CHAPITRE XX
Om ÉTABLIT QUK DAKS UK ÉTAT LïiSRE CBACim A LE DROIT lïË PEIâu] ^ CE Qlj'ït VEUT KT DE DIRE CE QU'lL PE,HSE.
\ S'il était aussi facile de commander à Tesprit qu'A ' langue, tout pouvoir referait en séonrité et nul goai > neroent n'appellerait la violence à son secours- Cha* citojrenj en effet, puiserait ses inspirations dans l'esprit du souverain, et ne jugerait que par les décrets da gouvernement du vrai et du faux, du bien et damai, du juste et de l'injuste. Mais il n'est pas possible, tomnift nous l'avons montré au commencement du chapitre l\fl» qu'un homme abdique sa pensée et la soumette absolument à celle d'autruL Pei'sonne ne peut faire ainsi . l'abandon de ses droits naturels et de la faculté qui esli en lui de raisonner librement et de juger librement da^ choses ; personne n'y peut être conti^aint. Voilà donc pourquoi on considère comme violent un gouvcrnfinieiit qui étend son autorité jusque sur les esprits ; voilà pourquoi le souverain semble commettre une injustice euvers les sujets et usurper leurs droits, lorsqu'il prétend prescrire^ A chacun f.e qull doit accepter comme vrai et rejeter comme faux, et les croyances qu'il doit avoir pour satisfaire au culte de Dieu. C'est que toutes ces choses sont le droit propre de chacun , droit qu'aucun citoyen, le vouIûV-VIl, xv^ ^^\vc^\1 olvéuer. J'en conviens, jj y a mille manières aie ^tfeseTwt \^'s» \\\î^\s!k5Sfiie.^bowmes et de faire ev\ soT\.Çi. o^^^^ Vwi.\. «o.\^^ ^^^"^ oas directement de \a NoVonVfe ô! awXxxxY,-^^ ^^ ^^^^^^
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cependant avec tant de confiance aux directions du pouvoir qu'ils semblent jusqu'à un certain point en être devenus la propriété. Mais, quelle que soit Thabileté du gouvernement, il n'en reste pas moins certain que chacun abonde dans son sens, et que les opinions ne diffèrent pas moins que les goûts. Moïse, qui avait si fort prévenu le jugement de son peuple, non par esprit de ruse , mais par la vertu divine qui était en lui, inspiré qu'il était de l'esprit divin dans toutes ses paroles et^ toutes ses actions , ne put cependant éviter les rumeurs du peuple et de sinistres interprétations de ses actes. Bien moins encore les rois sont-ils à l'abri de ce péril. Et cependant si une puissance sans restriction pouvait se concevoir en quelque façon, ce serait à coup sûr dans un gouvernement monarchique, et non pas dans un gouvernement démocratique, où tous les citoyens , ou du moins la plus grande partie, administrent collectivement les affaires ; c'est un tait dont chacun, je pense, comprend parfaitement la cause.
. Quel que soit donc le droit du souverain sur toute chose, quels que soient ses titres à interpréter le droit civil et la religion , jamais cependant il ne pourra faire JJtte les hommes ne jugent pas les choses avec leur esprit et n'en soient pas affectés de telle ou telle manière. B est bien vrai que le gouvernement peut à bon droit Considérer comme ennemis ceux qui ne partagent pa«î «ans réstriction ses sentiments ; mais nous n'en sommes plus à. discuter des droits du gouvernement, nous cber- *5hons maintenant à déterminer ce qui est le plus utile, •'accorde bien que l'État a le droit de gouverner avec la plus excessive violence, et d'envoyer, pour les causes les Pltislégères,lescitoyensàla mort; mais toutle monde niera ÏU'un gouvernement qui prend conseil de la saine raison Puisse accomplir de pareils actes. Il y a plus : comme le *otiverain ne saurait prendre ces mesures n\o\^^V.^^ ^«Sk& *^ettre l'État tout entier dans le plus G;vaud ^ferà. , Tvsya&
I te taire? ITwt-M décollera Ce Tiolent qae edni qui wéha^ê. anxdloyraB lalibtclédte-
primer et d'eiiseigaer leurs opimons; ce aéra aa oontraire un gmiyeinemeiit modéré qoe celui qui leur accordera cette liberté. Nous ne pouvons nier toutefois que le pouvoir ne puisse être blessé aussi bien par des paroles que par des actions, de sorte que.sH est impossible d'enlever aux citoyens toute liberté de parole , il y aurait un danger extrême à leur laisser cette liberté entière et sans réserve. Nous devons donc dôteN miner maintenant dans quelles limites cette liberté, «ass compromettre ni la tranquillité de l'État ni le droit du souverain, peut et doit êtve accordée à chaque citoyen; / ce qui était , comme je l'ai annoncé au commencement da chapitre xvi, le principal objet de nos recherches.
