QUATRIÈME PARTIE. — DE L'ESCLAVAGE
■nivànt les commandeiAsnts de la raison, noa par crainte ou par everaioQ , mais par des senliments où domine In joie.
Chap. XXVI. Excepté l'homme, nous ne connaissons dans la nature aucun être pvticulier dont l'âme noua puisse rendre heureux, et avec lequel l'amitié nous puisse unir, ou tout aulrelien de même espèce. Par conséquent la loi de notre intérêt ne nous ordonne point de conserver quelque être que ce soil, excepté l'homme; elle nous dit BU contraire de conserver ou de détruire tes autres êtres à notre gré, selon l'usage que nous en voulons Taire, et en général, de les approprier de toutes fac«na à notre service.
Chap. XXVII. L'utilité que nous lirons des choses exlérieures consiste surtout, sans parler de l'expérience et des connaissances que nouti iHJut Ounnei lubje[\yLiuri île leur nature el de leurs transformations, dans la con^ervaiion <Il' noire corps; et par conséquent, les choses les plus utiles sont celles qui peuvent alimenter e( nourrir notre corps, de façon à ce i]\n' toutes ses parties s'acquittent parfaitement de leurs fonclion-;. I':ar plus le corps est propre à être afi'ecté de plusieurs façons et ù alfecter de [dusieurs façons à son tour les corps extérieurs, plu-: l'Ame est propre à la pensée " VIII ri XXXLX, part. i). Mais il est peu aient oe ciuiictère d'utilité , et c'est à :airc puni' iitjurrir le corps de se serse aalure. Ajoutez à cela conipo:^! 6i' jilii^ieurs partie-s de nature continuellemmiL besoin d'ahments divers fn soit égalenieiit propre à toutes les fonc^ c, l't par suite, aBn que l'âme t'voii un grand nombre de
lie-inms, les forces humaines ne s'aidaient mutuellement, ûf s(! procurer toutes choses, HMini, tout l'âme du vulgaire, L'iK'iiiant heureux sans y joinf iiiiiie espèce de bonheur.
kIs |ias attribuer cette Uabi- [it inr^ent par indigence ou
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d'avoir des enfants et de les élever avec sagesse. J*ajoute encore cette condition, que Tamour des deux époux ait sa cause principale , non dans le sexe, mais dans ta liberté de Tâme.
Chap. XXI. L'adulation est aussi un moyen de concorde , mais un moyen d'esclave, un moyen criminel et perfide. Aussi personne ne se laisse-t-il prendre à l'adulation, que les orgueilleux qui .veulent être au premier rang et n'y atteignent pas.
Chap. XXII. L'abjection a un faux air de piété et de religion. Mais tout opposée qu'elle soit à l'orgueil, rien n'est plus près d'un orgueilleux qu'un homme abject [voyez le SchoL de la Propos. LVU, part, 4).
Chap. XXIIL La honte est encore un moyen de concorde, mais seulement en ce qui regarde les choses qui peuvent être cachées. Du reste la honte, étant une sorte de tristesse, n'a rien à voir avec l'usage de la raison.
Chap. XXIV. Les autres passions dont l'homme est Tobjet, ei qui naissent de la tristesse, sont directement contraires à la justice, à l'équité , à l'honnêteté , à la piété et à la religion ; et bien que l'indignation ait une apparence d'équité, il n'en est pas moins vrai que tout régime légal est impossible là où chacun se fait juge des actions d'autrui , et prend en main la défense de ses propres droits et de ceux des autres.
Chap. XXV. La modestie , c'est-à-dire le désir de plaire aux hommes, fondé sur la raison, se rapporte à la piété (voyez le ScM, de la Propos, XXXVIIy part, 4). Mais si ce désir vient des passions , c'est l'ambition , qui sous une fausse apparence de piét^ n'enfante que discordes et séditions. En effet , celui qui désire aider ses semblables à jouir tous ensemble du souverain bien, soit en leur donnant ses conseils, soit en leur rendant des services efféctif>, s'efforce avant tout de se concilier leur amour, au lieu de chercher à les frapper d'admiration, afin que son nom reste allacbé à la doctrine qu'il leur enseigne ; il met tous ses soins à ne faire naître en eux aucun sujet d'envie. Dans les entreliens publics, il s'abstient de déclamer sur les vices des hommes ; et s'il parle de l'impuissance humaine^ il n'en parle qu'avec mesure; au contraire, il s'étend avec abondance sur la vertu ou la puissance del'homme, et sur les voies qu'il doit suivre pour vivre , autant que possible.