fl doit d'abord venger la mort de son prédécesseur, et avoir ainsi par devers lui mi exemple qui ôte au peuple l'audace de commettre une seconde fois le même forfait. Qr il ne pourra guère venger la mort du tyran par le supplice des citoyens sans défendre la cause du tyran , approuver ses actions, et par conséquent marcher sur ses traces. De là vient que le peuple peut bien changer souvent de tyran, mais non pas s'affranchir de la tyrannie, non plus que substituer à la monarchie une autre formé dé gouvernement. Il y a de cela un funeste exemple chez le peuple anglais, qui s'est efforcé de donneran meurtre d'un roi les apparences A^\^yoL^\\^Çi»Vfe't55k\ mort, il fallut bien tout au moins cViati^ftT \a Ik^^xs^a ^>ci.
0114 TKAITS
gCHiTemement; mais après qae deê flots te saag été répandus, on n'eut rien de mienxàfaire qoedi sons nn autre nom un nouveau monarque (coa n'eût été question que d'un nom I), qui ne poi maintenir sur le trône qu'en détruisant» jusque d derniers rejetons, la raee royale, qu'en massac citoyens amis ou suspects d'être amis du roi, qi saut la guerre pour éviter l'esprit d'opposition i naître la paix, afin que le peuple, occupé d'évén nonveauz, ouUiàt les sanglantes exécutions qui détruit la famille royale. Aussi la nation s'aper^ mais trop tard, qu'elle n'avait rien fait autre cho le salut de la patrie que ^e violer les droits è légitime et changer l'état des choses en un. et Elle résolut donc de revenir en arriére, et n'eut d que lorsque toutes choses eurent été rétablies di état primitif. Mais quelqu'un prétendra peut^éi objectant l'exemple du peuple romain, que lé peut aisément s'affranchir de la tyrannie : je ne au contraire, qu'une nouvelle confirmation de m nion. En effet, bien que le peuple romain ait p facilement qu'un autre, se débarrasser d'un t :V[;";. changer la forme du gouvernement, parce qu'à 1
appartenait le droit d'élire le roi et son succesi
y S:'; aussi parce qu'étant formé d'hommes enclins à 1
tion et adonnés au crime, il n'avait jamais pris l'h
d'obéir aux rois (sur six n'en avait-il pas égorgé
néanmoins tous ces efforts n'aboutirent jama
remplacer un tyran unique par plusieurs autre
l'occupèrent misérablement à des guerres exté
et intérieures sans cesse renaissantes, jusqu'à ce (5
l'État tomba de nouveau aux mains d'un monarqu
un changement de nom pour toute modification,
en Angleterre. En ce (\\x\ concerne les États con
de la Hollande, Us n'exxxcxvX. \^\x\^\^ ^^ \<îv^^ oj
sachions j mais des comtes, ^\x^ç^\\ç\% ^^ '^v^V^^^-
le droit souverain. En eîîcN., à novl- \a.\.^^>^^^-^^^
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États confédérés de la Hollande du temps du comte de Leicester, il est permis d'induire qu'ils se réservèrent toujours, avec le droit de rappeler aux comtes leur devoir, le pouvoir de défendre ce droit ainsi que la liberté des citoyens, et si les comtes dégénéraient en tyrans, d'en tirer vengeance, enfin de modérer si bien leur puissance qu'ils ne pussent rien faire qu'avec la permission et l'approbation des États confédérés. D'où il résulte que ce fot toujours aux Étals qu'appartint le pouvoir et la majesté suprême, que le dernier comte s'efforça d'usurper; et tant s'en faut qu'ils aient abandonné l'autorité souveraine qu'ils ont relevé l'empire sur le penchant de sa ruine. Ces exemples confirment donc ce que nous avons avancé, qu'il faut toujours conserver la forme de gouvernement existante, et qu'on ne saurait la changer sans courir le danger d'une ruine complète. Telles sont les remarques que j'ai cru à propos de faire à l'occasion des institutions hébraïques.