De la description que nous avons donnée ci^essus des
fondements de l'État, il suit avec une parfaite évidence
que la fin dernière de l'État n'est pas de dominer les
hoaimeSf de lès retenir i^ar la crainte , de les soumettre
â 7a volonté d'aulrm, mai^XoMX %\x. ^^xiVcÀ't^ ^^^^\\&!(iikA
à chacun ^ autant quô TpossvYAfc , ^^ nv^^^ ^t^ ^^^>ks:^>
o'eêt'A^^dire de coasetver ui\;9.c.l\^ ^^^^^^^^^^^^^^
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fti sans dovimage ni pour lui ni pour autrui. Non, e y l'État n'a pas pour fin de transformer les hommes res raisonnables en animaux ou en automates, mais
de faine en sorte que les citoyens développent en irité leur corps et leur esprit , fassent librement usage eur raison , ne rivalisent point entre oux de haine, ireur et de ruse , et ne se considèrent point d'un œil HZ et injuste. La fin de l'État, c'est donc v<^ritableit la liberté. Or nous avons tu que 1^ formation d'un ; n'est possible qu'à cette condition , savoir : que le fOir de porter des décrets soit remis aux mains du pie entitf'r, ou de quelques hommes, ou d'un seul une* Le libre jugement des hommes n'est-il pas infiniit varié 7€hacun ne croit-il pas savoir tout h lui seul? it41 pas impossible que tous les hommes aient 1<'8 mômes iments sur les mêmes choses, et parlent d'une seule che? Comment donc pourraient-ils vivre on paix si rnn ne faisait librement et volontairement l'abandon Iroit qu'il a d'agir à son gré? Chacun résigne donc (ment et volontairement le droit d'agir, mais non le t qu'il a de raisonner et de juger. Ainsi , quiconque ; respecter les droits du souverain ne doit jamais agir apposition à ses décrets ; mais chacun peut penser, sr et par conséquent parler avec une liberté entière, rvu qu'il se borne à parler ol à enseigner en ne faît appel qu'à la raison, et qu'il n'aille pas mettre en 1^ la ruse , la colère , la haine , ni s'efforcer d'intro- « de son autoiité privée quelque innovation dans it. Par exemple , si quelque citoyen montre qu'une aîné loi répugne à la saine raison et pense qu'elle
être pour ce motif abrogée , s'il soumet son senti- * It au jugement du souverain (auquel seul il appartient ablîr et d'abolir les lois), et si pendant ce temps il 1^ «a rien contre la loi, certes il mérite bien del*É^.^^ nAele meilleur cito^n; mais si, a\x co\\V.T^\T^.n>\ ^^ '4 accuser le wagistrat d'iniquité, s*\\ enVte^Tfitv^^^'^^ re odieux â la. muttUnde^ ou bien si, d'xxti ^s^^ *^
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ditieux, il s'efforce d'abroger la loi malgré le magistrat , il n'est plus qu'un perturbateur de Tordre public ri un citoyen rebelle. Nous voyons donc de quelle manière chaque citoyen, sans blesser ni les droits ni l'autorité du pouvoir, c'est-à-dire sans troubler le repos de l'État, peut dire et enseigner les choses qu'il pense : c'est en abandonnant au souverain le droit d'ordonner par décret les choses qui doivent être exécutées, et en ne faisant rien contre ses décrets, quoiqu'il se trouve ainsi contraint plus d'une fois d'agir en opposition avec sa conscience, ce qu'il peut faire d'ailleuis sans outrager ni la justice ni la piété, j'ajoute, ce qu'il doit faire s'il veut se montrer citoyen juste et pieux. En effet, comme nous l'avons déjà établi, la justice tout entière dépend des décrets du souverain, et personne, à moins de conformer sa vie aux décrets qui en émanent , ne saurait être jugte. Mais la piété snpromu (d'après ce que nous avons exposé dans le chapitre précédent) est celle qui a pour objet la paix et ia tranquillité de l'État. Or point de paix , point de sécurité possible pour l'État, si chacun devait vivre à son gré et selon son caprice. Il fait donc une chose impie celui qui, s 'abandonnant à sa fantaisie» agit contre les décrets do souverain, puisque , si une telle conduite était tolérée, la ruine de l'État s'ensuivrait nécessairement. Il y a mieux, un citoyen ne saurait agir contre les ordres ei les inspirations de sa propre raison, en agissant cottformémcnt aux. ordres du souverain; car c'est d'après les conseils de la raison qu'il a pris la résolution de transférer au souverain le droit qu'il avait de vivre selon son propre jugement. C'est ce qui est encore conûrmé par l'expérience. Dans les conseils du souv^ rain ou de quelque pouvoir inférieur, n'est-il pas Wei rare qu'une mesure quelconque réunisse les suffrages unanimes de tous les meTïùiw,?», ^\. \v' est-elle pas cep»dant décrétée par Vo\is\esm^m\st^^k>L\«L^i3Ka^^ bien par ceux qui oui noV^ coalre^^^^^^xsi.^^'
