L&XXIX^ desOpp. poslh
2. Ces initiales désignent Louis Meyer (philosophia medicinaque doctor) , l'ami le plus intime de Spinoza. Voyez notre Avertissement.
358 / LETTRES DE SPINOZA, etc.
par la vertu de son essence, maïs par la vertu de sa cause. Une autre distinction qu'on n*a pas faite est celle d'une chose qu*on ap> pelle infinie comme n'ayant pas de limites, et d'une chose dont les parties ne peuvent être égalées ni déterminées par aucun nombre, quoique l'on ait le maximum et le minimum où elle est enfermée. Si on avait remarqué ces différences, je répète qu'on n'aurait pas rencontré une foule de difficultés dont on a été accablé : on aurait aperçu clairement quelle espèce d'infini est indivisible et ne peut avoir de parties, et quelle autre espèce en peut contenir sans contradiction. On aurait vu aussi qu'il ne répugne nullement que tel infini soit plus grand que tel autre infini , et qu'il y a une sorte d'infini qu'on ne peut concevoir de cette façon. C'est ce qui résultera clairement, j'espère, des explications que je vais vous donner.
Mais il faut d'abord que je dise quelques mots sur les quatre objets que voici : la Substance, le Mode, l'Éternité, la Durée.
Relativement à la Substance, je vous prie de considérer : 4« que rekiêtanoe appartient à son essence ^ c'est-à-dtre qu'il sok de sa seule essence et de sa seule définition qu'elle exista réellemeol. Si j'ai bonne mémoire, c'est un point que je vous ai démoniré dans le temps de vive voix, sans avoir besoin d'aucune autre propositioo. — - V 11 résulte des principes que je viens de poser que la substance n'est pas multiple, mais unique ; par où j'entends qu'il n*ea peut exister deux de même nature *. — 3« Toute substance as peut être conçue que comme infinie >.
Ce que j'appelle Modes, ce sont les affections de la sutaManes. Or, la définition des modes, en tant qu'on la distingue de celle de la Substance, n'enveloppe point Texistenoe réelle. C'esl pourquoi, bien qu'ils existent, nous pouvons les concevoir comme n'esislant pas; d'où il suit qu'en tant que nous considérons leur essence louée seule , et non Tordre de toute la Nature, nous ne pouvons pas ia» férer, de ce qu'ils existent maintenant, qu'ils oontinueroni ou aoo d'exister, qu'ils ont ou non existé auparavant. On voit donc clairement que nous concevons l'existence de la substance conune eatié-