‹ Œuvres de SpinozaChapitre 32 sur 199 · DEUXIÈME PARTiE. — DE^L'AME · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTiE. — DE^L'AME

la nature de l'âme humaine; en d'autres termes (par le Coroll. de la Propos. XI y part. 2), l'âme humaine ne connaît pas le corps humain. Mais, d'un autre côté, les idées des affections du corps sont en Dieu, en tant qu'il constitue la nature de l'âme humaine; ou autrement, l'âme humaine perçoit ces mêmes affections (par la Propos. XII, part. 2 ) ; et en conséquence (par la Propos. XVI, parti Vj elle perçoit le corps humain lui-même; et enfin elle le perçoit (par la Propos. XVII, part. 2) comme existant en acte. C'est donc de cette façon seulement que l'âme humaine perçoit le corps humain lui-même. C. Q. F. D.

Propos. XX. Il y a aussi en Dieu une idée ou connaissance de l'âme humaine qui suit de la nature divine et s'y rapporte de la même façon que Vidée ou connaissance du corps humain.

DÉMONSTR. La pensée est un attribut de Dieu (par la Propos. I, part. 2) ; et en conséquence (par la Propos. III, part. 2) il y a nécessairement en Dieu l'idée de la pensée et de toutes ses affections, par suite (en vertu de laPropos. XI, part. 2) l'idée de l'âme humaine. De plus, cette idée ou connaissance de l'âme ne suit pas de la nature de Dieu en tant qu'il est inûni , mais en tant qu'il est affecté de l'idée d'une autre chose particulière (par laPropos. IX, part. 2). Or, l'ordre et la connexion des idées est le même que l'ordre et la connexion des causes (par la Propos. VII, part.^). Donc cette idée ou connaissance de Tâme est en Dieu et se rapporte à Dieu de la même manière que l'idée ou connaissance du corps. C. Q. F. D.

Propos. XXI. Cette idée de Vdme est unie à Vàme de la même façon que Vaine elle-^iéme est unie au corps.

Si l'âme est unie au corps, c'est, comme nous l'avons montré, parce que le corps est l'objet de l'âme (voir les Propos. XII et XIII, pare. 2). Par conséquent, en vertu de latoême raison, l'idée de l'âme doit être unie avec son objet , c'est-à-dire avec l'âme ellemême, de la même manière que l'âme est unie avec le corps. C. Q. F. D.

SciioL. Cette proposition se conçoit beaucoup plus clairement encore par ce qui a été dit dans le Sclwlie de la Propos, VII, part. 2. Là, en effet, nous avons montré que l'idée du corps et le corps luimême, c'est-à-dire (par la Propos. XIII, part. 2) l'âme et le corps ne font qu'un seul et même individu conçu tantôt sous l'attribut

de la pensée, tantôt scus celui de retendue ; c'e^ pourquoi Vidée de rame et l'âme elle-même , «e n'est <|u'ane seule et tnême cho^ conçue sousiin seutetttième attribut, savoir la ^nsée. ie dis donc que ridée de i'àme et l'âme elle-même sont en Dieu par la même nécessité et résultent de la même puissance de penser. L'idée de l'âme, en effet, c'est-à-dire l'idée d'une idée> n'e^ autre chose qoe la forme de cette idée, en tant qu'on ta considère comme mode de la pensée, sans égard à son objets car aussitôt qu'on connaît une chose, OR connaît par cela même qu'on la connaft, et en même temps on sait qu'on a cette connaissance, et ainsi de suite à Tinini. Mais nous reviendrons ph» tard sur cette matière.

P4K)V08. XXH. L'Orne humaine ne pertoit pas ^eulemmi ks affections du cerps, tnais avssi ies iêées âe cé^ affeclfons.

DÉHONSTR. Oe la même façon <que tes idées des alIFections du corps résultent de la nature divine et s'y rapportent , de même en est-il des idées de ces idées eUes'-mémes, ce qui se démcmtre txmime on a fait pour la Propos. XX, part. S. Or^ les idées des affections du corps se trouventdans l'âme humaine [par la Propos. XII, part, î\ en d'autres termes (par leCoroH. de la Propos. Xî, part, î) dans la nature divine, en tant qu'elle constitue l'essence de l'âme hinnaine: donc les idées de ces idées devront se trouver en Die«i , en tant qu'il a l'idée ou la connaissance de Tânoe humaine , c'est-à-dire (par h Pfopos. XXI, part. 2) dans l'àme humaine elle-même, qui, par conséquent, ne perçoit pas seulement les afiéccians ^t^oips, mw aussi les idées de ces affections. €. Q. F. D.

Propos. XXIII. L'âme ne se connaît eUe-même qn'en ïa/nt queiU perçoit les idées des affections du corps.

DÉMONSTR. L'idée ou connaissance de l'âme résuTte de la natore de Dieu et s'y rapporte (par la Propos. XX, part. 2) «de la même façon que l'idée ou connaissance du corps. Or, puisque (par h Propos. XIX, part. 2 ) l'âme humaine ne connaît pas le corps humain lui-même ; en d'autres termes (par leCoroll. de la Propos. XI. part. 2 ) , puisque la connaissance da corjis hmnaih ne se rapporte pas à Dieu, en tant qu'il consitit^ la nature de l'âme humaine, il s'ensuit que la connaissance de Tâme tie se rapporte pas non plu« à Dieu, en tant qu'il constitue 4'essenoe de l'âme; par conséquen' (en vertu de oe même CoroIX. êe la fVo/ws. A7, pari. î ), que l'âme

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