‹ Œuvres de SpinozaChapitre 117 sur 199 · CINQUIÈME PARTIE. — DE LÀ LIBERTÉ · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — DE LÀ LIBERTÉ

Dieu ne peut passer à une perfection plus grande que la sienne ou plus petite [par le CorolL II de la Propos. JCX, part, 4); et par suite (en vertu des Défin, Il et III des passions) il n'est sujet à aucune affection de joie ou de tristesse. G. Q. F. D.

CoROLL. Dieu, à parler proprement, n'aime ni ne hait personne. Car Dieu (par la Propos, précéd. ) n'éprouve aucune affection de joie ou de tristesse, et en conséquence {j)ar la Défin. VI et VII des passions) il n'a pour personne ni haine ni amour.

Propos. XVIII. Personne ne peut haïr Dieu.

DÉMONSTR. L'idée de Dieu, qui est en nous, est adéquate et parfaite (par la Propos. XLVI et XLVII, part 2). En conséquence, en tant que nous contemplons Dieu, nous agissons (par la Propos. III y part. 3), et parlant (par la Propos. L IX, part. 3) il est impossible qu'il y ait en nous un sentiment de tristesse accompagné de l'idée de Dieu, en d'autres termes {par la Défin. VII des p<tssions) , personne ne peut haïr Dieu. G. Q. F. D.

CoROLL. L'amour que nous avons pour Dieu ne peut se changer en haine.

ScHOL. On peut objecter cependant qu'en concevant Dieu comme cause de toutes choses, nous le considérons comme cause de la tristesse. Je réponds que la tristesse, en tant que nous en concevons les causes, cesse d'être une passion (par la Propos. III, part. 5) ; en d'autres termes (par la Propos. LIX, part. 3) , eRe cesse d'être la tristesse ; d'où il suit qu'en tant que nous concevons Dieu comme cause de la tristesse, nous éprouvons de la joie.

Propos. XIX. Cdui qui aime Dieu ne peut faire effort pour que Dieu Vaime à son tour.

DÉHONSTR. Si rhomme faisait un tel effort, il désirerait donc (par le Coroll. de la Propos. XVII, part. 5) que ce Dieu qu'il aime rte fût pas Dieu, et en conséquence {par la Propos. XIX, part. 3), il désirerait être centriste , ce qui est absurde ( par la Prû^ pos. XXVIII. part. 3). Donc celui qui aime Dieu, etc. G. Q. F. D.

Propos. XX. Cet amour de Dieu ne peut être souillé par aucun sentiment d'envie ni de jalousie; et il est entretenu en nous avec d'autant plus de force que nous nous représentons un plus grand nombre d'hommes comme unis avec Dieu de ce même lien d'amour.

DÉHONSTR. Cet amour de Dieu est le bien le plus élevé que puisse

délirer uoe àme quQ ta raison gouverne (par la Propo». XXVIU^ farU k)\ W est commun à tous les hommes {par la Propos. XXX Vl^ part. 4) « et nous désirons que tous nos semblables eo jouissent (par la Propos. XXXVII, part. 4); par conséquent (en vertu de la DéfiUs XX m des passions), '\\ ne peut être souillé d'aucun mélange d'envie ni de jalousie ( par la Propos. XYIII, part. 5, et la Défin. 4e la jalousie qui se trouve au Schol. de la Propos. XXXV, part. 3); au contraire (par la Propos. XXXI , part. 3), cet amour de Dieu doit être entretenu en nous avec d'autant plus de force, que nous imaginons un plus grand nombre d'hommes jouissant du bonheur qu'il procure. C. Q. F. D.

Schol. Nous pouvons faire voir de la même manière qu'il n'y a aucune passion directement contraire à l'amour de Dieu , et qui puisse le détruire ; d'où il suit que l'amour de Dieu est de toutes nos payions la plus constante, et en tant qu'il se rapporte au corps, ne peut être détruit qu'avec le corps lui-^méme. Quant à la nature de cet amour, en tant qu'il se rapporte uniquement à l'àaie, c'e»l ce que nous verrons plus tard.

Dans les propositions qui précèdent, j'ai réuni tous les remèdes des passions, G'est-<à--dire tout ce que l'âme, considérée uniquement en elle-même, peut contre ses passions. H résulte de là que la puissanoede l'âme sur les passions consiste : i^ dans la conikaissance même des passions (voyez le Schol. de la Propos, /r, part. &) ; 2^ dans la séparation que Tâme effectue entre telle ou telle passion et la pensée d'une cause extérieure confusénaent ima* giné0 (voyez la Propos, II, et son Sekol. et la Propos. IV, pari. 5; ; 3® dans le progrès du temps qui rend celles de nos affecliotts qui se rapp^H'leDt à des choses dont nous avoas l'inlelUgenoe, aupé- Tieures aux afiectioiis qui se rapportent i des choses doiil boos n'avons que des idées confuses et mutilées (voye% la Propos. 17/, porl. 5) ; 4<* dans la multitude des causes qui entrelienneiil celles de nos passions qui se rapportent aux propriétés gônéralea des ehoses, ou à Dieu (voyez les Propos. IX et Jf/, pari. 5); 5* enfin dans l'ordre oà Tâme peut disposer et enchaîner ses pinnninm (voyez le Schol. de la Propos. X, et les Propos. XII, Xlti, XiV. part. 5). liai» pour que ce pouvoir de réme sur les pMo i o H D aoil mieux eomprifty il est important de faire avaal toul cette

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