‹ Œuvres de SpinozaChapitre 107 sur 199 · QUATRIÈME PARTIE. -- D£ L'ESCLAVAGE. S · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. -- D£ L'ESCLAVAGE. S

ScuoL. Toutes ces qualités de rbomme libre que nous venons d'exposer se rapportent au courage , c'est-à-dire (par le Schoî. de la Propos. LIX, part, 3) à la bravoure et à la force d'âme. Et je ne crois pas nécessaire d'expliquer Tune après l'autre toutes les propriétés du courage, bien moins encore de faire voir que l'homme courageux n'a pour personne ni haine, ni colère, ni envie, ni indignation, ni mépris, et qu'il ne se laisse point exalter par l'orgueil. Car tout cela se déduit facilement des Propos. XXXYH et XLYI, part. 4, ainsi que tout ce qui concerne la vie véritable et la religion. Je veux dire que la haine doit être vaincue par l'amour, et que tout homme que la raison conduit désire pour les autres ce qu'il désire pour soi-même. Ajoutez que l'homme courageux, ainsi que nous l'avons remarqué déjà dans le Schol. de la Propos. L, part. I, et dans plusieurs autres endroits, médite sans cesse ce principe , que toutes choses résultent de la nécessité de la nature divine, et, en conséquence, que tout ce qu'il juge mauvais et désagréable, tout ce qui lui parait impie, horrible, injuste et hon-^ teux, tout cela vient de ce qu'il conçoit les choses avec trouble et confusion, et par des idées mutilées; et, dans cette conviction, il s'efforce, par-dessus tout, à comprendre les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, et à écarter les obstacles qui nuisent à la vraie connaissance , comme la haine, la colère, l'envie, la moquerie, l'orgueil et autres mauvaises passions , que nous avons expliqués plus haut. L'homme (courageux s'efforce donc, par cela même, autant qu'il est en lui , de bien agir et de vivre heureux. Mais jusqu'à quel point l'humaine vertu peut-elle atteindre ces avantages, et quelle est sa puissance? C'est ce que j'expliquerai dans la partie suivante.

Page 1