Lors donc que j'ai résolu d'appliquer mon esprit
la politique, mon dessein n'a pas été de rien décounir j
de nouveau ni d'extraordinaire, mais seulement de dé- 1
montrer par des raisoivs c^tV^vcv^'s» ^\\\idwbUables ou.^ f
d'autres termes, de dèdw^ ô.^\^ ^^w^x^^^^vw^s^.^'
genre humaiu un eexVam xvoxs^^^ ^^ ^^xsvk.^^%^ï^^
TEAITÉ POLITIQUE. 353
ment d'accord avec Texpérience; et pour porter dans cet ordre de recherches la même liberté d'esprit dont on use en mathématiques, je me suis soigneusement abstenu de tonmer en dérision les actions humaines, de les prendre en pitié ou en haine ; je n'ai voulu que les comprendre. En £eiGe des passions, telles que l'amour, la haine, la colère, l'envie, la vanité, la miséricorde, et autres mouvements de l'àme, j'y ai vu non des vices, mais des propriétés^ qui dépendent de la nature humaine, comme dépendent de la nature de l'air le chaud, le froid, les tempêtes, le 'tonnerre, et autres phénomènes de cette espèce, lesquels sontnécessaires, quoique incommodes, et se produisent en vertu de causes déterminées par lesquelles nous nous efforçons de les comprendre. Et notre âme, en contemplant ces mouvements intérieurs, éprouve àvtant de joie qu'au spectacle des phénomènes qui charment les sens.
S. n est en effet certain (et nous l'avons reconnu pour ^rai dans notre Ê4hique *) que les hommes sont nécessairement sigets aux passions, et que leur nature est ainsi faite qu'ils doivent éprouver de la pitié pour les malheureux et de l'envie pour les heureux, incliner vers la vengeance plus que vers la miséricorde ; enfin chacun ne peut s'empêcher de désirer que ses semblables vivent i ta guise, approuvent ce qui lui agrée et repoussent ce qoi lui déplait. D'où il arrive queJ;ous désirant être les jnmiers^ une lutte a'engage, on cherche à s'opprimer icéeiproquement, et le vainqueur est plus glorieux do iort fait à autrui que de l'avantage recueilli pour soi. S quoique tous soient persuadés que la religion nou.^ enseigne au contraire à aimer son prochain comme soinême, par conséquente défendre le bien d'autrui comme ^^ sien propre, j'ai fait voir que cette per^asion a peu ^Vtnpire sur les passions. Elle reprend, il eal Nt^\^ %r>xv '•fluence à l'article de la mort, alors que \a m^^^^ ^
'• r<fjeg ÉOfqtse, part. 3 et 4
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dompté jusqu'aux passions mômes et que l'homme g)t languissant, ou encore dans les temples, parce qu'on B*f pense plus au commerce et au gain; mais au forum et à la cour, où cette influence serait surtout nécessaire, elle ne se fait plus sentir. J'ai également montré que, si la raison peut beaucoup pour réprimer et modérer les passions, la voio qu'elle montre à Tbomme est des plus ardues ', en sorte que, s'imaginer qu'on amènera la moititude ou ceux qui sont engagés dans les luttes de 1« tie publique h régler leur conduite sur les seuls préceptes de la raison, c'est rêver l'âge d'or et se payer de ehimères*
6. L'État sera donc très-peu stable, lorsque son sahit dépendra de Tbonjêteté d'nn individu et que les afhires ne pourront y- être bien conduites qu'à condition d'être dans des moins honnêtes. Pour qu'il puisse durer, il faut que les airaires publiques y soient ordonnées de telle sorte que ceux qui les manient, soit que la raison, soit que la passion les fasse agir, ne puissent être tenté? d'ôtre de mauvaise foi cl de mal faire. Car peu importe, quant à la sécurité de TÉtat, que re soit par tel on tel motif que les gouvernants administrent bien les affaires, pourvu que les affaires soient bien administrées. LaBberlé ou la force de l'Ame est la vertu des particuliers; mais la vertu de l'État, c'est la sécurité.
7. Enfin, comme les hommes, barbares ou civilisés, s\inissent partout entre eux et forment une certaine soci^t^ civile , il s'ensuit que ce n'est point aux maximes de b raison qu'il faut demander les principes et les fouitments naturels de l'État, mais qu'il faut les déduire * la nature et de la condition commune de Thumanité; rt c'est ce que j'ai entrepris de faire au chapitre suivant.
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