‹ Œuvres de Spinoza (volume 5)Chapitre 86 sur 109 · La parole doimfe^ ^ ^xiNroà.^ o^çk^sÀ ^^^sàs · texte numérisé non relu

La parole doimfe^ ^ ^xiNroà.^ o^çk^sÀ ^^^sàs

TRÀJTi POUTIQUE. 861

^age, de bouche seulement, à faire telle ou telle cliose [a'il était dans son droit de ne pas faire^ ou à ne pas. aire telle ou telle chose qu'il était dans son droit de aire, cette parole ne reste yalable qu'autant que celui [ui l'a donnée ne change pas de volonté. Car, s'il aie Kravoir de reprendre sa promesse, il n'a en réalité rien ^dé de son droit, il n'a donné que des paroles. Si donc l&dividu, qui est son propre juge par droit de nature, a âgé, à tort ou à raison (car l'homme est sujet à l'erreur), [a'il résulte de l'engagement contracté plus de dommage [ne d'utilité, il estimera qu'il y a lieu de la violer, et 01 vertu du droit naturel (par l'article 9 du présent cha« dtre) il le violera.

13. Si deux individus s'unissent ensemble et associent eurs forces, ils augmentent ainsi leur puissance et par lonséquent leur droit; et plus il y aura d'individus lyant aussi formé alliance, plus tous ensemble auront le droit.

. 14. Tant que les hommes sont en prpie à la colère, à 'envie et aux passions haineuses , ils sont tiraillés en dirers sens et contraires les uns aux autres, d'autant plus redoutables qu'ils ont plus de puissance, d'habileté et de ruse que le reste des animaux ; or les hommes dans la ^upart de leurs actes étant sujets par leur nature aux ^sions (comme nous l'avons dit à l'article 3 du chapitre précédent), il s'ensuit que les hommes sont naturellement umemis. Car mon plus grand ennemi, c'est celui que j'ai le plus à craindre et dout j'ai le plus à me garder.

15. Nous avons vu (à l'article 9 du présent chapitre) ^e chaque individu dans l'état de nature s'appartient k jui-même tant qu'il peut se mettre à l'abri de l'oppreslion d'autrui; or, comme un seul homme (Bst incapable te se garder contre tous, il s'ensuit que le droit naturel lel'homme,.tant qu'il est déterminé par la'puissance de chaque individu et ne dérive que de \\x\, ft^X. xwy\ ^^^^^ un droit d'opinion plutôt qu'un droit xèe\, ^xsàscgûL^ l^fc^ 'assure qu'on en jouira avec sécurité. TL^ Vi ^«X c«^^>^^ n, %\

•36S TRAITÉ FOLinOUB.

que chacun a d*autant moins de puissance, parcoBséqaent d'autant moins de droit, qu'il a un plus grand sujet de crainte. Ajoutez à cela que les hommes sans un seconn mutuel pourraient à peine sustenter leur vie et cultiver leur âme. D'où nous concluons que le droit naturel, qui est le propre du genre humain, ne peut guère se concevoir que 1& où les hommes ont des droits communs, possèdent ensemble des terres qu'ils peuvent habiter -et cultiver, sont enfin capables de se défendre, de se foriifier, de repousser toute violence, et de vivre comme ils l'entendent d'un consentement commun. Or [parrarticle i3du présent chapitre), plus il y a d'hommes qui forment ainsi un seul corps, plus tous ensemble ont de droit, et si c'est pour ce motif, savoir, que les hommes dans l'état de nature peuvent à peine s'appartenir à eux-mêmes, ai c'est pour cela que les scolastiqucs ont dit que rhomme est un animal sociable, je n'ai pas à y contredire.

IG. Partout où les hommes ont des droits communs et sont pour ainsi dire conduits par une seule ùme, il est certain (par Turticle 13 du présent chapitre) que chacun d'eux a d'autant moins de droits que les autres ensemble sont plus puissants que lui, en d'autres termes, il n'a d'autre droit que celui qui lui est accordé par le droit commun. Du reste, tout ce qui lui est commandé parla volonté gônôrale, il est tenu d'y obéir, et (par l'article 4 du présent chapitre) on a le droit de l'y forcer.

