QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE. %U
pen9ê le moinsy c'est la mort; 0t sa sagesse n*estpoifiU un# miHtt^* twn de la mort, mais de la vie.
Dbmqnstr. L*homine libre, o'eaM^dire qui vit suivant les aeub conseils de la raison, n'est point dirigé dans sa conduite par la crainte (par la Propos. LXIIl, part, 4) ; mais il désire directement le bien (par le ÇorolL de la même Propos,) : c'est*à**dire (par la Propos, XXIV, part, 4), qu'il désire agir, vivre, conserver son être d'après la règle de son intérêt propre ; et, par conséquent, il n'est rien à quoi il pense moins qu'à la mort, et sa sagesse est la méditation de la vie. C. Q. F. D.
Propos. LXVIII. Si les hommes naissaient libres, ils ne se /ormeraient aucune idée du bien ou du mal tant qu'ils garderaient cène liberté,
DÉMONSTR. J'ai appelé libre celui qui se gouverne par la seule raison. Quiconque, par conséquent, naît libre et reste libre, n'a d'autres idées que des idées adéquates, et, partant, il n'a aucune idée du mal (par le Coroll, de la Propos, LXJV, part, 4), ni du bien (puisque le bien et le mal sont choses corrélatives). C. Q. F» D.
ScHOL. Il est évident, par la Propos. IV, part. 4, que l'hypothèse contenue dans la Proposition qu'on vient de démontrer est fausse et ne peut se concevoir, si ce n'est toutefois en tant que Ton regarde ieule<« ment la nature humaine , ou plutôt Dieu , considéré non comme inGni, mais comme cause de l'existence de l'homme, Et c'est là une vé« rilé qu'il semble que Moïse ait voulu représenter, ainsi que quelques autres déjà démontrées, dans son histoire du premier homme, On n'y trouve en effet d'autre puissance conçue en Dieu que celle dont il a fait usage en créant l'homme, c'est-à-dire en veillant aux seuls intérêts de l'homme; et c'est dans ce sens qu'il faut entendre ce récit de Moïse, que Dieu défendit à l'homme libre de manger le fruit de l'arbre de la science du bien et du mal, et lui déclara qu'aussitôt qu'il en mangerait, il craindrait aussitôt la mort plus qu'il ne désirerait la vie. Vient ensuite cet autre récit, que rhomme, ayant trouvé une épouse, laquelle convenait parfaitement à sa nature, reconnut qu'il ne pouvait y avoir dans la nature rien qui lui fût plus utile ; mais dès qu'il crut que les bêtes étaient des èlres semblables à lui, il commença aussitôt d'imiter leurs passions (voyez la Propos, XXVII, part, 3) et de perdre sa liberté.
Plus tard, cette liberté a été recouvrée par les patriarches guidés par l'esprit du Christ, c'esl-à-dire par l'idée de Dieu, qui seule peut faire que l'homme soit libre et qu'il désire pour les autres le bien qu'il désire pour soi-même, comme on Ta démontré plus haut (par la Propos. XXXVII , part. i).
Propos. LXIX. La vertu de Ihomme libre se montre aussi grande à éviter ies périls qu'à en triompher.
DÉMONSTR. Une passion ne peut être empêchée et détruite que par une passion contraire et plus forte [par la Propos. IX, part. 4 . Or, l'audace aveugle et la crainte sont des passions qu'on peut concevoir comme également grandes [par les Propos. VeiJII, part. i). Donc une aussi grande vertu est nécessaire à l'âme, ou un aussi grand courage [voyez-en la Déf. dans le Schol. de la Propos. LIX, part. 3] lui est nécessaire pour contenir l'audace que la crainte ; c'est-à-dire (par les Déf, XL et XLI des pass.) qu'il y a pour l'homme libre une aussi grande vertu à éviter les périls qu'à en triompher. C. Q. F. D.
CoROLL. On doit tenir compte à l'homme libre d'un aussi grand courage quand il prend la fuite en de certains moments que s'il engageait la lutte ; en d'autres termes, l'homme libre choisit la retraite comme le combat , avec un égal courage , une égale présence d'esprit.
ScHOL. J'ai expliqué, dans le Schol. de la Propos. LIX, part. 3. ce que c'est que le courage ou ce que j'entends par ce moi. Par péril, j'entends tout ce qui peut être cause de quelque mal, comme la tristesse, la haine, la discorde, etc.
Propos. LXX. L'homme libre qui vit parmi des ignorants s efforce, autant qu'il est en lui, de se soustraire à leurs bienfaits.
Dbmonstr. Chacun juge de ce qui est bien suivant son caractère (voyez le Schol. de la Propos. XXXIX, part. 3). L'ignorant qui a rendu un service en estime donc le prix suivant son caractère : et s'il s'aperçoit que l'obligé en fait moins de cas qu'il ne faut, il e«i saisi de tristesse [par la Propos. XLfl, part. 3). Or, Thomn.»* libre désire s'unir aux autres hommes par l'amilié [en vertu de in Propos. XXXVII, part. 4) ; mais ce qu'il veut, ce n'est pas de leur rendre des bienfaits qui leur paraissent égaux à ceux qu'il en reçoit; il veut les conduire et se conduire lui-même par le libre