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>té pour? Mais je reviens à ma proposition. Que chacun Dusse user raisonnablement de son libre jugement ir toutes choses sans blesser les droits du souverain, est ce qui ressort de l'examen des fondements de l'État, r ce même examen nous permet de déterminer facile- .ent quelles sortes d'opinions sont séditieuses dans l'État : i sont celles qui, en s'énonçant, détruisent le pacte par quel chaque citoyen a abandonné le droit d'agir se- »n sa seule volonté. Par exemple, quelqu'im pense*t-il le le pouvoir du souverain n'est pas fondé en droit, ou 16 personne n'est obligé de tenir ses promesses, ou que lacun doit vivre selon sa seule volonté, et autres choses 1 même genre qui sont en contradiction flagrante avec
pacte dont nous parlions tout à l'heure, celui-là est 1 citoyen séditieux, non pas tant à cause de son opii>n, qu'à cause de l'acte enveloppé dans de tels jugeents. Par là en effet, par cette manière de voir, ne »mpt-il pas la foi donnée, tacitement ou expressé- «nt, au souverain pouvoir? Mais quant aux autres pinions qui n'enveloppent pas quelque acte en elleslêmes, qui ne poussent pas à la rupture du pacte social, la vengeance, à la colère, etc., eues ne sont pas sédienses , si ce n'est pourtant dans un Étal corrompu , où as hommes séditieux et ambitieux, ennemis de lalisrté , se sont fait une renommée telle que leur autorité révaut dans Tesprit du peuple sur celle du souverain. DUS ne mons cependant pas qu'il n'y ait encore quelles opinions qui , tout en ne concernant que le vrai et
faux , sont émises et divulguées avec des intentions «Iveillantes et injustes. Quelles sont-elles? c'est ce que lus avons déterminé au chapitre xv, sans porter aucune tdnte à la liberté de la raison. Que si nous remarquons Ifln que la fidélité de chaque citoyen à l'égard de l'État, laime à l'égard de Dieu , ne se juge que par les o&wNt^^^ ■avoir, par la cbarité pour le prochain, noxi^ \ie^ ^omfmu plas qu'un État excellent n'accorda ^ c^aassoxv r^ffo^e /f/»erfé ponr philosopher qae la ioV , uow^VaNOTv^ a. M
fBL» pent M en ueotâer. J'eneomneu lolontien, eetts. libellé peoméfre roi%iiie de qvèlqoet mûorn/èdieM mais ob esl llnsfîtatioa «t sagement eoiiciie qdMJii ToriBine de qnelqoe inconvteiênf? Tmddîr toot k^ mettre i l'action des lois, c'estirrifer le vieefliiIttqBi» eoniger.Geqn'onfie saurait enipêdier,ïïfiniîlepermelii^ jnalgrft les abus qui en sont songent la suite. Que feflMli ontleor origine dans le luxe, la]aIou8ie,raYariee«l!vKi Italie et antres mauvaises passions l On les snjporb^ <ii pendant, parée qoé les lois n'ont pas de moyen é$^ n^^rimer, Uen qne ee soient des YÎces réels; à pl^s î «ison fluit-il permettre la liberté de la pensée i une vertu et qu'on ne saurait étoidEer. Ajoutes qa'i ne donne lieu à anenn inconvénient que les ma ~ a;fès l'antorité dont ils sont revêtus, ne puissent M ment éviter, comme je le montrerai tout A llieure. JeiS ferai pas mémo remarquer que cette liberté de la pensK est absolument nécessaire an développement des scieneai et des arts, lesquels ne sont cultivés avec succès et boQbeur que par les bommes qui jouissent de toute la liberté et de toute la plénitude de leur esprit. . Mais admettons qu'il soit possible d'étouffer la liberté des bommes et de leur imposer le joug, à ce point qii!Qi u'osent pas môme murmurer quelques paroles sans Tap* probatioa du souverain : jamais, à coup sûr, on n'empftobéra qu'ils ne pensent selon leur libre volontéi Qoe suivra-t-il donc de là ? c'est que les hommes penseront d'une façon, parleroot d'une autre, que par conséquent la bonne foi, vertu si nécessaire à l'État, se co^ rompra, que l'adulation, si détestable, et la perfidie seront en honneur, entraînant la fraude avec elles ef par suite la décadence de toutes les bonnes et saines habitudes. Mais tant s'en faut qu'il soit possible 3'à* mener les hommes à conformer leurs paroles à une injoncdon déterminfeô ; a\x CQuVx^vt^^ ^^^.^ qv\ fait d'rf» forts pour leur rav>r U'fiSùex\.fe^^\^^fc^%^^»^*^^ ^"^^ Client et résistent* B\eTie\i\.eBà»..Sï^fe\^'^^^^^^\^^^
