La LXVI* des Opp. poith
^ Lpais M^yer.
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sous l'attribut de l'étendue, et non sous aucun autre attribut : d*où il suit (par rAxiome YI, part. \ ) que cette idée du corps enveloppe la connaissance de Dieu, en tant qu'il est considéré seulement sous Tattribut de l'étendue. De plus, oetl&idée, comme mode de la pensée, a également Dieu pour cause (par la même Propos.], en tant que chose pensante, et non soua aucun autre point de vue. Donc (par le même axiome] l'idée de cette idée enveloppe la connaissance de Dieu considéré sous l'attribut de la pensée, et non sous aucun autre point de vue. 11 est donc évident que l'âme hu— maine, ou l'idée du corps humain, n'enveloppe ni n'exprime d'autres attributs de Dieu que la pensée et l'étendue. Or, de ces deux attributs et de leurs affections, il est impossible (par la Propos. X, part. 4 ] de déduire aucun autre attribut. Je conclus donc que l'âme humaine ne peut connaître que les attributs de l'étendue et de la pensée ; ce que je me proposais de démontrer.
Vous demandez s'il faudra reconnaître autant de mondes différents qu'il y a d'attributs de Dieu. Je vous renvoie pour cela au Schol. de la Propos. VU de l'Éthique, part. 2. Du reste, cette proposition pourrait se démontrer plus aisément par l'absurde; et quand il s'agit d'une proposition négative, je préfère ce genre de démonstration à la preuve directe, comme plus analc^ue à son objet. Mais puisque vous ne voulez que des démonstrations posi-tives, je n'insiste pas, et j'arrive à votre seconde objection.
Vous doutez qu'il soit possible, quand deux choses diffèrent entre elles tant sous le rapport de Tessence que sous celui de l'existeaoe, que Tune d'elles produise l'autre , n'y ayant rien de commun entre des choses si différentes. Mais veuillez remarquer que tous les êtres particuliers, hormis ceux qui sont produits par leurs semblables, différent de leurs causes tant par l'essence que par rexistence; ce qui ôte tout sujet de doute à cet égard.
Quant au sens précis où j'ai dit que Dieu est la cause efficiente des choses, de leur essence comme de leur existence, je crois m'ètre suffisamment expliqué dans le Scholie et le Corollaire de la Propos. XXY de TËthique , part. 4 .
Le principe renfermé dans le Scholie de la Propos. X, part. 4, est fondé , comme je l'ai dit à la fin de ce même Scholie , sur l'idée que nous avons de l'Être absolument infini, et non point sur ce qu'il
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y a OU peut y avoir des êtres doués de trois, quatre, cinq attributs.
Voici les exemples que vous me demandez : Pour les choses de la première catégorie , je citerai , daus la Pensée , l'entendement absolument infini ; dans l'Étendue , le mouvement et le repos ; pour celles de la seconde catégorie, la face de l'univers entier, qui reste toujours la môme, quoiqu'elle change d'une infinité de façons. Voyez, sur ce point, le Scholie du Lemme VII, avant la Propos. XIV, part. 2.
J'espère, Monsieur, avoir répondu à vos objections et à celles de votre ami. Toutefois , s'il vous reste quelque scrupule, je vous supplie de ne point hésiter à m'en faire part , pour que j'essaie , autant qu'il sera en moi, de le dissiper. Agréez, etc.
La Ha^e, 29 Juillet 1675.
LETTRE XXXIP.
A MONSIEUR B. DE SPINOZA
Monsieur, ^
Je viens vous demander la démonstration de ce principe , que Tesprit humain ne peut comprendre d'autres attributs de Dieu que rÉtendue et la Pensée. Ce n'est pas que je ne voie très-clairement la chose , mais il me semble qu'on pourrait tirer une conclusion toute contraire du Scholie de la Propos. VU , part. 3 de TÉthique; et cela vient sans doute de ce que je n'en ai pas suffisamment entendu le vrai sens. J'ai pris le parti de vous exposer comment j'ai tiré cette conclusion , mais non sans vous prier instamment, là où je ne pénétrerai pas votre pensée véritable , de venir à mon secours avec votre obligeance accoutumée.
Je viens au fait* Je vois bien, par le Scholie cité plus haut, qu'il n*y a qu'un seul monde; mais il résulte aussi de ce Scholie que ce monde unique, et partant chaque chose particulière sont exprimés d'une infinité de façons. D où il suit que la modification qui oon^ stitue mon âme et celle qui constitue mon corps, bien qu'elles ne soient qu'une seule et même modification, sont expriosées d'une infinité de façons, par un mode de la pensée, par un mode de