‹ Œuvres de SpinozaChapitre 121 sur 199 · CINQUIÈME PARTIE. — DE LA LIBERTÉ. 7et · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE. — DE LA LIBERTÉ. 7et

saoce est nécessairement adéquate (par la Propos. XL VI, part, 2) ; d*où il suit que Tâme, en tant qu'éternelle, est 'propre à connaître toutes les choses qui résultent de cette même connaissance [par h Propos, XL, part. 2), c'est-à-dire à connaître les choses d'une connaissance du troisième genre (voyez-en la Déf. au Schol. II de la Propos. XL, part. 2), et ainsi (par la Déf. I, part. 3) c'est l'àme eo tant qu'éternelle qui est la cause adéquate ou formelle de cette connaissance. G. Q. F. D.

Schol. Ainsi donc, à mesure que chacun de nous possède à un plus haut degré ce troisième genre de connaissance , il a de soimême et de Dieu une conscience plus pure ; en d'autres termes, il est plus parfait et plus heureux ; et c'est ce qui deviendra plus évident encore par la suite de ce traité. Mais il faut remarquer ici que , tout certains que nous soyons déjà que l'âme est éternelle, en tant qu'elle conçoit les choses sous le caractère de réternité, toutefois, pour expliquer plus aisément les propositions qui vont suivre et pour les mieux faire comprendre, nous considérerons rame, ainsi que nous l'avons fait jusqu'à ce moment, comme si elle commençait actuellement d'exister et de concevoir les choses sous le caractère de l'éternité; et nous n'avons à craindre aucun danger en suivant cette marche , pourvu que nous prenions garde de ne rien conclure qui ne repose sur de claires prémisses.

Propos. XXXII. Tout ce que nous connaissons d'une connaissance du troisième genre nous fait éprouver un sentiment de joie accompagné de Vidée de Dieu comme cause de notre joie.

DÉMONSTR. De cette espèce de connaissance naît pour l'âme la paix la plus parfaite, c'est-à-dire (par la Déf. XXV des passions) la plus parfaite joie qu'elle puisse ressentir, et cette joie de l'âme est accompagnée de l'idée de soi-même (par la Propos. XXVII, part. 5), et parlant de l'idée de Dieu à titre de cause (par la Propos. XXX, part. 5). C. Q. F. D.

CoROLL. Cette connaissance du troisième genre produit nécessairement l'amour intellectuel de Dieu ; car elle produit (par la Propos, précéd.) une joie accompagnée de l'idée de Dieu comme cause, c'est-à-dire (par la Déf. VI des passions) l'amour de Dieu, non pas en tant que nous imaginons Dieu comme présent , mais (par la Propos. XXIX, part. 5) en tant que nous le concevons comme

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éternel. Or cet amoor est justement ce que j'appelle Tamour intellectuel de Dieu.

Propos. XXXIII. L'amour inteîlectud de Dieu^ qui naU de h connaissance du troisième genre, est étemel.

DÉMONSTR. La connaissance du troisième genre est étemelle (par la Propos. XXX f y part. 5, et V Axiome II!, part. 4) ; et, en conséquence [par le même Axiome) ^ l'amour qui naît de cette connaissance est nécessairement éternel. C. Q. F. D.

ScitoL. Bien que cet amour intellectuel de Dieu n'ait pas eu de commencement [par la Propos, précéd.), il a cependant toutes les perfections de l'amour, absolument comme s'il avait une origine, ainsi que nous l'avons supposé dans le Coroll. de la Propos, précédente. Et il n'y a là d'autre différence, sinon que l'âme a possédé éternellement ces mêmes perfections que nous avons supposé qu elle commençait d'acquérir, et cette possession éternelle a été accompagnée de l'idée de Dieu comme de sa cause éternelle ; et certes , si la joie consiste dans le passage à une perfection plus grande, la béatitude doit consister pour Tàme dans la possession de la perfection elle-même.

Propos. XXXIV. Lame n'est sujette que pendant la durée du corps aux affect ions passives .

DÉMONSTR. Un acte d'imagination , c'est une idée par laquelle l'àme aperçoit un objet comme présent {voyez la Déf. de V Imagination dans le Schol. de la Propos. XVII , part. 2), et qui cependant marque plutôt Tétat présent du corps humain que la nature de l'objet extérieur [par le Coroll. II de la Propos. Al 7, pari. î\ En conséquence , une passion (par la Déf. générale des Passions), c'est un acte d'imagination en tant qu'il exprime l'état présent d» corps; d'où il suit (par la Propos. XXI, part. 5) que Tàroe n'est sujette aux passions que pendant la durée du corps. C. Q. F. D.

Coroll. Il suit do là qu'il n'y a d'amour étemel que l'amour intellectuel,

ScitOL. Si l'on examine l'opinion du commun des hommes, oo \erm qu'ils ont conscience de rélemité de leur âme, mais qu il^ confondent cette éternité avec la durée, et la conçoivent par Tima- ^inalion ou la mémoire, persiiadés que tout cela subsiste apn.>s la morl.

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