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avares, des flatteurs et autres gens sans vertu et sans énergie, qui font consister tout leur bonheur à contempler leur coflFrc-fort et à remplir leur estomac, mais de ces dtdyens qui doivent à une bonne éducation, à Tintégrité et à la pureté de leurs mœurs, un esprit plus libéral et, plus élevé. Les hommes sont ainsi faits, la plupart du temps, qu'il n'est rien qu'ils supportent avec plus d'impatience que de se voir reprocher des opinions qu'ils considërent comme vraies, et imputer à crime ce qui au contraire anime et soutient leur piété envers Dieu et envers leurs semblables. Voilà. ce qui fait que les hommes Unissent par prendre les lois en horreur et par se révolter contre les magistrats; voilà, ce qui fait qu'ils ne conddèrent pas comme une honte, mais comme une chose lionorable, d'exciter des séditions et de tenter mille entreprises violentes pour un motif de conscience. Or, puisqu'il est constant que la nature humaine est ainsi faite, ne s'ensuit-il pas que les lois qui concernent les opinions s'adressent, non pas à des coupables, mais à des hommes libres, qu'au lieu de réprimer et de punir des méchants, elles ne font qu'irriter d'honnêtes gens, qn'enfin on ne saurait , sans mettre l'État en danger de raine, prendre leur défense ? Ajoutez à cela que des lois de cette nature sont parfaitement inutiles. En effet, conddère-t-on comme saines et vraies les opinions condamnées par les lois, on n'obéira pas aux lois; repous- W-t-on au contraire comme fausses ces mêmes opinions, on acceptera alors les lois qui les condamnent comme une sorte de privilège, et on en triomphera à ce point que les magistrats, voulussent-ils ensuite les abroger, ne le pourraient pas. Ajoutez encore les considérations que nous avons déduites de l'histoire des Hébreux, chapitre xviii, remarque ii, et enfin tous les sophismes qui se sont flevés dans le sein de l'Église par cette se\x\^ tîâ^wi^^ les magistrats ont voulu étouffer sous Yac.\;\o\i ^e^\^v^ is controverses des docteurs. C'est qtf eueî^cX., ^^^^^ mmes n'espéraient mettre les lois el les moL^^^^^^"^^ ^^
iii«L
leur ptrilj trimipher ras •efimurtiong de k flnli conquérir lee homieiirs, on ne retrait pie Intd't ' site se mêler à leurs luttes,, tint de eolAre agiler esprits. Et ee n'est pas sealement la raisoa, e'est aud Texpérienee qui promre, par des exemples jonnuAen, qoe ces Ids, qui prescrireot i chaenh ee qall doit cnia et défendentde parier on d'écrire -contre tdie on IsDi opinion, ont été instituées an profit de quelques cilO|n% ou plutôt pour conjurer la colère de ceux qui ne pemi||^ supporter la liberté de llntelligence, et qd, grice àwi funeste autorité, peuTent Cmlement changer en lànf la dévotion d'une populaos séditieuse et diriger sa si» 1ère A leur gré* Combien ne seraitril pas phis sage éi contenir la colère et la flirenr de la finde, an.ftp dlnstituer ces lob inutiles qui ne sauraient être :^ lées que par ceux qui opt Famour de la Tertu et^d» bien, et de mettre l'État dans la dure nécessité de ne pouvoir tolérer d'hommes libres dans son sein I Quoi de plus funeste pour un État que d'envoyer en exil; comme des méchants , d'honnêtes citoyens , parce qu'ils n'ont pas les opinions de la foule et qu'ils ignorent l'art de feindre ? Quoi de plus fatal que de traiter en ennemis ^ d'envoyer à la mort des hommes qui n'ont comims d'autre crime que celui de penser avec indépendance! Voilà donc l'échafaud, épouvante des méchants, qui devient le glorieux théâtre où la tolérance et la verta brillent dans tout leur éclat et couvrent publiquement d'opprobre la majesté souveraine I Le citoyen qui se sait honnête homme ne redoute point la mort comme le scélérat et ne cherche point à échapper au supplice. C'est