17. Ce droit, qui est défini par la puissance de la multitude , on a coutume de l'appeler VÉtat. Et celuilà est en pleine possession de ce droit qui, du consentement commun , prend soin de la chose publique , c'estr à-(lirc établit les lois, les interprète et les abolit, forlifi* les villes, décide du la guerre et de la paix, etc. Quesitont cela se fait par une assemblée sortie de la masse Jo peuple, l'Ktat s'appelle démocratie; si c'est par quelques 1. hommes choisis, VÈVaV. a'^^^^^^ (xT\%icicra<ie ; par un seul | enfin, monarchie. K^

iS. Il résulte dea ç^VxvXa (iW^Xi^ ^^ ^^ ^\%\\\\^ ^>

TAAITi- POUTIQL'S. 363

dans l'état de nature il n'y a pas de péché , ou que ii> quelqu'un pèche, c'est envers soi-même et non entera autrui; personne en effet dans l'état de nature a'est tenude se -conformer, à moins que ce ne soit de Mm plein gré, aux volontés d^autrui, ni de trouver bon wa mauvais autre chose que ce que lui-môme juge bon mi mauvais selon son caractère, et rien n'est absolument défendu par le droit naturel que ce que nul ne |Viat faire (voyez los articles 5 et 8 du présent chapitre). Qr, qu'est-^e que le péché 1 une action qui ne peut être Gûte à laon droit. Que si les hommes étaient tenus par institution naturelle d'être conduits par la raison, tous ■lors seraient néeessairemcnt conduits par la raison; car lesi institutions de la. nature sont les institutions de Dieu (parles ai'ticlcs.â et 3 du présent chapitre), et Dieu les a établies librement, aussi librement qu'il existe; d'où il soit qu'<3lles résultent de. la. nature divine (voyez l'article 7 du. présent chapitra), et par conséquent qu'elles sont étemelles et ne peuvent être violées. Mais les hommes sont presque toi;gours conduits par l'appétit sans raison, œ qui n'empêche. pas qu'ils ne suivent nécessairement l'ordre île la nature, loin de le troubler; et c'est pourqaoi .l'ignorant y dont l'àme est impuissante, n'est pas plus obligé par le droit naturel de gouverner sa vie avec sagesse que le malade n'est tenu d'avoir un corps sain.

19. Ainsi doncle péché ne ae peut concevoir que dans ) WD ardre social où le bien et le mal sont déterminés par le droit commun , et où nul ne fait à bon droit (par l'artisle.lâdu présent chapitre) que ce qu'il fait conformésaent à la vx)lonté générale. Le péché ^ en effet, c'est ^eomme nous l'avons dit à l'article précédent) ce qui ne 9e*;c être fait à bon droit, ou ce qui est défendu par la Jâ; VabéissancCf au contraire, c'est la volonté constante ci!eaLécuter< ce que la loi déclare bon, ou ce qui est coofi)rine à la volonté générale.

âO. Il ost d'usage cependant d'appeler a\x.^À pèche ^^ W se. fait contre le commandcmcut.dela aaaiû x^aàs»^^-»

364 TRAITÉ ponnQUE.

et obéissance la volonté constante de modérer ses appétits selon les prescriptions de la raison ; à quoi je consentirais volontiers, si la liberté de l'homme consistait dans la licence de l'appétit et sa servitude dans l'empire de la raison. Mais comme la liberté humaine est d'autant plus grande que l'homme est plus capable d'être conduit par la raison et de modérer ses appétits, ce n'est donc qu'improprement que nous pouvons appeler obéissance la vie raisonnable , et péché ce qui est en réalité impuissance de l'àme et non licence , ce qui fait l'hoiùme esclave plnlftt que libre. Voyez les articles 7 et 11 du présent chapitre.

21. Toutefois comme la raison nous enseigne à pratiquer la piété et à vivre d'un esprit tranquille et bon, ce qui n'est possible que dans la condition sociale, et en entre, comme il ne peut se faire qu'un grand nombre d'hommes soit gouverné comme par une seule àme (ainsi que celi est requis pour constituer un État), s'il n'a un ensemble de lois instituées d'après les prescriptions de la raison, ce n'est donc pas tout à fait improprement que les hommes, accoutumés qu'ils sont à vivre en société, ont appelé 1 péché ce qui se fait contre le commandement de la rai- r son. Maintenant pourquoi ai-je dit (à l'article 18 de ce chapitre) que , dans l'état de nature, l'homme , s'il pèche, ne pèche que contre soi-même, c'est ce qui sera éclairci bientôt (au chapitre iv, articles \ et 5), quand je montrerai dans quel sens nous pouvons dire que celui qui gouverne rÉtat et tient en ses mains le droit naturel est soumis aux lois et peut pécher.

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