‹ Œuvres de SpinozaChapitre 155 sur 199 · Ethique, part. 1, Propos. Vil · texte numérisé non relu

Ethique, part. 1, Propos. Vil

S. Ikid., Propos. V.

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LETTRES DE SPINOZA, etc. 3o<i

remeat différente de celle des modes. Et de là vient la diàlinclioti de rËtemité et de la Durée ; car il n'y a que l'existence des modes qui tombe dans la durée ; celle de la Substance est dans TÊternité , je veux dire qu'elle consiste dans une possession infinie de l'être {e$$end%).

Voici maintenant la conséquence que je veux tirer de tout ce qui préoède : comme nous considérons d'ordinaire la seule essence des modes, et non l'ordre entier de la nature, il nous est possible de déterminer à notre gré l'existence des modes et la durée, de les concevoir plus grandes ou plus petites, et de les diviser en parties, tout cela sans détruire le concept que nous en avons. Mais l'éternité et la substance, ne pouvant être conçues que comme infinies, ne souffrent rien de semblable, ou bien l'on en détruit la notion. C'est donc un véritable bavardage, pour ne pas dire une folie, que de prétendre que la substance étendue soit composée de parties ou de corps réellement distingués les uns des autres : c'est exactement comme si on s'avisait de former, par l'addition et l'accumulation d'un grand nombre de cercles, un carré, ou un triangle, ou telle autre chose d'une essence toute différente de celle du cercle. Ainsi donc tout cet échafaudage d'arguments par où le commun des philosophes cherche à démontrer que la substance étendue est finie, croule de soi-même ; car on y suppose toujours que la substance corporelle est formée de parties , à peu près comme ceux qui s'étant une fois mis dans l'esprit que la ligne est composée de points, découvrent ensuite une foule d'arguments pour prouver qu'elle n'est pas divisible à l'infini <.

Si vous me demandez maintenant d'où vient qu'une sorte de penchant naturel nous porte à diviser la substance étendue, je vousdirai que la quantité se conçoit de deux façons : d'une façon abstraite et superficielle, telle que les sens la représentent à l'imagination ; ou bien comme substance, telle que l'entendement seul peut la concevoir. Si nous considérons la quantité des yeux de l'imagination , c'est le procédé le plus facile et le plus ordinaire, elle est divisible, finie, composée de parties, et multiple par conséquent; mais si nous la considérons telle que l'entendement nous la fait connaître^

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