que son cœur n'est pas torturé par le remords d'avdr commis une action honteuse : le supplice lui parait honorable, et il se fait gloire de mourir pour la bonne cause et pour la liberté. Quel exemple et quel bien peut donc produire une telle mort, àouW^^ m^^\l^, vgws^'^ ^t tes gens oisifs et sans (iner^Çi , ^oxvV ^^\fc^\fe^ ^^ \^^ ^^ tieux et chéris des gen^ â^^ ^v^^'^ ^ ^^^^ ^^ ^^"^
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; apprendre à ce spectacle qu'une chose, à imiter blés martyrs, ou, si Ton craint la mort, à se faire e flatteur du pouvoir.
>on obtenir des citoyens, non une obéissance mais une fidélité sincère, veut-on que le souvenserve Tautorité' d'une rnain ferme et ne soit pas de fléchir sous les efforts des séditieux , il faut te nécessité permettre la liberté de la pensée, et ner les hommes de telle façon que , tout en Duvertement divisés de sentiments, ils vivent lant dans une concorde parfaite. On ne saurait que ce mode de gouvernement ne soit excellent t que de légers inconvénients , attendu qu'il est ement approprié à la nature humaiue. N'avonsas montré que dans le gouvernement démocrate plus voisin de l'état naturel ) tous les citoyens eut par un pacte à conformer à la volonté comleurs actions , mais non pas leurs jugements et pensées, c'est-à-dire que tous les hommes, no it pas avoir sur les mêmes choses les mêmes sen- 3, ont établi que force de loi serait acquise à toute i qui aurait pour elle la majorité des sufifrages, en servant cependant le pouvoir de remplacer cette i par une meilleure, s'il s'en trouvait 7 Moins donc orde aux hommes la liberté de la pensée, plus on e de l'état qui leur est le plus naturel, et plus par lient le gouvernement devient violent. Faut-il ir que cette liberté de penser ne donne lieu à inconvénient que l'autorité du souverain pouvoir )se facilement éviter, et qu'elle suffit à retenur des 3s ouvertement divisés de sentiments dans un t réciproque de leurs droits, les exemples abont il ne faut pas aller les chercher bien loin : citons d'Amsterdam, dont l'accroissement considérable^ l'admiration pour les autres naliou^, xC^^V. ^^\^ s cette liberté. Au sein de celle floùa^wiV.^ xfe^'^de cette ville éminente , loua les \iomTCkfc^ ^ ^^
toute nation et de toute secte, vivent entre eux dans la concorde la plus parfaite ; et pour confier ou non leur bien à quelque citoyen, ils ne s'informent que d'une chose: est-il riche ou pauvre, fourbe ou de bonne foi? Quant aux différentes religions ejt aux différentes sectes, que leur importe ? Et de même devant les tribunanx, le juge ne tient aucun compte des croyances religieuses pour l'acquittement ou la condamnation d'un accusé, et il n'est point de secte si odieuse dont les adeptes (pourvu qu'ils ne blessent le droit de personne, rendent à chacun cm qui lui est dû, et vivent selon les lois de l'honnêteté ) ne troovent publiquement aide et protection devant les magistrats. Au contraire, lorsque autrefois la querelle religicnse des Remontrants et des Gontreremontrants commenta à pénétrer dans l'ordre politique et à agiter les États, on vit la religion déchirée par les schismes , et mille exemples prouvèrent sans réplique que les lois qui concernent la religion et qui ont pour but de couper court aux controverses, ne font qu'irriter la colère des hommes au lieu de les corriger, qu'elles sont pour beaucoup l'occasion d'une licence sans limite , qu'en outre les schismes n'ont pas pour origine l'amour de la vérité (lequel est au contraire une source de douceur et de mansuétude), mais un violent désir de domination : ce 'qui prouve plus clair que le jour que les vrais scliismatiques sont bien plutôt ceux qui condamnent les écrits des aulrcs et animent séditicuscment contre les écrivains la foule effrénée, que les écrivains eux-mêmes, qui, la plupart du temps, ne s'adressent qu'aux doctes et n'appellent à leur secours que la seule raison; de plus, que ceux-là sont de vrais perturbateurs de l'ordre public qui dans un État libre, veulent détruire cette liberté delà pensée que rien ne saurait étouffer.
