‹ Œuvres de SpinozaChapitre 189 sur 199 · LETTRE XXXI · texte numérisé non relu

LETTRE XXXI

RÉPONSE A LA PRÉCÉDENTE

A MONSIEUR

B. D£ SPINOZA

Monsieur ,

Je me réjouis bien sincèrement que vous ayez enfin trouvé Toc^ casion de me procurer le plaisir, toujours si grand pour moi , de recevoir de vos lettres. Veuillez me donner souvent cette satisfaction : je vous le demande avec instance J'arrive aux difficultés

que vous me proposez. Quant à la première, je dis que Tâme bu» maine ne peut connaître que ce qui est enveloppé dans Tidée du corps considéré comme existant en acte, ou ce qui peut être dé^ duit de cetle idée ; car la puissance de chaque chose se détermine par sa seule essence (Éthique, Propos. VII, part. 3). Or, Tessence de l'âme (par la Propos. XIII, part. 2) est tout entière dans l'idée du corps existant en acte; et par conséquent, la puissance de penser de Tàme ne s'étend pas au delà de ce qui est contenu dans l'idée de ce corps, ou de ce qui peut en être déduit. Or, cette idée du corps n'enveloppe et n'exprime d'autres attributs de Dieu que l'Étendue et la Pensée; car son objet, qui est le corps (par la Propos. VI, part. 2] , a Dieu pour cause, en tant qu'il est considéré

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