‹ Œuvres de SpinozaChapitre 120 sur 199 · CINQUIÈME PARTIE. — DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — DE LA LIBERTÉ

suite (en vertu de la Déf, ÎI des passions) il est sai» de la joie la plus vive, laquelle (par la Propos, XLIII, part. %) egt accompa-* gnée de Tidée de soi-même et de sa propre vertu ; d'où il résulta enfm (par la Déf, XXV des passions) que de ce genre de connais^ sance naît pour Tâme le plus parfait repos. C. Q. F. D.

Propos. XXVIII. Le désir de connaître les choses d^tUM connais^ sance du troisième genre ou leffort que nous fiaisons pour cêto, ne peuvent naitre de la connaissance du premier genre; mais ils pev^ vent naitre de celle du second,

DÉHONSTR. Cette proposition est évidente d'elle-même; car tout ce que nous concevons clairement .et distinctement, nous le eonce«' vons ou par soi ou par autre chose qui est conçu par soi : en d'att^ 1res termes , les idées qui sont en nous claires et distinctes on qui se rapportent à la connaissance du troisième genre (voy, h SchoL II de la Propos. XL, part, 2) ne peuvent résulter des idées mutilées et confuses, lesquelles (par le mémeSch<^,) se rapportent à la connaissance du premier genre; mais bien des idées adéquates, c'est-à-dire (par le même Schol,) de la connaissance du second ei du troisième genre. Ainsi donc (par la Déf. I des passions) le désir de connaître les choses d'une connai:»sance du troisième genre ne peut naitre de la connaissance du premier genre, mais il peut naître de celle du second. C. Q. F. D.

Propos. XXIX. Tout ce que Vâme conçoit sous le caractère de r éternité, elle le conçoit non pas parce quelle conçoit en même temps l'&xistence présente et actuelle du corps , mais bien parce qu'elle conçoit Vexistence du corps sous le caractère de Vétemité,

Démonstr. L'âme , en tant qu'elle conçoit Texistence présente du corps, conçoit la durée, laquelle se détermine dans le temps, et elle n'a, par conséquent, que le pouvoir de concevoir les choses en relation avec le temps (par la Propos. XXI, part. 5, et la Fro^ pos. XXVI, part. 2). Or, l'éternité ne peut se déterminer par la durée (en vertu de la Déf. VIII, part. 1 , et V Explication qui la suit). Donc l'àme, sous ce point de vue, n'a pas le pouvoir de concevoir les choses sous le caractère de l'éternité ; mais comme il est de la nature de la raison de concevoir les choses sous le caractère de i'élernilé (par le Coroll, II de la Propos. XLIV, part. 2), et qu'il appartient aussi à la nature de l'âme de concevoir l'essence

3fO ÉTHIQUE.

du corp§ tous te caractère de Téternité (par la Propot. XXill, fHirt. Ti) , et comme enfin , hormis ces deux choses , rieo de plu^ n'appartient à l'essence de Tâme (par la Propo$. XIII, part. I , il s'em^uit que cette puissance de concevoir les choses sous le caractère de l'éternité n'appartient à Tâme qu'en tant qu'elle cooçoft Vmietïce du corps sous le caractère de l'éternité. C. Q. F. D.

Si'MOh. Nous concevons les chos(*s comme actuelles de deux manières; ou bien en tant que nous les concevons avec une relation à un temps ou un lieu déterminés, ou bien en tant que noua les ooo* rivons comme contenues en Dieu et résultant de la néceasilé de la nature divine. Celles que nous concevons de cette seconde façon comme vraies ou comme réelles, nous les concevons sous le caractère de rétemité, et leurs idées enveloppent l'essence étemelle et inQnie de Dieu, ainsi que nous l'avons montré dans la Propos. XLV, part. 2; voyez aussi le Scholie de cette Proposition.

l'AOPOS. XXX. Notre àme, en tant qu'elle cannaH ion eorpe H iu)i-méme sou$ le caractère de Vétemiiéy possède nécessairement la connaissance de DieUf et sait qu'elle est en Dieu et est conçue par Dieu.

Okuomrti, L'éternité est l'essence même de Dieu, en tant que cotte essence enveloppe l'existence nécessaire (par la Déf. MU, part, \), Pur conséquent, concevoir les choses sous le caractère de l'éternité, c'est concevoir les choses en tant qu'elles se rapportent, comme êtres réoln, à l'essence de Dieu; en d'autres termes, en tant que par Tesiionce do Dieu elles enveloppent l'existence. Ainsi donc notre Ame, en tant qulelle connaît son corps et soi-roôme soui^ le (!Ara(;loro de Téternilé, possède nécessairement la connaissance de Dieu et sait, etc. C. Q. F. D.

PiiOHOS. XXXI. La connaissance du troisième genre dépend de l*4me comme de sa cause formelle, en tant que lame elle-même est étornelle»

D^MONSTA. L'(\me ne conçoit rien sous le caractère de réternliû qu'en tant qu'elle conçoit l'essence de son corps sous le caractère do l'éternité (par la Propos. XXIX, part. îi), c'est-à-dire (par In Propos, XXI et XXill, part. 5) en tant qu'elle est éternelle; par ^nséquent (en vertu de la Propos, précéd,), en tant que Tàme <hi nclle, elle posst^de la connaissance de Dieu, et cette connais-

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