Ainsi nous avons montré : 1" qu'il est impossible de ravir aux hommes \a \v>û^\\^ Ôl^ ^vc^ ^'^ ^'Us i^enscot; 2"* que y sans porler aUeîtA.^^. ^v^^ ^^^^"^ ^ W^\to\^'t^ souverains, cette AibetVfe \)^xi\- ^^^ ^^^^^^i^^^^^^^^
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pourvu qall n'en profite pas pour introduire . innovation dans TÉtat ou pour commettre quelion contraire aux lois établies; 3^ que chacua ir de cette même liberté sans troubler la traii* 3e rÉtat et sans qu'il en résulte dlnconvénieiUi répression ne soit facile; i*" que chacun en peut 13 porter atteinte à la piété ; 5<> que les lois qui mt les choses de pure spéculation sont pa^it inutiles ; 6^ enfin que non-seulement cette 3eut se concilier avec la tranquillité de l'État^ piété , avec les droits du souverain , mais eor» elle est nécessaire à la conservation de tous ces objets. Là en ejffet où l'on s'ejfforce de la ravir imes, là où Ton fait le procès ^ux opinions dis- , et non aux individus, qui seuls peuvent faillir, it les honnêtes gens dont le suppUce est donné iple, et ces supplices sont considérés comme de artyres qui enflamment la colère des gens de bien !nt en eux des sentiments de pitié , sinon de venau Heu de porter la frayeur dans leur âme. Alors es pratiques et la bonne foi se corrompent , la et la perfidie sont encouragées, les ennemis des triomphent en voyant le pouvoir faire de telles ons à leur fureur et par là se constituer sectateur 2trine dont ils se donnent pour interprètes. Qu'arenfin? que ces hommes usurpent toute autorité, iigissent point de se déclarer immédiatement élus i, de proclamer divins leurs décrets, et simpleimains ceux qui émanent du gouvernement, afin )umettre aux décrets divins , c'est-à-dire à leurs décrets. Or qui ne sait combien cet excès est e au bien de l'État? C'est pourquoi je conclus, je l'ai déjà fait au chapitre xviii , qu'il n'y a rien sûr pour l'État que de renfermer lîi i^\\^\wi ^\ tout entière dans Texercice delà diaiWfe ^X. ^^ fei'e5i[reiat/re i'autori té du souveram^ a\xs»^^'^'^^^^ concerne les choses sacrées q\xe les cXioae^'Ç^^*
332 Tiuiri th£qu)gicx>-foiitiqub.
fanes, anx actes seuls, et de pennettre, du reste, à èhacmi de penser librement et d'exprimer librement sa pensée. Ici se termine l'exposition de la doctrine qae j'aviis résolu d'établir dans ce Traité. Il ne me reste plus qa'A déclarer que je n'ai rien écrit dans ce livre que je ne soumette de grand cœur à l'examen des souverains de ma patrie. S'ils jugent que quelqu'une de mes paroles soit contraire aux lois de mon pays et au bien public, je la désavoue. Je sais que je suis bomme, et que j'ai po me tromper; mais j'ose dire que j'ai fait tous mes efforts pour ne me tromper point et pour confonner avant tout mes écrits aux lois de ma patrie, à la piété et aux bonne ^ mœurs.
Mi