DEUXIÈME PARTIE. — DE L*AME
que -son mouvement oit telle direction ou telle autre, pourvu que chaque partie garde son mouvement et le communique aux autres de la même façon qu'auparavant.
DÂMONSTR. Cela est évideat par la définition Qiôme de Findividu. Voir ce qui précède le Lemme lY.
ScHOL. Nous voyons par ce qui précède caioment un individu coiDpofié peut être affecté d'une foule de mamères , eu conservant toujours sa nature. Or, jusqu'à ce momeut nous n'avons» conçu rindividu que ocmme formé des corps les plus simplesi» de ceux qui ne se distinguent les uns des autres que piu* te mouYemerit et le repos, par la lenteur et la vitesse. Que si nous venoos maintenant à le concevoir comme composé de plusieurs individus de uature diverae , i^us trouverons qu'il peut être affecté de plusieurs autres façons, en conservant toujours sa uature ; car puisque chacune de ses parties est composée de plusieurs corps , elle pourra ( par le Lemme précédent) , sans que sa nature en soit altérée , ae mouvoir tantôt avec plus de vitesse, tantôt avec plus de lenteur, et par suite communiquer plus lentement ou plus rapidement ses mouvements au^ autres parties. Et maintenant si nous ooncevousun troisième genre d'individus formé de ceux que nous venons de dire, nous trouverons qu'il peut recevoir une foule d'autres modifications , sans aucune altération de s^ nature. En^n , si uou4 poursuivons de la sorte à l'infmi , nous concevrons facilement qqe toute |a nature est un seul individu, dont les parties, c'est-à-dire tous les corps, varient d'uoe infiuité de façons, saui^ que l'jqdividu luimême, danssfi totalité, reçoiveaucuu changemeqt- Tputcela devrait être e2(pUqué et dé.mûntré plus au long, si j'pv^is dessein (ie traiter du corps exprofesso; mais je répète que tel n'est point monol:\jet,^t que je n'^i placé ici ces préliminaires que pour en déduire aisément ce que je me propose msiintenant de démontrer*
Postulats. I. l.e corps humain se compose de plusiem^ individus (de nature diverse), dont chacun est lui-même fort composé.
II. Entre les individus dont le corps humain est composé, quelques-uns sont fluides, d'autres mous, d*autres enfin sont durs.
III. Les individus qui composent le corps humain, et partant le corps humain lui-même , sont afi[ectés de plusieurs façons par les corps extérieurs.
«r» ÉTHIQUE.
IV. 1^ corps humain a besoin , pour sa conservation , de plu-* sîeitrs autres corps, dont il est sans cesse régénéré.
V, Quand une partie fluide du corps humain est déterminée par un corps extérieur à frapper souvent une partie molle, elle en change la surface et y imprime en quelque manière des traces du corps qui agit sur elle-même.
VL Le corps humain peut en diverses façons mouvoir les corps extérieurs et en changer la disposition.
Pbopos. XIV. Vànie humaine est capable de percevoir plu9ieurs ehû9e$, et elle l'est d'autant plus que son corps peut recevoir un plus grand nombre de dispositions,
DÉMONSTB. Car le corps humain ( en vertu des Post, Vet K/) est affecté par les corps extérieurs en plusieurs manières, et il est disposé à affecter en plusieurs manières les corps extérieurs. Or tout ce qui arrive dans le corps humain, l'âme humaine' ( par la Propos, XII ^ part, 2 ) le doit percevoir ; Tâme humaine est donc capable de percevoir plusieurs choses, et elle l'est d'autant plus, etc. C. Q. F. D.
Pnopos. XV. L'idée qui constitue Vétre formel de l'âme humaine n'est pas simple ^ mais composée de plusieurs idées,
DéMONSTR. L'idée qui constitue l'être formel de l'âme humaine, c*est ridée du corps (par la Prop. XIII, part, 2), lequel est composé ( par le Post, I ) de plusieurs individus fort composés euxmêmes. Or, l'idée de chacun des individus dont le corps est composé se trouve en Dieu ( par le Coroll, de la Propos, VIII, part. 2) ; donc ( par la Propos, VII, part. 2 ) l'idée du corps humain est composée de toutes les idées des parties qui composent le corps humain. C. Q. F. D.
Propos. XVI. L'idée de chacune des modifications dont le corps humain est affecté par les corps extérieurs doit exprimer la nature du corps humain et à la fois celle du corps extérieur,
MMosHTh, Car toutes les modifications dont un corps quelconque est affecté résultent de la nature du corpsqui reçoit l'affection « et tout ensemble de la nature du corps qui la produit ( par VAx, A après le Coroll, du Lem. III) ; en conséquence, l'idée de ces modes doit (jmr l'Ax, IV, part. 4] exprimer nécessairement la nature de chacun de ces cor|)s ; de sorte que l'idée de chacune des modifica-